Un voyage inutile

Le président de la République du Mali IBK vient de participer à la cérémonie d’investiture du nouveau président namibien. On se demande pourquoi. Car Bamako-Windhoek fait au moins 10 heures de vol

Mieux, quel intérêt le Mali tire-t-il de ce voyage avec ce pays ? Les autres chefs d’Etat des pays voisins n’y étaient pas présents. Le président a pris cette décision lors de sa rencontre avec les délégations de l’Union africaine et européenne au cours de laquelle il avait sa sortie «d’homme de la rue» contre Iyad Aghali. Namibie-Mali, de nos jours, aucune relation ne lie les deux pays. IBK est parti parce qu’il n’a rien à faire au Mali ; parce qu’il a un avion. Il a préféré aller s’asseoir et applaudir des Namibiens qui ont étalé à l’occasion des pans de leur histoire. Car il s’agissait de deux fêtes en une, le 21 mars, est la journée de fête nationale, elle a été couplée à l’investiture du nouveau président qui a prêté serment. Un voyage inutile pour le président, car n’ayant aucune retombée pour le Mali. Tourisme présidentiel !

 «Azawad n’est rien»

Depuis le paraphe de l’Accord d’Alger, personne n’avait entendu les leaders religieux musulmans se prononcer sur ce document. Le premier leader à dire quelque chose, s’appelle Mahamoud Dicko, l’ami, selon lui-même, du président IBK. Mais cette amitié a pris de sérieux coups à cause des propos de Dicko. D’après nos sources, un arrangement a été trouvé à l’amiable. Revenons à nos moutons. Mahamoud Dicko a osé soutenir que le mot Azawad dans le document ne dérange en rien. Pour lui, ce n’est pas grave d’avoir ce mot dans l’accord. En tout cas, l’iman Dicko doit savoir remuer sa langue avant de parler, car ce sont des propos que les Maliens ne vont jamais oublier, surtout en cette période de contestations de l’Accord d’Alger. Il doit savoir aussi que si pour lui le mot Azawad ne dérange pas, pour la grande majorité des Maliens, c’est plus qu’un dérangement, car il porte le germe de la division du Mali. Ou alors il subsiste un doute raisonnable sur Dicko : a-t-il commencé à rouler encore pour son ami Iyad Aghali, l’homme qui est à la base de cette crise, selon son ami IBK ?

 

La première blessée

Serveuse au Restaurant La Terrasse, Mariam, très surprise par l’intervention d’un colosse enturbanné, et ayant eu la grosse peur de sa vie, n’a eu d’autres solutions que de se jeter de l’étage. Tombée et voyant le terroriste avec son arme sortir, puis revenir, elle ne savait pas qu’elle avait les côtes cassées. C’est quand le terroriste est parti que les gens l’ont secourue. Aujourd’hui, en semi-convalescence, elle raconte les faits comme dans un film, car elle ne pouvait jamais imaginer que cela pouvait se passer à Bamako et à plus forte raison à La Terrasse. Mariam habite le quartier Djikoroni Para. Nostalgique de la Terrasse, elle passe la journée à demander des nouvelles de ses camarades.

 

Le dernier riz-au-gras

Selon une source proche du Belge tué dans l’attentat du 6 mars 2015 à Bamako, il était un grand amateur du riz-au-gras. Il en commandait chaque fois à la Terrasse surtout vers les heures de pause. Il était sérieux au travail et très respectueux de ses collègues et amis. Un jour avant l’attentat, il avait invité ses amis et connaissances autour d’un plat bien fait de riz-au-gras. Après le repas, selon nos sources, il a salué tout le monde  comme pour leur dire au revoir. Notre source ajoute qu’il a même demandé pardon à certains, avant des les inviter le vendredi à la Terrasse aux environs de 00 heures. Parce que chaque vendredi soir, c’est un orchestre qui se produit au Restaurant La Terrasse au grand plaisir de tout le monde. Le Belge était très content mais personne ne savait que c’était son dernier jour. Et que le riz-au-gras du jeudi était le dernier.

Difficile reprise

C’est vrai que tout le monde a été solidaire du personnel du restaurant La Terrasse. Son  patron qui n’y a pas perdu la vie, encore moins un membre de son personnel, avait voulu reprendre au plus vite. Oui, les amis et parents surtout certains clients ont tout fait pour que la reprise soit totale. Mais, ça n’a pas été facile. Il y a eu une soirée de reprise symbolique devant les caméras et micros du monde, mais jusqu’à présent, la reprise est timide à La Terrasse. La Terrasse vit au ralenti ; le personnel n’est pas au total ; il y a des blessés et certains ont toujours peur de fréquenter l’endroit. Il en est de même pour les clients surtout européens. Les curieux des premiers jours aussi se font rares. Selon certaines personnes, le promoteur doit attendre un mois pour bien démarrer. «Il faut du temps pour que les gens puissent faire face à la psychose».

Les taximen souffrent

S’il y a des gens qui ont beaucoup perdu dans l’attentat à Bamako, ce sont bien les taximen de la «Rue Princesse». Ils pouvaient gagner par nuit 100 mille Fcfa, voire plus. Leur clientèle était composée d’étrangers et très souvent de travailleurs de la Minusma, des militaires et même des agents de la composante civile. Aujourd’hui, la place des taxis de la «Rue Princesse» est vide de jour comme de nuit. Les taximen même ont peur de la zone, nuitamment. Ils sont visibles le jour plus que la nuit parce que les clients ne sortent plus, même les week-ends. La plupart des taximen qui fréquentaient cette rue cherchent ailleurs, comme au niveau du Casino de l’amitié, de la Kora de Faladiè, à la Gorge noire, chez Thierry. Mais tous les taximen n’ont pas cette chance, beaucoup d’entre eux souffrent aujourd’hui. L’attentat à la Terrasse est venu détruire leur business et la bonne ambiance au niveau de la Rue Princesse.

 Le chat du voisin

L’une des parties de l’étage du restaurant La Terrasse donne sur un garage autos sur la Rue Princesse. Les clients qui choisissent ce côté de la Terrasse ont remarqué que, le jour de l’attentat, le gros chat qu’ils voyaient  tout le temps n’était pas visible. Les clients qui viennent tôt ont remarqué que le gros chat blanc n’était pas. Pendant les trois jours, les plus attentifs ont fait le même le constat. Il a fallu 4 jours pour que les gens puissent revoir le chat blanc. Même la nuit de la réouverture de la Terrasse, le fameux gros chat a boudé l’événement ! Avait-il flairé le danger pour se cacher ? Ou était-il seulement absent ? Etait-il blessé par des fragments de grenade ? Ce sont des questions qui restent sans réponses. En tout cas, le gros chat blanc de la Terrasse souffre à l’instar du personnel et des autres usagers de la Rue Princesse.

Des adolescents

Les trois Maliens tués dans l’attentat à la Terrasse du 6 mars 2015 sont tous des adolescents, selon l’un des vieux du quartier Hippodrome. Aucun d’entre eux n’avait 20 ans. Le jeune policier Cheick Oumar Dembélé, la jeune dame et le gardien de maison ont aussi n’avaient que 17 et 18 ans. La jeune dame avait un mari blanc qui l’avait épousée selon nos informations. Ils se sont connus dans à la Rue Princesse, car la jeune dame était une charmante fille. Mais elle n’avait jamais accepté de faire la fille de joie. Chose courante à la Rue Princesse comme les capotes sur les trottoirs à Bamako. Le jeune gardien état célibataire et venait à peine de commencer. Notre regretté Dembélé est un exemple à la police du 3ème arrondissement, rompu à la tâche, c’est lui qui avait arrêté Mohamed Tanirou Cissé à l’entrée de la Rue Princesse en lui retirant sa carte d’idée lors de la patrouille. C’est pourquoi de retour, ce dernier lui a jeté une grenade. C’est grâce au travail du jeune policier que la DGSE est en train de remonter toute la filière de l’attentat.

Un homme à deux noms

On est en droit de se demander quel est le vrai nom du terroriste tué à Magnambougou. Les éléments de la DSGE malienne qui l’ont traqué nous ont dit qu’il s’appelait Mohamed Tanirou Cissé. Le ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication, porte-parole du gouvernement, parle de Mounirou Cissé. Quel est alors le vrai nom de l’homme qui a succombé suite à ses blessures ? Une chose est sûre : Mounirou Cissé ou Mohamed Tanirou Cissé est mort. Il est né vers 1993 dans le cercle de Bourem, plus précisément à Moudakam, commune de Taboye. Il est de la même commune que l’autre terroriste du Mnla, Moussa Ag Assarid, tout comme les frères Maïga, Maouloud et Salia. Tous les leaders du Mnla sont de Bourem ; ceux du Hcua sont de Kidal. Ils sont tous des narcotrafiquants et des terroristes.

Une grosse surprise

Beaucoup de Maliens surtout ceux qui sont sur facebook ont été surpris de voir notre professeur Aboubacrine Assadeck sur une  photo,  avec des responsables du Mnla à Paris. Elle a fait le buzz. Certains de ses amis français, qui se battent pour le Mali Un et Indivisible, ont parlé le dimanche avec lui. Mais, ce fut peine perdue. Ils avaient exigé de lui des explications sur certaines des actions qu’il mène à Paris. «C’est un sale comportement de sa part», disaient certains. La photo en question a été prise lors d’un des rassemblements habituels de l’association berbère Tamazgha. Après samedi le dernier, il était à un concert des Touareg à Paris, où il y avait beaucoup de responsables du Mnla. Assadeck avait convié des amis français qui se battent pour l’unité du Mali ; ils ne sont pas allés parce qu’ils savaient ce qui les attendait sur place. Tous les amis d’Assadeck, qu’ils soient maliens ou français, sont bouleversés par son comportement.

 

Source: Le Reporter

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