Prix de la viande : GRAND SOULAGEMENT

Conformément aux termes d’un accord signé hier entre le ministère du Commerce, les acteurs de la filière viande et bétail et les usines qui produisent l’aliment bétail, les prix seront revus à la baisse à partir de lundi prochain

Abdel Karim Konate ministre commerce biographie cv

L’annonce tombe comme un grand « ouf » de soulagement pour les consommateurs bamakois : le gouvernement et les acteurs de la filière bétail et viande sont parvenus à un accord sur le prix de la viande. Cet accord intervient au moment où les consommateurs s’étaient pourtant résignés, la mort dans l’âme, à la hausse vertigineuse des prix de la viande (voir article en page 14).
Interpelé par cette situation incompréhensible dans le pays ayant le plus grand nombre de chef en Afrique de l’Ouest après le Nigeria, le ministère du Commerce et de l’Industrie s’est aussitôt engagé dans la recherche de voies et moyens pouvant favoriser une révision des prix à la baisse.
Ainsi, après s’être enquis des argumentaires de tous les acteurs de la filière viande et bétail, il lui est revenu que la hausse s’expliquerait par certains facteurs. Il s’agit entre autres de la cherté de l’aliment bétail (300.000 Fcfa la tonne contre moins de 200.000 Fcfa en temps normal), le problème de parcs de transit d’animaux à Bamako et alentours, les taxes municipales quotidiennes jugées trop élevées, les difficultés d’accès au financement pour les bouchers et la multiplicité des intermédiaires entre les propriétaires de bétail et les bouchers. Mais de tous ces problèmes, le prix élevé de l’aliment bétail paraît le plus crucial.
Pour enrayer ces difficultés, le département en charge du Commerce a pris des mesures appropriées. Ainsi, en partenariat avec les industriels de l’aliment bétail, il a été décidé de revoir les prix de ce produit à un niveau acceptable pour les professionnels de la filière viande et bétail.
Le protocole d’accord élaboré entre les différents acteurs de la filière bétail-viande et les producteurs d’aliment bétail a été signé hier dans l’après-midi au département du Commerce entre le ministre Abdel Karim Konaté, le président de l’Interprofession viande et bétail, Ramatoulaye Diallo et le représentant des industriels, Fousseyni Simpara. C’était en présence du directeur national du Commerce et de la Concurrence, Modibo Keita et de la présidente de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), Mme Salimata Diarra.
A travers ce protocole, les producteurs d’aliment bétail s’engagent à céder la tonne du tourteau à 125.000 Fcfa contre une fourche de 250.000 à 300.000 Fcfa appliquée actuellement. Quant au ministère, il s’engage à démarcher les municipalités à travers le département en charge de l’Administration territoriales pour la révision par les mairies des taxes journalières et la mise à la disposition des vendeurs de bétail de parcs de transit provisoires et sécurisés dans les alentours de Bamako. Le département du Commerce s’investira également dans la recherche de financement dans le cadre du Projet d’appui aux commerçants détaillants pour financer les bouchers.
C’est donc forts de tous ces engagements que les acteurs de la filière viande et bétail ont décidé de revoir les prix de la viande à la baisse. « A partir de lundi prochain, la viande de bœuf avec os sera vendu à 2200 Fcfa le kilo contre 2500 Fcfa le kg pour la viande sans os. Et à partir du 17 septembre, soit un mois plus tard, les prix redescendront à 2000 Fcfa le kg pour la viande avec os et 2300 Fcfa pour la chair sans os, soit au même niveau qu’avant le début du cycle de la surenchère des prix. On doit rompre définitivement avec ce cycle de surenchère sur la viande et c’est la fin », a annoncé avec détermination le ministre du Commerce et de l’Industrie.
Abel Karim Konaté a donc invité les différentes parties au strict respect du protocole d’accord ainsi signé. Aux industriels, il assuré que les graines de coton produites par la CMDT leurs seront désormais exclusivement vendues. En contrepartie, l’aliment bétail qu’ils produisent sera exclusivement destiné aux éleveurs locaux. En clair, les exportations d’aliment bétail seront suspendues.
« Le bétail malien doit d’abord servir à la consommation locale. Il est inadmissible que le prix de la viande dans notre pays atteigne ce seuil. L’Etat prendra toutes ses responsabilités », a averti le ministre en remerciant les acteurs de la filière viande et bétail pour leurs engagements dans cette démarche qui va beaucoup soulager les consommateurs.
Il a aussi annoncé que le département initiera d’autres mesures dans les jours à venir pour juguler les tensions inflationnistes et permettre aux Maliens d’accéder aux produits de première nécessité à des prix qui leurs sont accessibles.

D. DJIRE

source : L’ Essor

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