Rencontre du Haut Conseil Islamique à Bamako : La situation sociopolitique et religieuse du pays au centre des préoccupations

Les activités récentes du Haut Conseil Islamique du Mali, à savoir les actions du Haut Conseil depuis la crise de 2020(sa médiation dans le cercle de Niono) ; les besoins sociaux de la communauté musulmane du Mali (le mariage religieux ; l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif) ; le rôle et place des leaders religieux ont été entre autres sujets au centre de cette rencontre de la communauté musulmane du Mali.

Selon les organisateurs, les conclusions concoctées seront soumises aux autorités de la transition dans le cadre de la participation des religieux pour la refondation de l’Etat. C’était au CICB, en présence du représentant du maire de la commune III, du ministre des affaires religieuses, du culte et des coutumes, Dr. Mahamadou Koné, du président du HCI, Cheick Chérif Ousmane Chérif Madani Haïdara, du vice-président, El hadj Ibrahim Kontao, de Cheick Mohamed Macky Bah, le président national de contrôle, le Cheick soufi Bilal, le samedi 31 juillet 2021 au CICB.

Le contexte général du pays, caractérisé par l’insécurité, le ralentissement des activités économiques, la dégradation du tissu social, n’a pas laissé le Haut Conseil Islamique indifférent. Une rencontre attendue par le monde musulman, selon Mohamed Macky Bah, où le statut des leaders religieux qui a une importance capitale aujourd’hui à leurs yeux, sera débattu, pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la stabilisation de l’Etat.

Le HCI ne demande qu’une carte de priorité pour ces leaders qui consacrent la plupart du temps à servir les populations (mariage, décès, règlements de conflits etc.). Il a indiqué qu’une décision avait été prise dans ce sens,mais qui est restée jusqu’à présent dans les tiroirs et n’est pas encore appliquée. Par ailleurs, il a fait savoir que le mariage religieux, bien que légiféré par les autorités, n’est pas encore reconnu sur toute l’étendue du territoire. Pour ce faire, le HCI pense qu’il faut formaliser ce document. Aussi, le cas des écoles arabisantes est devenu une préoccupation majeure.

Ces écoles, va-t-il faire remarquer, sont confrontées à d’énormes problèmes, des dépotoirs qui ne permettent pas à tous les enfants du pays de participer à la construction nationale. Les autorités doivent créer des filières techniques et scientifiques pour permettre l’insertion de ces enfants de la nation dans le tissu économique, va-t-il faire savoir.

Pour lui, il faut que les autorités réparent cette injustice entre les mêmes fils de la nation pour la stabilité du pays. Il n’a pas oublié non plus le cas des imams que l’Etat a envoyés en formation au Maroc. Selon Macky Bah, les autorités doivent voir comment ces imams peuvent intégrer la fonction publique. Selon lui, le Haut Conseil va faire des propositions concrètes au gouvernement dans le cadre de la refondation de l’Etat.

Dans son intervention, la présidente de l’UNAFEM a vivement remercié le président du Haut Conseil qui n’a jamais cessé d’offrir aux femmes musulmanes la parole afin de participer aux débats et de faire des propositions lors des rencontres religieuses. Elle a indiqué que cette crise affecte surtout les femmes et les enfants en premier plan. Elle a donc demandé l’entente et l’union de tous les religieux pour faire face à cette crise qui n’a que trop duré. Le président du HCI lui-même, dans toute son intervention, n’a cessé de lancer un appel en demandant l’union sacrée de toutes religieuses et tous les religieux, le respect mutuel, l’entente. Il a demandé aux musulmans du Mali de se donner la main, d’échanger même si c’est dans la différence dans les confessions.

Le ministre des affaires religieuses quant à lui, va emboiter le pas au chérif en disant qu’unis, rien ne peut résister aux musulmans. Il a appelé aux sens de la clairvoyance, de l’unité pour faire face aux défis et de ne pas écouter ceux-là qui tentent toujours de les opposer les uns aux autres, ceux-là qui tentent de les diviser alors qu’il n’ y a pas de division entre eux. Il se dit persuadé que la compréhension existe entre les religieux au Mali. « Je suis un ministre comblé de voir toutes les tendances religieuses au sein de ce regroupement », a fait savoir Dr. Mahamadou Koné. Il a enfin pris l’engagement que les conclusions issues de ce forum seront soumises aux nouvelles autorités pour une mise en application.

Fakara Faïnké

Source: Le Républicain

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