Saison des pluies : un supplice pour Mopti

À Mopti, la « Venise du Mali », le statu quo demeure : chaque hivernage est un supplice pour les populations qui se plaignent de l’absence des tuyaux de canalisation et d’évacuation des eaux de pluie, constate notre blogueur Vieux Persie.

 

Le début de l’hivernage dans la ville de Mopti n’annonce pas seulement le beau temps chanté par les cigognes et la joie de vivre des enfants, qui dansent sous la pluie pour magnifier ces instants de bonheur. L’hivernage est aussi l’incarnation d’une nouvelle mue qui affiche des clichés moins attrayants du décor traditionnel.

Esquiver les flaques d’eaux, dribbler les nids-de-poule, feinter les surfaces glissantes des mares à boue : voilà les règles d’un véritable supplice, obligeant les piétons à retrousser les manches et les pantalons pour pouvoir se frayer un chemin dans des rues plus ou moins praticables. Pire, les propriétaires d’engins doivent être plus regardants sur les voies sans issue pour ne pas se retrouver avec le nez de leurs véhicules fourrés dans le traquenard.

Des habitudes à la peau dure 

Zoumana Sagara, enseignant à la retraite habitant le quartier périphérique de Médina-coura pointe la mauvaise gestion des fonds alloués à la mairie pour l’assainissement de la ville : « Il est inadmissible que mon quartier soit toujours sans aucun tuyau d’évacuation des eaux usées depuis sa viabilisation. » En plus de la municipalité, le vieux Sagara pense qu’à Mopti, tout le monde est roi dans sa tête : « Le changement de mentalité n’est pas pour demain. C’est pourquoi les effets positifs de la mutation de la vieille cité en ville moderne tardent à se faire sentir. »

La population et les autorités municipales se renvoient la balle. Yaya Traoré, le chef technique par intérim de la mairie, estime que les responsabilités ne sont pas seulement imputables à la mairie. Pour lui, il y a une population réticente à épouser une bonne hygiène de vie et qui refuse d’abandonner certaines mauvaises habitudes pendant l’hivernage. Ce qui rend difficile la mise en place d’un nouveau plan d’urbanisation.

« Je connais des familles qui n’attendent que l’hivernage pour déverser le contenu de leurs poubelles et les eaux usées de leurs caniveaux dans les mares stagnantes des rues ou sur les voies publiques. L’assainissement est l’affaire de tous, et c’est déplorable qu’une grande partie de la population pense que c’est à la mairie et aux GIE (Groupements d’intérêt économique) de venir ramasser les ordures sciemment versées devant chaque porte », déplore-t-il.

Journées sporadiques de salubrité

La municipalité doit poursuivre son programme de dallage et de pavage des rues qu’elle a suspendu. Elle ne doit pas se limiter à des journées sporadiques de salubrité et de curage de certains caniveaux.

Dorénavant, si vous êtes à Mopti, évitez de vous approcher des gouttières lors de vos promenades en ville, pendant la saison pluvieuse. Vous devez avoir l’agilité d’un funambule et des yeux de lynx pour ne pas prendre un bain de boue sous le beau temps qui vient après la pluie.

Source : Benbere

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