Sans Tabou: quand l’hystérie gagne la Plateforme AN TE A BANA

Après plusieurs décisions impopulaires non partagées en son sein, la plateforme An tè a bana tend vers une autre aventure incertaine.

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À cause des positions radicales prises par certains de ses membres, les responsables crédibles de la Plateforme s’écartent, de plus en plus, du Mouvement. Cette hystérie qui gagne davantage la Plateforme An tè a bana par la faute de ses membres qui ont des agendas inavoués conduit de jour en jour le mouvement vers un échec cuisant.
À la surprise générale de la majorité de ses membres, la Plateforme vient une fois de plus se lancer dans une autre décision impopulaire en lançant un ultimatum au Président de la République sommé de retirer au plus vite son projet de révision constitutionnelle avant la fin de ce mois d’août. À défaut, elle menace de mettre en œuvre l’article 121 de la constitution de 1992, à savoir appeler ses militants à la désobéissance civile. Il s’agit là d’une position radicale qui laisse croire que cette plateforme, qui avait réussi à faire des mobilisations exceptionnelles, tend vers une dislocation qui risque d’être fatale à la réussite de la mission initiale que ses fondateurs s’étaient assignés, en l’occurrence le retrait du texte référendaire.
D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que des membres de la Plateforme An tè a bana prennent, de manière impopulaire, des positions radicales. Ce mouvement qui est loin d’être homogène a du mal à se focaliser sur l’objectif initial de son combat. Pendant que certains se battent pour le retrait pur et simple du projet de révision, certains se lancent dans des appels à la démission du président de la République, alors que d’autres optent pour la sensibilisation en vue de faire échec au projet au cours du référendum.
Dans le lot de ceux qui dévient la Plateforme de son objectif pour d’autres agendas inavoués figurent en première ligne des activistes peu crédibles. C’est pourquoi ceux-ci ne ratent aucune occasion pour essayer de mettre en exécution leurs sales besognes de déstabilisation du pays.
Par contre, le plus grand mobilisateur du mouvement qui reste le chroniqueur Ras Bath s’est toujours donné comme objectif le retrait pur et simple du texte en tentant de se mettre à l’écart des appels à la violence ou à la démission du président de la République. Un acte du reste anti démocratique. Il est suivi par d’autres responsables de la Plateforme qui ont toujours manifesté leur désaccord à chaque fois que des brebis galeuses tentent d’imposer d’autres trajectoires.
Ce qui est regrettable face à cette situation inacceptable, c’est le silence coupable des leaders de partis politiques membres de la Plateforme An tè a bana qui ne se sont jamais démarqués des appels à la violence ou autres comportements anti démocratique de certains membres. Comme le dit un adage, ‘’qui ne dit mot consent’’.
Les précurseurs de la Plateforme sont interpellés à faire un discernement pour se dissocier de ceux qui ont des agendas anti démocratiques. Cela y va de la crédibilité de ce mouvement qui s’essouffle de jour en jour du faite de la distance prise par plusieurs membres qui ne se reconnaissent plus dans les revendications anti constitutionnelle.
Beaucoup d’observateurs de la scène politique jugent inopportune cette position radicale de la Plateforme à appeler à la désobéissance civile après les nombreux efforts d’apaisement en cours. Le découragement des militants qui se fait sentir est un signe avant-coureur que l’appel à la désobéissance civile pourrait n’être qu’un coup d’épée dans l’eau.
Chaque citoyen, de quel que bord qu’il soit, doit avoir comme seule préoccupation la stabilité du pays au lieu de se verser dans des comportements de déstabilisation. La Plateforme An tè a bana serait plus crédible si elle s’engageait à donner des arguments sur le contenu du texte en vue de convaincre ses militants à faire échec au projet de révision dans les urnes. Malheureusement, l’on assiste à des manipulations orchestrées par des personnes de mauvaise foi pour servir leurs intérêts personnels au goût revanchard.

PAR MODIBO KONE

 

Source: info-matin

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