Négociations avec les djihadistes : Le temps donne raison à l’imam Dicko

C’est à travers la mission dite celle de ‘‘ bons offices ‘’ qu’il dirigeait que l’Imam Mahmoud Dicko, alors président du haut conseil islamique, avait entrepris une négociation avec Iyad Ag Aly, cerveau de l’appareil djihadste au Mali. Et si Bamako, à l’époque, a nié les faits à travers la voix du président IBK lui-même, l’International Crisis Group (ICG) juge aujourd’hui opportun ce dialogue avec les groupes djihadistes, seules ‘ ‘ alternatives crédibles’’ pour la paix au Mali.

De mi 2016 en fin 2017, l’’imam Dicko l’imam aura été un bon médiateur auprès des groupes djihadistes. Et il allait certainement réussir sa mission si le processus n’avait pas été interrompu deux fois de suite dont la dernière a définitivement mis fin à l’existence de la mission de bons offices. Il s’agit par-là de la nomination de Soumeylou B. Maiga.

Il se dit dans les coulisses que c’est Soumeylou B. Maiga qui a mis fin à l’existence de la mission de bons offices dès sa nomination. Selon d’autres sources, le premier responsable de ladite structure n’a plus mis pied à son bureau à la primature depuis le jour où Soumeylou B. Maiga a été nommé. Ce, dit-on, pour des raisons dont il détient lui-seul le secret. Soit dit en passant et il faudrait tout simplement retenir que la mission de bons offices a cessé d’exister le jour où Soumeylou B. Maiga a été nommé premier ministre.

Avant la nomination de Soumeylou B. Maiga, l’’imam aurait déjà réussi sa mission de négociation si le processus n’avait pas été interrompu avec la mort de Cheick Haoussa en début octobre 2016 à Kidal. C’est ce dernier qui était le seul intermédiaire entre l’imam Dicko et le chef djihadiste Iyad Ag Aly. Mort dans une explosion dans son propre véhicule piégé au sortir du camp de la Minusma à Kidal, pour l’imam Dicko Cheick Haoussa a été victime d’une trahison pour faire échouer le processus de dialogue qui était en cours. Selon l’imam Dicko, lors d’une sortie médiatique en décembre 2018, Cheick Haoussa a été ‘‘tué’’ le jour même où il lui a signifié qu’Iyad Ag Aly avait décidé de mettre fin aux hostilités et aller vers un dialogue.

Le déni de Bamako

‘‘Pas question ! Le président du Haut Conseil islamique, l’imam Mahmoud Dicko, avait reçu mandat de l’ancien premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga de conduire une mission de bons offices dans le centre et le nord du pays. Je l’assume en tant que chef de l’Etat, mais j’étais bien loin de l’approuver. Nous avons mis fin à cette mission.’’C’est en ces termes que le président IBK s’est prononcé dans les colonnes de ‘’Le Monde’’ sur le processus de dialogue que l’imam Dicko avait entrepris. Et à bien l’entendre, il n’était pas pour une négociation avec les djihaidstes. Est-ce le même avis que les autorités maliennes partagent aujourd’hui ? Pas forcement !

‘’Pas d’autres alternatives crédibles…’’’

Ibrahim Yahaya est chercheur à l’International Crisis Group. Il est auteur du rapport publié en fin mai recommandant aux autorités maliennes d’aller vers un dialogue avec les groupes djjhadistes. Dans une interview accordée à le monde sur la question, Ibrahim Yahaya pense qu’il n’y a pas ‘ ‘d’autres alternatives crédibles et il devient urgent de sortir de l’impasse.’’ Et les autorités maliennes semblent avoir bien compris le message : ‘‘Nous sommes d’accord sur le principe et nous y travaillons déjà’’, déclaration de Boubacar Alpha Ba. le ministre malien de l’Administration territoriale, le 31 mai sur les ondes de la RFI.

Une situation qui donne finalement raison à l’imam Dicko et tous ces hommes politiques à l’image de Tièblé Dramé qui avaient opté pour un dialogue entre Bamako et les groupes djihadistes.

Source: La Sirène

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