Rue marchande de la commune III : un succès relatif

Pour la 11ème fois cette année, le comité syndical de la commune III du district de Bamako organise la rue marchande. Un espace de vente de divers articles à l’approche des fêtes de fin d’année, censé booster les affaires pour les commerçants et permettre au comité syndical d’alimenter son fonds social.


Ouverte le 15 décembre 2017, la rue marchande de la commune III du district de Bamako fermera ses portes le 5 janvier 2018. Un partenariat entre le comité syndical et l’Union des Associations des Commerçants du Mali pour les Foires qui se porte plutôt bien, après 11 ans d’existence. Les recettes générées permettent de renflouer la caisse du fonds social, destiné à venir en aide aux travailleurs de la mairie dans le besoin. La proximité du marché permet aussi « aux populations de s’approvisionner en période de fête et à des prix plus accessibles », soutient M. Ibrahim Traoré, Secrétaire Général du comité syndical de la commune III. Avec une centaine d’opérateurs économiques présents cette année, dont certains venus de l’étranger, les organisateurs espèrent un agrandissement de ce marché dans les années à venir. 

Bilan mitigé

Ichaka Camara, propose des médicaments traditionnels et semble plutôt se frotter les mains. Il vient de renouveler son stock et pour sa première participation, « la foire se passe très bien. » Il souhaite juste une meilleure organisation, afin que ceux qui souhaitent dormir à une certaine heure de la nuit, puissent le faire sans être dérangés par « ceux qui écoutent les radios ». C’est vrai qu’il est presque dix heures et sur le site, les commerçants se réveillent à peine. « Les gens veillent tard dans la nuit et les premiers visiteurs arrivent vers 11 heures du matin », nous confie un exposant. Installé à Faladié en commune VI du District de Bamako, Steve Segbedji est originaire du Benin, mais vit au Mali depuis quelques années. Il participe aussi pour la première fois à cette rue marchande de la commune III. Il vend également des médicaments traditionnels « à base de plante de son pays », mais estime que les visiteurs se font rares et les affaires marchent peu. Il espère tout de même faire des contacts et avoir des clients potentiels même après la foire.
Les affaires ne marchent pas non plus très bien pour M. Mamadou Ousmane Cissé. Élève de son état, il donne un coup de main à son frère à l’occasion des fêtes. S’occupant d’un des stands de son frère dédié aux chaussures, il estime que le marché est très lent. « Ici, on observe beaucoup de mouvement surtout la nuit, mais très peu viennent pour acheter », constate-t-il. Même si son frère qui vend des habits et accessoires pour femmes, est plus optimiste, M. Cissé estime que « les gens n’ont tout simplement pas d’argent » et pense que la tenue simultanée d’autres foires du même type en commune IV et à Kati cette année, peuvent influencer négativement le marché. Pour l’avenir, il souhaite que les organisateurs pensent à faire des stands de meilleure qualité pour attirer davantage de public en appliquant certaines règles comme ne pas permettre aux vendeurs ambulants qui leur font la concurrence déloyale d’accéder au site.
L’heure est par contre aux bonnes affaires pour Moussa Fofana, exposant à la foire pour la première fois. Pour ne pas « chômer » en cette période après l’incendie survenu au marché rose de Bamako, il a choisi de vendre ses articles, essentiellement des habits et chaussures pour homme, à la foire annuelle de la commune III, et il ne regrette pas son choix. « Al hamdoullilah. Déjà à quelques jours de la fin de la foire, nous avons beaucoup vendu », se réjouit-il, avant d’ajouter que la tendance chez les jeunes, « c’est d’être beaux et de bien s’habiller ».

Journal du mali

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