Prolifération des armes légères et de petits calibres : OXFAM ET AMNESTY INTERNATIONAL REITERENT L’ALERTE

Il existe dans le monde 900 millions d’armes légères en circulation, 1 135 entreprises qui fabriquent annuellement 8 millions d’armes, plus de 14 milliards de balles disponibles et 2 000 morts constatés chaque jour suite aux conflits et violences armés

conference reunion debat proliferation armee legere generale kani diabateLe Centre international de conférence de Bamako (CICB) a abrité jeudi l’atelier national de domestication du traité sur le commerce des armes (TCA). L’ouverture des travaux était coprésidée par le directeur pays d’Oxfam, Mohamed Lamine Coulibaly, et l’ambassadeur de Grande Bretagne, Jo Adenson. C’était en présence de la présidente de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL), le général Coulibaly Kany Diabaté, et du directeur exécutif d’Amnesty International, Saloum D. Traoré. L’atelier a été marqué par une conférence débat animée par Abba Touré et Ousmane Kornio, respectivement coordinateur chargé des questions militaires, sécuritaires et policières (MSP) d’Amnesty International et consultant sénior

Dans sa communication, Abba Touré a cité les lance-grenades portatifs, amovibles ou montées, missiles, roquettes aériennes portatives, antichars portatives, les canons anti-aériens portatifs, les fusils sans recul, les mortiers de calibre inférieur à 100 m comme des armes portables destinées à être utilisées par plusieurs personnes travaillant en équipe. Les armes légères et de petits calibres (ALPC) sont souvent utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations des droits humains, a-t-il constaté. Ces ALPC alimentent les conflits armés, occasionnent des milliers de morts, de personnes réfugiées et appauvrissent les populations civiles.
Les armes destinées être utilisées par une personne sont celles à feu, la bombe explosive, incendiaire ou à gaz, la grenade, les lances roquettes, missiles, et les mines antipersonnelles, les revolvers, les pistolets à chargement automatique, les fusils, les carabines, les mitraillettes légères et les fusils d’assaut, a-t-il énuméré. Selon le coordinateur chargé des questions militaires, sécuritaires et policières à Amnesty International, il existe 900 millions d’armes légères en circulation dans le monde. 1 135 entreprises à travers le monde fabriquent 8 millions d’armes par an, plus de 14 milliards de balles sont disponibles sur la planète, 2 000 morts sont constatés chaque jour suite aux conflits et violences armés. Ce n’est pas tout : 3 000 personnes sont blessées par ces armes chaque jour et 75% de ces ALPC sont détenues par les populations civiles, a-t-il déploré. Le conférencier a également constaté que les 2/3 des conflits sont menés essentiellement au moyen d’armes légères et de petits calibres.
Les 5 pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande Bretagne, France) figurent parmi les plus grands vendeurs d’armes au monde, a révélé Abba Touré. Le conférencier a aussi rappelé que les Ong Oxfam et Amnesty International avaient lancé le 9 octobre 2003 une campagne internationale dans 75 pays pour l’adoption de traités efficaces et contraignant sur le commerce des armes et l’harmonisation des lois sur tous les aspects relatifs à la problématique des armes. Au Mali, le lancement de la campagne a eu lieu à Bamako et à Gao. Elle entendait inciter les autorités compétentes à voter des lois pour réglementer l’achat, le port, l’usage, le commerce, la fabrication, le transfert des armes sur tout le territoire.
Depuis plusieurs décennies, souligne le second conférencier, la prolifération des ALPC est devenue un des phénomènes les plus graves dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne. Le phénomène s’est aggravé depuis 1992 pour le Mali avec une succession d’événements qui se sont amplifiés avec la crise sécuritaire, a noté Ousmane Kornio. Il a cité les armes provenant de pays limitrophes, de zones en conflits, de stocks nationaux, celles rendues suite aux différentes rébellions, introduites par des commerçants trafiquants, issues de la fabrication artisanale et vendues illicitement aux populations, celles subtilisées dans les camps lors du coup d’Etat de mars 2012 et à la faveur du conflit bérets verts et bérets rouges. Les armes abandonnées par les Forces armées maliennes (FAMAs), utilisées par les groupes de narcotrafiquants et introduites dans notre pays par les combattants venant de la Lybie sont toutes des sources de la prolifération des armes légères et de petit calibre au Mali, analyse le consultant. Tous ces constats, souligne Ousmane Kornio, dénotaient d’une forme d’insécurité qui se préparait et que l’Etat, de manière « inconsciente », n’avait pris au sérieux.
S. Y. WAGUE

source : L’ Essor

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