Championnat national : Et de 16 pour les blancs de Bamako

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Au terme d’une saison sportive marathon, le Stade malien de Bamako après des moments de turbulences, a finalement remporté le titre de champion. Au-delà du titre, un certain nombre de questions se posent pour nos clubs qui ont de la peine à atteindre leur objectif majeur : la phase de poule de la ligue des champions. L’application de la politique de jeunes ne serait-elle pas une solution alternative ?

 

Les dernières journées du championnat national ont été très difficiles pour le Stade Malien de Bamako. En effet, alors que la compétition tirait vers la fin, le titre avait tendance à s’éloigner de Sotuba. Les départs pour l’étranger de certains cadres, ont obligé l’entraîneur Pascal Janin à aligner certains éléments issus de la pépinière du club, pour maintenir le cap. Malheureusement, à quatre journées de la fin de l’exercice 2013-2014 du championnat, le coach français sous la forme d’un coup de poignard, abandonne le Stade Malien, en signant un contrat avec l’As Kaloum de Guinée, sans en informer la direction du club. Voulant profiter du week end (du 09 et 10 août 2014) pour faire son coup et retourner coïncider avec le match des Blancs comme si de rien n était, il a été lâché par la volonté divine. Comment a-t-il été pris à son propre piège ?

 

Primo, après la signature du contrat, les dirigeants Guinéens ont posté la photo sur la page facebook de l’AS Kaloum. Secundo, il a été confronté à un problème d’avion lié à la maladie Ebola. A moins que ce contrat soit suspensif, le Français était juridiquement poursuivable, pour avoir fait entrave à la force obligatoire du contrat. L’Article 77 du Régime Général des Obligations stipule : «  les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi ».

 

Mais, une fois de plus, le président Boukary Sidibé dit Kolon a évité une polémique pouvant déstabiliser ou démoraliser l’équipe. Il a tout simplement mis la forme pour le départ de Pascal Janin et confié le team au duo Ousmane Guindo-Boubacar Gueye. Entre temps le COB décroche le ticket des préliminaires de la ligue des Champions, suite à sa victoire sur l’AS Réal de Bamako (2-1), lors du match en retard de la 19ème journée joué le 03 Septembre 2014. A cet instant, les Olympiens rêvent du premier titre de champion de leur histoire. Seulement, les protégés du président Moussa Konaté, disposant du même nombre de points que le Stade Malien (favorisé par le goal average particulier), doivent compter sur un faux pas de leur adversaire pour prétendre à la couronne.

 

De l’autre côté, les fans de Sotuba n’avaient qu’un seul slogan : « A nous le titre ». Cela pour sauver une saison catastrophique marquée par l’élimination de l’équipe en ligue des champions et en coupe du Mali.

Lors de la 29 eme journée, les Blancs de Bamako font un pas vers le succès, en s’imposant (2-1) face à l’AS Police. Au même moment, au stade du 26 Mars, le COB se complique la tâche et compromet ses chances, en concédant un match nul (2-2) face au CSK.

 

Le dernier acte, celui de la 30ème journée, se joue mercredi 17 Septembre 2014. Pour la circonstance, les Blancs de Bamako rencontrent les Onze Créateur de Niaréla au Stade omnisports Modibo Keïta. L’équipe de Sotuba défait les Onze Créateurs par le minimum d’un but à zéro et termine la saison en beauté. Le COB est battu à Ségou par l’AS Bakaridjan de Barouéli (0-1). Ainsi le Stade malien de Bamako remporte son seizième titre de champion.

 

En attendant la cérémonie solennelle de la Femafoot pour donner un éclat particulier au titre, les supporters du Stade malien se sont fait plaisir en organisant un carnaval jusqu’à Sotuba, après un show au Stade Omnisports.

 

Pratiquer la politique de jeunes        

Au terme de la saison sportive qui vient de s’achever, c’est le même refrain, le même scenario depuis plus d’une décennie. C’est-à-dire que le Djoliba ou le Stade malien de Bamako, fait le doublé ou s’empare de l’un des titres.

 

A ce jour, aucune de nos grandes équipes ne parvient à accéder à la précieuse phase de poule de la ligue des champions et se contentent le plus souvent, de celle de la coupe de la Confédération, pourtant les objectifs des différentes saisons ne changent pas : La phase de poule de la ligue des champions, coupe du Mali, le titre de champion. Des interrogations se posent quant à la non qualification de nos équipes à la phase de poule de la champion’s league.

 

Nos équipes sont –elles à la hauteur ? Les dirigeants se donnent-ils les moyens de leurs ambitions ? Autant de questions dont les réponses pourront nous permettre de sortir enfin nos clubs de l’ornière. En terme clair le football local malien regorge de jeunes talents, mais connait des problèmes d’ordre matériel et financier et manque de suivi. Et on ne saurait dire que les dirigeants ne se sont pas ambitieux. Parce que selon un président de club, pour être dirigeant il faut d’abord aimer son équipe. Seulement le problème crucial de nos grands clubs se situe à un seul niveau : le manque de financement adéquat. Elles sont soutenues dans la plupart des cas à 80% par les présidents. Les autres membres du bureau ne font-ils pas de la figuration ? C’est-à-dire qu’ils ne mettent pas la main à la poche. Nous détenons des preuves palpables dans ce sens. Certes, nous dénonçons mais nous n’avons aucune intention de faire le procès de qui que ce soit. Dans ce cas c’est bonjour les mauvais résultats.

 

Puisque tout a été essayé et que rien n’a marché, nous pensons aujourd’hui que la politique de jeunes, est la clef de la situation. Parce qu’aujourd’hui la politique de jeunes, s’impose au rythme de l’évolution du football. La discipline s’est modernisée, et cela a commencé avec les centres de formation en Europe avec le FC Barcelone, le Réal Madrid, le Paris Saint Germain, et en Afrique avec l’Asec Mimosa de Côte d’Ivoire et dans les pays maghrébins. Politique de jeunes ne veut pas dire forcement cent pour cent jeunes. C’est à dire qu’il faut panacher avec quelques cadres qui se retireront au fur et à mesure des saisons. Entre temps les jeunes auront acquis l’expérience au cours des matches.

 

L’alerte de cette politique de jeunes au Mali a été donnée par Salif Keïta dit Domingo en 1986. À l’époque, le premier Ballon d’or africain a été sollicité pour diriger l’équipe nationale du Mali. Sans ambages, il a posé ses conditions : retirer le Mali de toutes les compétitions, une formation à la base pour bâtir une vraie équipe. Evidemment, il a été incompris. Salif Keïta a fini par donner la preuve à travers le centre qui porte son nom. Et n’eut été la fuite des joueurs, le CSK aurait remporté aujourd’hui une coupe africaine de club.

Bref, aujourd’hui la politique de jeunes s’impose pour un bel avenir de notre football à tous les niveaux.

 

O. Roger Sissoko

SOURCE: L’Aube
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