SCANDALE DES CONGES DE MATERNITE FICTIFS A L’INPS : Le contrôle d’Etat aux trousses des fraudeurs

Après l’arrestation d’au moins quatre personnes dans l’affaire de congés de maternité fictifs proposés par des agents de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) à des femmes évoluant dans des ONG, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des sceaux, Mahamadou Diarra, est saisi du dossier par la justice en vue de le transmettre au contrôle d’Etat.

siege Institut national prévoyance sociale inps

 Les pratiques mafieuses à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) consistant pour certains agents de l’Institut à proposer de faux congés de maternité à des femmes dans le but de pomper de l’argent des caisses du service et de se le partager ayant été découvertes, elles ne cessent de défrayer la chronique. Dans notre livraison de la semaine dernière, nous parlions de l’arrestation de quatre personnes pour avoir participé à la soustraction frauduleuse de l’argent public sous le couvert de vrais/faux congés de maternité. Les deux ayant pris la poudre d’escampette courent toujours. Saisi, le procureur près le Tribunal de la Commune III chargé du Pôle économique et financier, Alou Nampé, a procédé à l’ouverture d’une enquête judiciaire et ordonné le mandat sous dépôt des personnes sur qui pèsent des soupçons dans cette scabreuse affaire.

Les enquêtes se poursuivent de plus belle pour mettre le grappin sur tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans cette entreprise mafieuse. Les agents de l’INPS arrêtés et qui se disent stagiaires s’étaient engagés à rembourser l’argent indûment perçu et frauduleusement pompé à l’effet de recouvrer la liberté.

Toutefois, le procureur près le Tribunal de la Commune III chargé du Pôle économique et financier a poliment, mais fermement opposé une fin de non-recevoir à cette demande des personnes arrêtées. Le juge anti-corruption au Mali, Alou Nampé a instruit leur maintien sous mandat de dépôt au motif que le remboursement des montants frauduleusement soustraits n’éteint pas l’action publique. Le procureur Nampé qualifie les faits d’atteinte aux biens publics qui doivent être punis, selon lui, conformément aux dispositions de la loi en vigueur.

Il nous revient que le ministre de la Justice, Mamadou Diarra a été également saisi du dossier par ses services compétents en vue d’envoyer une mission du contrôle d’Etat à l’Institut national de prévoyance sociale pour tirer au clair cette affaire et partant la gestion faite des cotisations des assurés. De sources bien informées, le ministre de la Justice ne peut pas de son chef lever une mission du contrôle d’Etat, mais, il peut écrire au Premier ministre pour demander l’envoie du contrôle d’Etat à l’INPS. A la question de savoir si le ministre Mamadou Diarra a écrit au chef du gouvernement, nos sources disent ne pas en savoir plus, mais confirment qu’ils l’ont saisi pour ce faire.

Les sources généralement bien informées estiment que si le PM Modibo Kéita est effectivement saisi par le ministre de la Justice, il n’hésitera pas à lever une mission de contrôle d’Etat pour l’INPS. Cela est d’autant plus justifié, puisqu’il s’agit là d’un péril sur la cotisation des assurés dont les allocations sont destinées à assurer leurs « vieux jours ». Malheureusement, ces cotisations sont entrain d’être dilapidées par certains agents de l’INPS. L’envoi d’une mission de contrôle d’Etat à l’INPS s’impose pour faire toute la lumière sur la gestion des cotisations des assurés.

Il est probable que d’autres masques tombent, parce que la justice ne croit pas à l’hypothèse selon laquelle, ce sont des stagiaires qui soient uniquement à l’origine des congés fictifs de maternité à l’INPS. Ne sont-ils pas soutenus ? Si, oui par qui ? Seules des enquêtes sérieusement menées pourront être édifiantes.

Une chose est sûre: un stagiaire n’est pas un ordonnateur de dépenses et il n’est pas non plus un signataire de chèque. Or, pour ces faux congés de maternité à l’INPS, ce sont des chèques qui ont été délivrés. Qui a signé ? Qui a ordonné ?

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