Subvention : LES INTRANTS ANIMAUX AUSSI

Seules sont visées les exploitations d’élevage essentiellement et exclusivement orientées vers l’intensification des productions animales

 eleveur peul vache mouton chevre cheptel mopti mali

Ce qui devrait réjouir le monde des acteurs de l’élevage risque de les doucher un peu plus. Et pour cause. Le gouvernement avait décidé de subventionner pour la première fois les intrants animaux à hauteur de 50% comme pour les intrants agricoles. La nouvelle, on pouvait s’en douter, a réjoui les éleveurs qui s’attendaient avec impatience le lancement de l’opération.

Mais suite à des contraintes budgétaires, le gouvernement a décidé de sacrifier cet effort envers les éleveurs en proposant une diminution substantielle de la subvention destinée aux intrants animaux. En effet, la mesure avait pour but de lever une des contraintes majeures à la productivité animale. Si la subvention était maintenue, les exploitations d’élevage pourraient acquérir ces intrants pour la production de lait, viande, d’œufs, de poulet de chair et de coqs améliorateurs pour l’aviculture rurale et vacciner pour moitié prix contre la pseudo-peste aviaire de la volaille appelée maladie de New Castle.

Le chargé de la subvention des intrants, Ibrahim Ayouba Maïga, à la Direction nationale des productions et industries animales (DNPIA), nous donne quelques précisions sur les avantages et les bénéfices attendus de ladite subvention. Il explique que la DNPIA en relation avec les directions régionales, les organisations faîtières d’élevage, les chambres régionales et locales d’agriculture vont procéder à l’établissement des listes des bénéficiaires et à l’identification des exploitations. Seules sont visées les exploitations d’élevage qui sont essentiellement et exclusivement orientées vers l’intensification des productions animales.

Car, l’opération de subvention a pour but d’augmenter l’offre de produits frais animaux (lait, viande, œufs, chair etc) sur les marchés locaux, a précisé Ibrahim Ayouba Maïga. La subvention doit profiter aux citoyens ordinaires avec cette offre de produits frais animaux et bon marché.

La subvention de l’aliment concentré pour l’embouche bovine et ovine vise particulièrement la période de saison sèche et les fêtes religieuses. L’exercice doit permettre d’offrir des animaux à l’embonpoint intéressant et à un prix supportable pour le portefeuille du citoyen ordinaire. On se rappelle que l’approche des fêtes religieuses notamment la Tabaski est aussi une source d’angoisse pour les chefs de ménage qui doivent trouver des animaux pour satisfaire les siens et agrémenter la fête.

Les intrants concernés au cours de la campagne sont l’aliment concentré lait, viande, pondeuse, chair, les coqs améliorateurs qui seront introduits dans les basses-cours villageoises et la vaccination de la volaille contre la maladie de New Castle.

81 MILLIARDS FCFA DE BENEFICES. Selon les prévisions de la DNPIA, l’opération concerne l’achat de 39.640 tonnes d’aliment concentré pour la production de lait dans les fermes modernes d’élevage pour un coût de 3.963.973.000 Fcfa, 1391 tonnes d’aliment concentré pour la production de viande pour un montant de 139.050.000 Fcfa. Pour les pondeuses, il est prévu de subventionner 18.000 tonnes d’aliment concentré pour un montant de 900 millions Fcfa, la production de poulet de chair va nécessiter de prévoir 3087 tonnes d’aliment concentré pour un montant de 154.350.000 Fcfa.

La DNPIA prévoit d’introduire un ratio d’un coq améliorateur pour 10 poules locales, soit 25.000 sujets auprès des fermes villageoises pour un montant subventionné de 62.500.000 Fcfa et d’acheter 30 millions de doses de vaccins contre la pseudo-peste aviaire pour un montant de 750 millions Fcfa. En tout, l’opération d’achat de ces intrants à moitié prix s’élèvera à 5.969.873.000 Fcfa.

Mais, précise Ibrahim Ayouba Maïga, les effets de cette subvention vont générer des milliards de revenus. Ainsi, à titre d’exemple, il estime que la production attendue des poulets de chair sera de 40500 tonnes à raison de 2000 Fcfa le kilogramme vendu sur le marché. Cette activité avec un effet cumulé de la vaccination générera un revenu substantiel de 81 milliards Fcfa pour les producteurs.

Pour les producteurs de lait, à raison de 3 litres de lait par jour et par vache locale, la production attendue est de 32.339,73 tonnes. Au prix modique de 250 Fcfa le litre de lait vendu, les producteurs engrangeront un bénéfice de 8.084.932.500 Fcfa et dégageront un excédent de 2 milliards Fcfa. Pour ceux qui détiennent des vaches métisses, à raison de 8 litres par jour et par vache métisse, 5 kg de complément alimentaire par vache et par jour, la production laitière attendue est de 44.019 tonnes. Le bénéfice dégagé est de 11.004.750.000 Fcfa.

Les deux opérations consacrées à la production de lait cru local permettront de dynamiser durablement la production laitière locale et d’effacer l’ardoise consacrée à l’importation des produits laitiers qui coûte la bagatelle de 15 à 20 milliards Fcfa par an.

Au niveau de la production des œufs, la subvention pourra augmenter considérablement l’offre d’œufs frais sur le marché local et à bon prix. Ainsi, il est prévu la production de 2 millions de pondeuses pour un cycle de 18 mois qui mettront sur le marché 453 millions d’œufs frais. Dans l’hypothèse, où un œuf frais sera vendu à 50 Fcfa l’unité, le bénéfice est de 22,650 milliards Fcfa.

Les bénéfices seront également importants pour la subvention des intrants piscicoles,  les alevins et l’aliment poisson. Serait imprudent celui qui se méprendrait sur les bénéfices socio-politiques de la subvention sur les intrants animaux.

M. COULIBALY

—————-

PAFICOT : UNE DEUXIEME PHASE EN GESTATION

Cotonou (Bénin) a abrité en juin dernier la réunion des ministres chargés de l’Agriculture des quatre pays de l’Initiative sectorielle en faveur du coton (C-4). La mise en œuvre de cette initiative a été assurée par le Programme d’appui à la filière coton textile (PAFICOT) dans ces 4 pays dits du C-4 à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad. La rencontre était présidée par Fatoumata Amamdou Djibril, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche du Bénin.

Le projet, d’une durée de 5 ans (2008-2013 avec une prolongation de 9 mois qui s’étale jusqu’au 30 septembre 2014), concerne les zones cotonnières du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Tchad et est financé par la Banque africaine de développement (BAD). Au Mali, le PAFICOT intervient dans les zones de production cotonnière de la CMDT et de l’OHVN. Le coût global est évalué à 29,74 milliards de Fcfa. Pour le Mali, le coût du projet est estimé à 8,601 milliards de Fcfa. Ce coût est réparti entre le Fonds africain de développement (FAD) pour 7,63 milliards de Fcfa (89%) et le gouvernement et les bénéficiaires pour 968,23 millions de Fcfa (11%).  Notre pays était représenté à cette rencontre par le secrétaire général du ministère du Développement  rural, Daniel Siméon Kéléma. Etaient également présents à cette importante rencontre, Mahama Zoungrana, ministre de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire du Burkina Faso, Lagnaba Kakiang, Secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement du Tchad et Ibrahima Dieme, Commissaire chargé du Département de la sécurité alimentaire, de l’agriculture, des mines et de l’environnement de la Commission de l’UEMOA.

Auparavant, la réunion du Comité de pilotage avait fait des observations relatives à la prise en compte de l’évaluation de la première phase comme élément de base de la future négociation avec la Banque africaine de développement (BAD). Cette dernière semble hésitante au regard des résultats acquis. Ainsi, l’évaluation de la première phase du Projet, assortie d’une feuille de route qui met en exergue les acquis, aussi bien que l’élaboration d’un document pour la seconde phase, assortie d’une feuille de route pour la transformation du coton fibre dans les Etats membres et le lobbying auprès des partenaires techniques et financiers pour une extension du PAFICOT aux autres Etats membres de l’Union permettront d’assurer une adhésion des partenaires aux objectifs visés.

La rencontre a été informée des négociations en cours entre la Commission de l’UEMOA et l’USAID, en vue du démarrage d’un nouveau projet en faveur des pays membres du C-4. Les ministres ont demandé aux pays bénéficiaires de mettre l’accent sur l’évaluation de la première phase et au regard de la négociation avec la BAD, essayer d’autres possibilités de financement. Ils ont recommandé le traitement avec diligence des dossiers afin de permettre l’achèvement des activités du Projet, notamment la réhabilitation des pistes rurales, la construction des magasins, des centres nationaux d’appui à la transformation artisanale de la fibre et des marchés ruraux. En outre, la BAD a été encouragée à améliorer davantage le système d’information actuel du Projet.

Il faut rappeler que la rencontre de Cotonou s’est tenue à une période décisive de la vie du PAFICOT. En effet, les contraintes rencontrées dans la mise en œuvre de cet important projet sont communes aux quatre pays. La vision pour la deuxième phase porte essentiellement sur l’extension aux autres pays de l’UEMOA, la réalisation plus accrue d’infrastructures de désenclavement et de stockage, la motorisation et la mécanisation de l’agriculture et la création d’emplois en milieu rural.

Ces objectifs cadrent avec la vision du président de la république, Ibrahim Boubacar Kéïta, qui vise une agriculture plus productive et plus compétitive à l’horizon 2018.

Source MDR

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.