D’une finale à l’autre, la folle année de Lionel Messi

Un an après les larmes du Maracana, que Lionel Messi n’a pu contenir suite à la cruelle défaite en finale de Coupe du Monde face à l’Allemagne (1-0, ap), la star argentine s’apprête à boucler une saison exceptionnelle… sur une nouvelle finale. Samedi, il jouera sa troisième en cinq semaines. Celle de la Copa America, face au local, le Chili, à l’Estadio Nacional de Santiago.

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Mardi dernier, lors de la demi-finale face au Paraguay (6-1), Messi avait encore guidé les siens avec trois passes décisives et une série de dribbles et d’accélérations qui le distinguent des autres. Ce soir, le capitaine de l’Albiceleste aura l’occasion d’offrir à son pays un premier trophée depuis 22 ans (hors Jeux Olympiques), et de conclure en beauté une année faite de nouveaux records, de titres et de statistiques effrayantes pour ses adversaires. Et ses éventuels successeurs.

En Europe, après une saison 2013-2014 difficile (blessures, problèmes extra-sportifs, absence de titres), Messi a montré qu’il avait encore faim, et a retrouvé le sourire, en remportant avec le FC Barcelone toutes les compétitions auxquelles il a participé : championnat d’Espagne (son 7e), Coupe du roi (sa 3e) et Ligue des champions (sa 4e).

Un retour au top de sa forme qu’il doit à son immense talent, mais aussi au nutritionniste italien Giuliano Poser, grâce à qui il a perdu du poids et réglé ses problèmes de vomissements pendant les matchs. Auteur du but du titre de champion face à l’Atletico Madrid, d’un doublé face à l’Athletic Bilbao en finale de Coupe du roi et décisif face à la Juventus Turin en finale de C1, l’Argentin a encore été le moteur du Barca tout au long de la saison, ses supporters lui attribuant la note de 9,7/10.

5 120 minutes jouées cette année avec le Barça

Au total, Messi a disputé 56 matchs (dont 55 comme titulaire) et 5 120 minutes de jeu cette saison avec le maillot catalan, pour 58 réalisations et 27 passes décisives. Une moyenne impressionnante d’un but et de 0,5 passe par match. Mais ce n’est pas tout : la Pulga {la « puce »] est aussi devenue le meilleur buteur de la Liga (286 buts), en dépassant la marque historique de 251 buts de Telmo Zarra [ancien joueur de l’Athletic Bilbao entre 1940 et 1955], et son meilleur passeur, laissant les 104 offrandes du Portugais Luis Figo dans le passé (112 pour lui).

Raul, l’ancien capitaine du Real Madrid et de la sélection espagnole, qui avait trouvé à 71 reprises le chemin des filets en Ligue des champions, a aussi vu le feu follet de Rosario lui passer devant, avec 77 réalisations (à égalité avec Cristiano Ronaldo). Le tout a seulement 28 ans.

Avec l’Argentine dont il est le capitaine, les statistiques de Messi ne suivent pas le rythme catalan, loin de là : 4 buts et 4 passes décisives en 9 matchs et 705 minutes depuis la finale du Maracana (46 buts et 32 passes en 102 matchs au total). Une différence qui continue à lui valoir des critiques dans son pays.

Cette saison, le numéro 10 a disputé quatre matchs amicaux avec sa sélection et n’a été réellement décisif que contre Hong-Kong, avec un doublé et une passe décisive en 30 minutes de jeu. Contre le Brésil de Neymar, au mois d’octobre 2014 (défaite 2-0), il a même raté un penalty.

Depuis le début de la Copa Amercia, compétition qui l’a vue passer la barre des 100 matchs en bleu ciel et blanc, le quadruple ballon d’or, meilleur des siens avec le Parisien Javier Pastore, peine toutefois à trouver le chemin des filets. Messi n’a scoré qu’une seule fois, lors du premier match, face au Paraguay (2-2). Sur penalty. « Cela m’est terriblement difficile de marquer avec la sélection. Aujourd’hui j’ai eu des occasions franches, mais je les ai ratées », déclarait-il suite à la qualification aux tirs au but contre la Colombie, en quart de finale.

En attendant la délivrance, la Pulga participe grandement au jeu convaincant et offensif de son Argentine et fait marquer les autres. En demi-finale, il fut à l’origine de 5 des 6 buts de son équipe.

Dans un football plus rude marqué par le laxisme de l’arbitrage (« Ici, ce n’est pas l’Europe, mais l’Amérique du Sud », lui a répondu Roberto Garcia, l’arbitre mexicain du quart de finale), Messi montre qu’il est aussi capable de jouer des coudes, de faire le dur et même parfois de défendre dans son nouveau couloir droit.

Ce soir, lors de la finale attendue face au Chili, Lionel Messi fera tout pour retrouver le chemin du but et offrir la coupe à son pays. Pour transformer en joie les larmes du Maracana. Et se rapprocher encore un peu plus du cinquième ballon d’or qui lui est déjà promis.

  • Léo Ruiz (Buenos Aires, correspondance)

Source: Le Monde

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