Violences contre les femmes: ‘‘ça suffit’’

Ce vendredi 3 juin des organisations féminines ont organisé une marche silencieuse allant du Monument de la paix à la Cité administrative pour protester et alerter contre la multiplication des violences dont sont victimes les femmes

 

« Non à la culture du viol » ; « Halte aux viols d’enfants » ; « A qui le tour, toi ? Moi ? Elle ? » ; « La justice notre ultime recours » ; « Non à l’agression sexuelle dans les milieux de formation et professionnels » ; « Le mariage n’est pas synonyme de violence ou d’abus » ; « Nous donnons la vie, ne nous ôtez pas la vie », étaient entre autres messages brandis par les manifestants habitués en blanc et portant au cou le foulard rouge.

Elles avaient à leur tête plusieurs responsables des organisations féminines dont des anciennes ministres.

La marche qui est partie du monument de la paix a pris fin devant la cité administrative, soit sur une distance de moins d’1 km.

L’objectif de la manifestation était de protester contre la violence basée sur le genre.

Les organisatrices de cette manifestation silencieuse expliquent que cette marche a été motivée, suite à la perpétration de quatre assassinats de femmes, de viols et d’autres coups et blessures contre les femmes, enregistrés entre avril et mai 2022.

«Dans ce pays, nous sommes arrivés à un moment où il faut prendre des lois pour protéger les intérêts de tout le monde pas seulement les femmes. La tuerie doit cesser dans ce pays. Nous ne pouvons plus continuer à accepter qu’on nous tue. Il faut que ça s’arrête. Il est inadmissible de piétiner les droits des femmes. Trop c’est trop. Nous disons stop », a indiqué Mayi NIARE.

De son côté, une autre militante pour le respect des droits des femmes atteste qu’il y a trop de victimes basées sur les violences sur le genre.

De son avis, pour en finir, il faut que les femmes décident de porter le combat et poser des actions concrètes pour l’éradication de toute violence contre la femme.

Pour sa part, Mme Sy Kadiatou SOW pense qu’on est en train de banaliser cette pratique parce que peu de violence contre les femmes sont judiciarisées et les décisions de justice ne sont pas à hauteur du forfait.

Elle a l’impression qu’il y a une forme d’impunité qui s’installe.

Dans la déclaration lue lors de cette marche silencieuse, ses organisatrices expliquent que le déclic est venu de plusieurs constats : la découverte du corps sans vie d’une dame avec la tête presque ôtée ; les images des coups assénés d’un père à son bébé de 8 mois.

A ceux-là s’ajoute l’assassinat de Mme Ouattara Ramata Togola, directrice d’école à Sélingué, ville située à 100 Km au sud de Bamako et  l’assassinat  d’une caporal de la Garde nationale, Mme Aïcha Barry, dont le corps calciné a été découvert dans sa chambre alors qu’elle était avec son fiancé.

Cette marche silencieuse a été initiée pour interpeller la société et les décideurs afin que des mesures puissent être prises pour prévenir le fléau. Et dans leur document, les femmes dénoncent ces crimes crapuleux et ces actes ignobles.

Elles dénoncent le fait que certains suspects de crimes ignobles aient pu échapper à la justice. Les manifestantes ont, en outre, déploré le silence de la société malienne face aux violences dont elles s’estiment victimes

« Nous sollicitons une meilleure protection des femmes et des filles par le renforcement des structures de prises en charge, de la législation qui incrimine les auteurs et les complices, la diligence des enquêtes et la traduction des auteurs devant les juridictions compétentes », indiquent les organisatrices dans une déclaration lue devant les médias.

Au terme de cette manifestation pacifique, une délégation des marcheuses a été reçue par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, qui était entouré par ses homologues de la de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, ainsi que de l’Éducation nationale.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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