POLICE NATIONALE : Incohérence, favoritisme, promotion de la médiocrité…

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Salif Traoré et le directeur général de la police, l’inspecteur général Mohamed Ag Infahi, plus que jamais sur la sellette.

 

 “Le chef du département et le DG de la police ont accordé des congés de formation de niveau master à certains responsables de syndicats qui n’ont que le baccalauréat ou le DEF, ignorant le cas des 119 diplômés”, selon une source policière.

Les décisions numéro 0027, 0028, 0029 et 0030 du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré, et le directeur général de la police, Mohamed Ag Infahi, irritent aujourd’hui les fonctionnaires de la police nationale du corps des sous-officiers. Entachées d’incohérence et d’irrégularité selon certains policiers, ces décisions sont sources de tension entre policiers.

Dans la première décision numéro 0027/MSPC-SG, l’adjudant de police Daouda Cissé est autorisé à faire une formation de deux ans à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, cycle master dans la filière audit et contrôle de gestion. L’adjudant Daouda Cissé est un membre influent du Syndicat de la police nationale. Il a intégré la police en 2007 avec un baccalauréat malien. Malgré l’absence de maîtrise, il fera une formation de cycle master, en tout cas non reconnu par la direction générale de la police, indique un cadre de la DGPN.

La deuxième décision numéro 0028/MSPC-SG accorde la formation à l’adjudant de police Cheickné Hamala Diakité, numéro matricule 4247. Promotion 2001 avec un diplôme d’études fondamentales, le pensionnaire du SPN affilié à l’UNTM fera une formation de deux ans à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest, cycle master en droit public et recherche.

Dans la décision numéro 0029/MSPC-SG, signé le 10 janvier, l’adjudant de police Boubacar Sissoko, numéro matricule 4130, est mis en congé de formation pour une durée de deux ans à compter de l’année académique 2019-2020. La formation se déroulera à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, cycle master dans la filière gestion des ressources humaines.

Tous les frais inhérents à cette formation sont pris en charge par la direction générale de la police nationale. “Le leader de l’Alliance de la police nationale, l’adjudant Boubacar Sissoko mérite certes une formation, mais le hic dans cette histoire est qu’il a été admis à la police en 2001 avec un diplôme d’étude fondamental (DEF). Le système éducatif malien donne-t-il la possibilité à un détenteur du DEF d’accéder à un cycle supérieur surtout le niveau master ?”, s’interroge un policier sous l’anonymat. Certainement le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré, et le directeur général de la police, Mohamed Ag Infahi ignorent cette exigence.

Ils ne sont pas seuls. Les sergents chefs de police Aboubacar Kéita numéro matricule 5665 et Jean Antoine Samaké, numéro matricule 5686, tous de la promotion 2006 avec le baccalauréat malien feront un cycle supérieur à l’Institut des sciences politiques, relations internationales et communication (Ispric), filière gestion des ressources humaines. Toutes les décisions ont été signées par le chef du département le 10 janvier 2020, poursuit notre source.

“Et l’incohérence dans cette volonté politique du ministre est qu’ils sont tous détenteurs du diplôme de fondamental et secondaire général. En plus, les bénéficiaires sont tous leaders de syndicats. Hormis le Syndicat des commissaires, le Syndicat autonome de la police, le Syndicat national des officiers de police, l’Alliance pour la police de la République du Mali et certaines associations de la police, tous les mouvements de pressions ont été retenus, à l’allure d’une récompense après l’échec de la formation de la Russie. Pourtant, 119 officiers se battent pour la reconnaissance de leur diplôme de niveau maîtrise. Ignorant complètement l’approche des maitrisards de la police, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré et le directeur général de la police, Mohamed Ag Infahi accordent le niveau master aux non diplômés…”, s’indigne aujourd’hui des agents de police.

A suivre…

Bréhima Sogoba

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