Sotelma-Malitel : un autre syndicat porté sur les fonts baptismaux

Depuis quelque temps, un conflit d’intérêt ou de légitimité oppose le deuxième comité syndical, le Syndicat des travailleurs de la Sotelma/Malitel (STSM) au dernier né des syndicats de cette entreprise, le Syndicat des employés de la Sotelma (SES).

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Face à la divergence qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le STSM conduit par son secrétaire général, Sayon Doumbia, a assigné le 4 septembre dernier, son désormais concurrent dirigé par Saidou Dia. L’information a été donnée le mercredi 6 septembre 2017, par M. Doumbia à la faveur d’un point de presse, à son siège au Grand marché de Bamako.

La conférence était animée par le secrétaire général du STSM, en présence de Djibril Diallo, responsable chargé de la communication à la Confédération malienne du travail (CMT), centrale syndicale à laquelle est affilié le STSM.

Le Syndicat des employés de la Sotelma (SES) est taxé par son adversaire du STSM d’illégalité et de refus de se conformer au principe de représentativité au conseil d’administration de la Sotelma. Son autopromotion par ses responsables, qui sont des dissidents des deux premiers comités syndicaux (Syntel et STSM), a indiqué le conférencier, a entrainé des préjudices au STSM qui demande réparation auprès de la justice.

Selon le conférencier, Sayon Doumbia, la rencontre avec les hommes de médias vise non seulement à porter à la connaissance de l’opinion publique les deux poids deux mesures qui se jouent à la Sotelma entre les syndicats, mais aussi l’action en justice intentée par le STSM contre l’usurpation et le putsch orchestré par ses adversaires du SES.

En effet, selon M. Doumbia, le dernier né des syndicats de la Sotelma/Malitel (le SES) n’a respecté aucune règle en matière de création syndicale. Il n’y a même pas eu d’élection.

Par ailleurs, ses responsables se sont précipités avec une liste établie en violation de toutes les règles syndicales devant la direction de l’entreprise pour non seulement se prévaloir du titre majoritaire alors qu’il n’y a pas eu d’élection professionnelle, et dénigrer également le STSM. Pire, ils les qualifient de syndicat de «deux personnes ou de retraités».

« Le sieur Saidou Dia continue à dénigrer notre section syndicale en la qualifiant de syndicat de deux personnes ou de retraités, foulant aux pieds les dispositions de l’article 237 du code du travail qui stipule :‘’peuvent continuer à faire partie d’un syndicat professionnel, les personnes qui ont quitté l’exercice de leurs fonctions ou de leurs professions sous réserve d’avoir exercé celles-ci aux moins une année’’ ».

Selon Sayon Doumbia, les agissements du SES (son immixtion dans la gestion de l’actionnariat salarial qui avait d’ailleurs déjà fait l’objet de contentieux entre les deux syndicats de la SOTELMA à une époque ayant précédé sa naissance) ont créé des préjudices au STSM.

«Attendu que l’article 78 du code du travail dispose ‘’le caractère représentatif d’un syndicat est déterminé par le ministère chargé du Travail. Les éléments d’appréciations comprendront notamment le nombre de voix et sièges remportés par ces adhérents aux élections des délégués du personnel’’, il est évident que depuis la création dudit syndicat, il n’y a pas eu d’élection professionnelle à la Sotelma car, la dernière date de 2006, il convient de constater que ce comité syndical mis en place par le sieur Saidou Dia a violé toutes les dispositions réglementaires en République du Mali. Par conséquent, il convient de l’annuler purement et simplement », a martelé M. Doumbia.

Ce comportement, regrette-t-il, a porté préjudice à son syndicat et mérite réparation, conformément aux dispositions de l’article 1381 du code civil français. C’est la raison pour laquelle le Syndicat des travailleurs de la Sotelma/Malitel ayant son siège au Grand marché de Bamako et représenté par son secrétaire général, Sayon Doumbia, a sollicité du président du Tribunal de grande instance de la Commune II de Bamako, l’autorisation d’assigner devant sa juridiction le Syndicat des employés de la Sotelma (SES) représenté par Saidou Dia.

Aussi, exige-t-il, dans sa requête, la condamnation, par le tribunal, du SES au payement de la somme de 100 millions de FCFA, au titre de réparation de préjudice.

Une assignation, par voie d’huissier, aux fins de dissolution du Comité syndical et réparation des préjudices a été déjà signifiée au SES, à travers son secrétaire général.

Gaoussou Kanté

 

La rédaction

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