Tentative de monopolisation de la commercialisation de la pomme de terre : Modibo Keita du GDCM fait plier l’Etat ?

Nous ne sommes plus à l’époque où l’Etat, sous la férule de certains responsables véreux avaient accordé le monopole des produits de première nécessité à  des opérateurs économiques bien connus de la place qui, à leur tour fixaient les prix  à leur guise sous le regard impuissant, indifférend et passif du ministre du commerce, de la CCIM et de la DNCC. Encore cette année, sous Ibrahim Boubacar Keita cette vieille pratique décriée par les populations comme étant la source de la flambée des  prix  de grande consommation est en passe de revenir dans la commercialisation de la pomme de terre, avec l’operateur économique Modibo Keita qui bénéficierait d’un soutien haut perché au sommet de l’Etat.

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En tout cas l’alerte a été donnée par la promotrice de Lawal International, Kadiatou Lah, au cours d’une conférence de presse qu’elle a animée mercredi dernier à la Maison de la presse.

Une opératrice économique dont la société est spécialisée dans l’import-export de fruits et légumes au Mali, au Benin, au Maroc… avec comme produit d’importation phare, la pomme de terre.

Selon Kadiatou Lah, cela fait plus de trois ans qu’elle travaille avec les marocains avec comme produit phare, la pomme de terre.

Selon elle, Modibo Keita s’est lancé dans la production de la pomme de terre et commercialise ce produit. Mais selon elle, il a un cercle de syndicat au marché de Médine à qui, il délivre ses stocks de pommes de terre. Et il faut obligatoirement faire partie de ce réseau. Aussi, dit-elle, il  dispose de cinq chambres froides aux Entrepôts Sénégalais au Mali (ENSEMA) contigus à la sienne.

A l’en croire, Modibo Keita lui a demandé une fois de vendre sa pomme de terre au lieu d’en importer. Pour la simple raison que ses produits sont en train de concurrencer les pommes de terre produites localement.

« Ils ont augmenté la taxe de dédouanement parce que Modibo Keita leur a dit qu’à cause de moi, il ne parvient plus à écouler ses pommes de terre sur le marché », a-t-elle laissé entendre.

Avant d’ajouter que Modibo Keita ne peut pas approvisionner tout le Mali en pomme de terre.

Selon elle, partout dans la sous-région, le camion est  dédouané à 300.000 FCFA alors qu’au Mali, la douane exige le payement de 1.20.000 par tonne  en déclarant 30 tonnes. Ajouté à cela les autres taxes. A l’en croire, le dédouanement d’un camion de pomme de terre avoisine les 3.000.000 FCFA malgré les accords que le Mali a signés avec le Maroc concernant les échanges commerciaux.

Pour elle, avec ces textes, le consommateur malien se verra vendre le kilo de pomme de terre à 1000 F. Tout cela à cause d’un homme qu’on veut protéger pour disent-ils protéger la production intérieure.

Selon Mme Lah, pour tenter de trouver une solution à cette situation qui lui a fait perdre 22 millions FCA en trois jours, car ces produits ont pourri dans les camions à la douane, elle s’est rendue à la DNCC, à la CCIM, à la Douane où il lui a été signifié que la décision vient d’en haut qu’ils n’y peuvent rien.

Vers la flambée du prix de la pomme de terre

Il y a quelques années au Mali, certains opérateurs économiques de la place soufflaient le chaud et le froid dans l’importation de produits de première nécessité. Car bénéficiant de subventions de l’Etat dans le cadre de ces importations afin de ravitailler le marché national.

C’était le cas pour l’importation du sucre au Mali où, seulement quatre operateurs économiques de la place étaient autorisés à le faire. Il s’agissait de Bakorè Sylla, PDG de Grand Grenier du Bonheur(GGB), Amadou Djigué, Modibo Keita de GDCM et Abdoulaye Niang.

Mais, ceux-ci vont vite montrer leur limite dans le ravitaillement du marché en sucre. Car, après la crise de sucre sur le marché national qui avait fait monter les prix au kilo, l’Etat malien a été mis devant les faits accomplis : l’incapacité de ces seuls commerçants à ravitailler le marché. D’où  l’ouverture du marché à d’autres operateurs économiques de la place, sur la base d’un protocole signé avec Sukala-Sa. Il s’agit des opérateurs économiques tels que Ben, Moctar, Petit Barou, la société Sacko, Bouvacar  Cissé, etc…

Ce fut le cas aussi pour le savon avec les sociétés comme la SODIMA, la SOMAKOFF-Sa, la SOTAF et la SODRAMTIF. Mais aussi le riz. Le riz, où ces opérateurs économiques, dans la plupart des cas ont montré leur limite. Des limites qui certifiées par la flambée des prix de ces produits malgré les exonérations que l’Etat leur accorde dans ce sens.

Depuis quelques années, l’opérateur économique Modibo Keita qui s’est lancé dans le domaine de l’industrie avec la société M3 Sa. Avant de devenir un producteur de pommes de terre dans la région de Ségou, non sans des problèmes, car il est accusé par les organisations paysannes et les organisations de  de la société civile de Ségou d’accaparement de terre. Il y dispose d’équipements modernes dans ses champs de 48 hectares de pommes de terre. La culture de ce produit, à travers lequel  il voudrait se voir confié le monopole de la commercialisation au Mali. Et pour cela, il jouirait du soutien du ministre du Commerce, Abdel Karim Konaté.  Nous y reviendrons.                                                                            G. Diarra

SOURCE: Tjikan
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