Prévention de la corruption: les recettes de CRI-2002

Une Journée de renforcement de capacité du Cercle de réflexion et d’information pour la consolidation de la démocratie (CRI-2002), avec l’appui de Transparency International Secrétariat Berlin, s’est tenue à la Maison des Aînés, à laquelle ont pris part des structures étatiques et non étatiques. Elle a été sanctionnée d’importantes recommandations.

Après les mots de bienvenue du représentant du Maire de la Commune III, Boulkassoum MAIGA, Bakary BAGAYOGO, Conseiller technique au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (MATD), a situé le sens de sa présence qui est de contribuer à la réussite de l’atelier.
Le Coordinateur général des Chefs et Conseillers de quartiers de Bamako, Bamoussa TOURE, a salué la sortie progressive, mais sûre, des Chefs de villages/fractions/quartiers de leur statut informel pour occuper leur place et jouer leur rôle d’acteurs, à part entière, de la construction de l’État de droit et de la bonne gouvernance.
Selon M. TOURE, une activité en lien avec le renforcement des capacités de CRI-2002 est la leur. Ce, d’autant plus qu’ils entretiennent, depuis près de 20 ans, un partenariat stratégique et opérationnel gagnant-gagnant pour le Mali, pour les Collectivités territoriales et pour les populations locales, avec l’élaboration de Répertoires pour plus de 5 000 Chefs de villages/ fractions/quartiers des Régions de Sikasso, Ségou, Mopti et le District de Bamako.
Il a enfin remercié le Dr SALL pour son appui constant, pour leur visibilité et leur lisibilité sur le chantier de la construction de la démocratie, de la décentralisation, et de la bonne gouvernance.
Le Président de CRI-2002, a souligné l’importance de l’implication des Autorités traditionnelles dans la gestion des affaires locales. Pour ce faire, a-t-il dit, il faut un processus qui va de la phase de l’information, en passant par l’expérimentation, la capitalisation jusqu’à la phase de l’implication qui précède également celle de la responsabilisation et de l’autonomisation. C’est dans ce processus que M. SALL situe l’atelier. Car, est-il convaincu, renforcer la capacité de CRI-2002 est indissociable du renforcement des capacités de ses partenaires avec qui elle travaille depuis près d’une vingtaine d’années pour certains.
Ainsi, pour M. SALL, l’intérêt de l’atelier est de mettre autour de la même table les acteurs étatiques et non étatiques, pour voir comment établir des passerelles dans le cadre de la lutte contre les risques de corruption. Lesquels risques s’entendent, selon lui, comme la sous-implication, la sous-responsabilisation, la sous-information, la sous-autonomisation des acteurs.
En termes de recommandations, il faut, pour notre pays, franchir les étapes :
• d’une connaissance, et d’une compréhension communes, partagées et acceptées, dans la promotion de l’intégrité en matière de transparence, de lutte contre la corruption, de gouvernance démocratique et républicaine ;
•d’une connaissance et d’une compréhension communes, partagées et acceptées, pour apporter des changements positifs dans la promotion de l’intégrité;
•d’une connaissance et d’une compréhension communes, partagées et acceptées, du CAJAC comme outil innovant pour être en mesure de défendre leurs intérêts pour eux-mêmes, et pour leurs communautés dans la promotion de l’intégrité ;
• Ouvrir le débat sous l’égide du MATD sur les risques de la corruption politique et juridique ;
•Organiser, et tenir, sous l’égide du MATD, une rencontre sur la démocratisation de la décentralisation : l’exercice de la tutelle, l’opérationnalisation des transferts des compétences opérés, la problématique du transfert des 30% du budget national aux collectivités territoriales, le contrôle citoyen, la redevabilité ;
•Organiser, et tenir, sous l’égide du MATD, une rencontre sur la Régionalisation avec une attention particulière sur la connaissance et la compréhension du concept, de son histoire au Mali, des enjeux, défis, perspectives, de ses dangers et opportunités dans le contexte actuel de crise politico-institutionnelle, sécuritaire, et sociale ;
•Organiser, et tenir, sous l’égide du Bureau du Haut Représentant du Président de la République une rencontre sur la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation Nationale, avec une attention particulière sur les 9 principes de base dudit Accord, et spécifiquement sur les points 8 et 9 portant respectivement sur ‘’la lutte contre la corruption et l’impunité’’ et ‘’la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et les autres formes de criminalité transnationale organisée’’ ;
•Faire des répertoires des Chefs de Villages/Fractions/Quartiers élaborés par CRI-2002, et reconnus comme une innovation majeure, des outils/instruments de gouvernance locale inclusive, notamment sur le chantier de la transparence de la vie publique, de l’intégrité, de la lutte contre la corruption et l’impunité ;
•Elaborer, et mettre en œuvre, un Plan de Renforcement des Capacités de ses partenaires stratégiques et opérationnels sur l’application des lois et des règlements;
•Créer une Plate-Forme d’Alerte et de Veille Citoyennes et Civiques sur le chantier de la transparence de la vie publique, de l’intégrité, de la lutte contre la corruption et l’impunité ;
•Organiser, et tenir, sous l’égide du Ministère de la Réforme de l’Administration et de la Transparence de la Vie Publique (MRATVP), une rencontre sur les résultats et enseignements tirés par CRI-2002 de son Voyage d’Etudes au Rwanda sur les CAJAC et la transparence, l’intégrité et la lutte contre la corruption et l’impunité ;
•Prendre en compte,le plaidoyer/lobbying, l’adoption et l’opérationnalisation du Projet de Loi élaboré en 2015 par le MATD relatif à la valorisation du rôle et de la place des Chefs de Villages/Fractions/Quartiers dans la gouvernance inclusive du territoire ;
•Engager et diligenter, sous l’égide de CRI-2002, du MRATVP, et de Transparency International Secrétariat Berlin, son érection du Statut de Contact National, de Section Nationale en Formation (SNeF) à celui de Section Nationale composée de structures, organisations, et acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux.

Par Bertin DAKOUO

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