Situation sociale et économique au Mali: les résultats de l’enquête MICS-Mali 2015

Après une 1ère expérience en 2010, notre pays a conduit, en 2015, une 2è opération d’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS). Les résultats de la MICS-Mali 2015 et les perspectives d’une dissémination des données de ladite enquête ont été présentés le jeudi dernier, à la faveur de la 4è réunion du Comité de pilotage, à l’hôtel Salam de Bamako.

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Il y ressort de cette enquête que la mortalité infantile et infanto-juvénile est en baisse «mais demeure relativement élevée». Quant à la pratique de l’excision, elle est plutôt en hausse dans notre pays et passe de 75 à 76 % entre 2010 et 2015 sur les filles de 0-14 ans.
La réunion du comité de pilotage était présidée par le directeur général de l’INSTAT, Harouna KONE, qui à ses côtés le chef de la Cellule technique du CSLP, Mamadou Zibo MAÏGA, et du chef de la planification et du suivi-évaluation du bureau de l’UNICEF-Mali, Mme Christine GAIGNEBET. La présentation était assurée par le chef du département de la recherche, de la normalisation et des enquêtes statistiques à l’INSTAT, Jean Zima DIALLO, non moins directeur technique de la MICS-Mali.
D’entrée de jeu, M. DIALLO a fait savoir que les données de la présente enquête sont disponibles depuis mars 2016 et représentent une véritable mine d’information sur les conditions de vie sociales au Mali.

Une initiative internationale
Aussi, a-t-il rappelé, certes les données sont celles du Mali, notamment le ministère de l’Aménagement du territoire et de la population, à travers l’Institut National de la Statistique (INSTAT), qui en est maître d’œuvre, mais la MICS est fondamentalement une initiative internationale, parrainée par l’UNICEF.
Au fait, soutient M DIALLO, c’est en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’hygiène publique et celui de l’Éducation nationale, à travers leurs CPS respectives que la présente enquête a été menée. Elle a concerné au moins sept régions du pays et le District de Bamako, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
Quant aux informations pour la production des estimations, elles ont été obtenues auprès de 11 830 ménages. Ainsi, au sein de ces ménages, ce sont quelques 18 409 femmes et 7 430 hommes, respectivement âgés de 15-49 ans qui ont été interrogés par plus d’une centaine d’enquêteurs durant trois mois (du 20 juillet au 21 octobre 2015).
Des informations portant sur 16 202 enfants de moins de 5 ans ont été obtenues auprès de leurs mères ou nourrices.
Selon le directeur technique de la MICS-Mali, Jean Zima DIALLO, par ailleurs chef du département de la recherche, de la normalisation et des enquêtes statistiques à l’INSTAT, cet «échantillon est représentatif» de la valeur des standards internationaux dans le domaine de la production des données statistiques.
Il y ressort de l’enquête que la mortalité infantile et infanto-juvénile est en baisse «mais demeure relativement élevée». Ces proportions ont respectivement évolué, entre les intervalles 2001-2005 et 2011-2015, de 64 à 56 pour mille (pour la mortalité infantile) et de 132 et 108 pour mille (pour la mortalité infanto-juvénile.
Quant à l’allaitement exclusif, la pratique demeure faible et varie selon les régions du pays. Aussi, on y signale que la couverture vaccinale s’améliore et que les populations s’habituent de plus en plus aux moustiquaires. Au moins 79% des enfants de moins de 5 ans ont dormi sous ce moyen de lutte contre le paludisme au moment de l’enquête.
La proportion des ménages utilisant une eau de sources améliorées est l’une des plus reluisantes. Elle passe de 57 à 69 % entre les MICS 2010 et 2015, avec une particulière ascension dans les régions de Tombouctou et de Koulikoro. Aujourd’hui, l’accès à l’eau potable au Mali est de 63 % en milieu rural et 93 % en milieu urbain.

Un constat amer
Le développement de l’enfance, l’alphabétisation et l’éducation, le comportement sexuel, la protection sociale, l’accès aux médias et aux nouveaux outils de la communication, entre autres, ont été étudié.
Il y ressort que c’est la pratique de l’excision qui semble avoir l’oreille dure. Le niveau de la pratique des mutilations génitales féminines (MGF/Excision) ne change pas. Il demeure élevé, passant seulement de 75 à 76 % entre 2010 et 2015 sur les filles de 0-14 ans.
Par ailleurs, la même enquête révèle qu’au moins « 52 % des jeunes femmes et 45 % des jeunes hommes déclarent que leur vie s’est améliorée par rapport à l’année précédant l’enquête».
Enfin, selon les initiateurs de cette rencontre, une grande opération de lancement des résultats est attendue pour la dernière quinzaine du mois de janvier 2017.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

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