Travaux en commissions : La lumière du débat contradictoire

Hier, les débats ont repris dans la sérénité au niveau de la Commission 1, dont les membres s’étaient quittés, la veille, dans un climat très tendu. À l’ordre du jour de cette troisième journée : les questions politiques et institutionnelles. L’enjeu est de doter notre pays d’une architecture institutionnelle consensuelle et solide. En effet, l’architecture actuelle a montré ses limites qui se manifestent à travers une détérioration du climat politique et social. La double prorogation de la mandature de l’Assemblée nationale a ajouté à la crispation politique. À ce sujet, Abdoulaye Amadou Sy de la Coalition des forces patriotiques (Cofop) est formel : « Depuis un an, nous n’avons pas de députés ». Et pour sortir de cette situation, il a proposé la mise en place d’une délégation législative ou une constituante. Une proposition à laquelle souscrit entièrement l’ancien maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé qui a estimé que l’absence de députés légitimes met en cause, de facto, la légitimité des institutions.


M. Niakaté de la Cour constitutionnelle ne voit pas les choses sous cet angle. Pour lui, les sages qui officient dans cette institution n’ont pas épuisé leur mandat. Par ailleurs, il a soutenu que l’intégrité territoriale n’est nullement compromise, parce qu’aucune force étrangère n’occupe une partie du territoire. Et de préciser que Kidal est bel et bien dans le giron de la République. Pour preuve, dit-il, l’Etat a récemment déclaré un agent de la Minusma persona non grata et celui-ci a quitté le pays.

Comme pour appuyer ces propos, Mossa Ag Attaher, membre de la CMA, indiquera que son mouvement n’est pas contre le retour de l’armée à Kidal. Mais cela, précisera-t-il, doit se faire dans un cadre déjà défini dans l’Accord. Il a tenu à dissiper les inquiétudes des uns et des autres par rapport au statut de Kidal qui est et demeura une région du Mali.
Autre sujet au cœur des débats : la dépolitisation de l’administration publique. Selon Moussa Diakité, délégué de l’Amicale des anciens ambassadeurs, notre administration est politisée à outrance. Il a dénoncé les pressions que subissent les diplomates dans les ambassades, où le parti au pouvoir croit parfois que l’ambassadeur doit se mettre entièrement à sa disposition.
Hier, c’est sur la thématique « Paix, Sécurité et Cohésion sociale » que la Commission 2 a travaillé. Animés, vifs par moments, les débats ont essentiellement tourné autour de l’insécurité, de l’équipement de nos forces de défense et de sécurité, des difficultés liées à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Le colonel-major Abdoulaye Sidibé du cabinet de défense du Premier ministre a indiqué qu’il est indispensable de bâtir une armée professionnelle, estimant que ce ne sont pas les forces partenaires du Mali qui peuvent nous sortir de cette situation. Cela passera, selon lui, par le renforcement de l’effectif, de celui de l’équipement, la formation et l’organisation des unités.
En outre, le colonel-major Sidibé a proposé d’instituer un séminaire national de la Défense pour que les cadres militaires et civils se parlent ; de mettre en place des commissions mixtes civilo-militaires au niveau des cercles, des communes. Ce, afin que les civils aussi participent aux recrutements dans l’Armée.
Comme pistes de solutions, Me Ibrahima N’Diaye du Haut conseil islamique a demandé l’implication des autorités religieuses dans la gestion de la crise. Aussi, proposera-t-il sans sourciller de négocier avec Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa.
Au niveau de la Commission 3, les travaux ont commencé par la présentation des rapports des deux premiers jours. Ensuite jusqu’à mi-journée, les débats ont porté sur l’amendement de ces rapports pour la prise en compte de certaines recommandations.

Massa SIDIBÉ
Issa DEMBÉLÉ
Dieudonné DIAMA

Source: Journal l’Essor-Mali

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