Navigation : DEUX NOUVEAUX BATEAUX POUR LA COMANAV

Ils permettront à la compagnie d’étendre ses activités sur 8 à 9 mois contre 5 à 6 mois avec les anciens bateaux

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Modibo Kéïta, premier président de la République du Mali et Frihoun Ag Alinsar, un résistant touareg à la pénétration coloniale viennent d’être honorés par le président de la République. Ibrahim Boubacar Keïta a baptisé aux noms de ces vaillants fils, deux nouveaux bateaux que la Compagnie malienne de navigation (Comanav) vient d’acquérir. La remise officielle de ces bateaux à la Comanav a eu lieu samedi, à Koulikoro, par le chef de l’Etat en présence du Premier ministre, Modibo Kéïta, du président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé, de certains membres du gouvernement dont le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré, ainsi que les représentants d’institutions accréditées dans notre pays.
D’une capacité de 65 places chacun, ces nouveaux bateaux sont principalement caractérisés par leur faible tirant d’eau qui est de 0,80 mètres à la charge et une vitesse de croisière comprise entre 20 et 25 km à l’heure. Ils viennent renforcer la capacité de la Comanav qui, depuis quelques années, est confrontée au vieillissement et à la vétusté de la flotte. Les nouveaux bateaux ont été achetés avec la société Sainty Marine Corporation de Chine pour un montant de 3 milliards Fcfa financés sur les fonds issus de la vente de la Sotelma.
Créée au lendemain de l’indépendance de notre pays, la Comanav est l’une des rares sociétés d’Etat qui existe encore malgré les nombreuses difficultés auxquelles elle fait face. La compagnie a cependant connu des moments de gloire, grâce à ses célèbres bateaux que sont : le Général Soumaré, Tombouctou, ou encore Kankou Moussa acquis entre 1965 et 1985. Pendant plus trois décennies, ces bateaux ont permis de développer le sous-secteur de la navigation sur le fleuve Niger en permettant la desserte des régions de Nord sur 1380 km, mais également sur le fleuve Sénégal sur 385 km. Ainsi, l’exploitation des axes Koulikoro Gao et Bamako-Kankan permettait le transport de plusieurs dizaines de milliers de passagers et de fret par an. La Comanav dispose aussi d’un pousseur, de deux remorqueurs, d’un automoteur, d’un pétrolier et d’une trentaine de chalands et barges.
Pour l’histoire, les bateaux de la Comanav naviguaient de fin juillet au mois de janvier, soit 6 mois sur 12, lorsque le niveau des eaux est suffisamment élevé.
Ces bateaux ont trois étages, des cabines de première, de seconde et de troisième classes et une classe pont. Leurs capacités varient entre 350 à 450 passagers et 400 à 350 tonnes de fret. A l’intérieur le luxe n’était pas une exigence. Les hommes s’asseyaient à même le pont sur des nattes, pour causer et préparer le thé. Les femmes faisaient des affaires. Les sacs de riz et de mil et de fruits et légumes sont déchargés à Mopti, Tombouctou et Gao. En retour ils sont chargés des barres de sel, des paniers de dattes, de sac de riz, de poissons secs, d’oignons, etc. Les bateaux contribuaient en plus du désenclavement au brassage ethnique. L’arrivée d’un bateau dans chaque localité constituait un événement.

ENSABLEMENT PROGRESSIF DU FLEUVE. “De 1962 à 1976, la COMANAV était parmi les entreprises d’Etat les plus rentables du pays. Du au fait, d’une part, que les bateaux présentaient des conditions techniques optimales et d’autre part, la flotte naviguait dans un fleuve profond et peu affecté par l’ensablement. Ce qui suscitait, l’engouement des passagers et brisait le flanc à la concurrence déloyale des pinasses dont les conditions de navigation exposent nos populations à certains dangers”, a expliqué un ancien de la société.
Le temps des vaches maigres a commencé à la Comanav dans les années 80 avec l’ensablement progressif du fleuve Niger et le vieillissement de sa flotte. En plus la compagnie a été amputée de son atelier de maintenance suite à la restructuration de la société en 1968.
« La mission de service public qu’assure la Comanav lui confrère un rôle stratégique important dans le développement économique et social du pays, a expliqué la présidente directrice générale de la Comanav ». Les activités de transport concernent outre les passagers, les produits pétroliers, les produits de première nécessité, les céréales, les engrais, le gros matériel d’équipement, entre autres. Les nouveaux bateaux légers que la compagnie vient d’acquérir lui permettront d’étendre ses activités sur 8 à 9 mois contre 5 à 6 mois avec les anciens bateaux a indiqué Mme Dembélé Goundo Diallo.
La Comanav est l’une des plus vieilles entreprises d’État. Elle fut créée en 1960 sur les cendres des « Messageries africaines », une entreprise coloniale, indique sa directrice générale, Mme Dembélé Goundo Diallo. Elle s’appelait à cette époque la Compagnie malienne de navigation (CMN). Quatre ans plus tard, la CMN fusionna avec l’Entreprise de construction métalliques (ENCOM) pour donner les Ateliers et chantiers du Mali (ACM).
La CMN évolua dans cet ensemble regroupant la navigation fluviale et ses ateliers de Koulikoro, les ateliers militaires centraux de Markala, l’entreprise malienne du bois, les ateliers de Dar-Salam, le magasin central de Bamako, chargé de l’approvisionnement des partenaires.

UN MATERIEL VETUSTE. En 1968, les ACM furent éclatés. La CMN retrouva son autonomie financière. Mais cette mue s’effectua dans des conditions particulièrement difficiles. Les dettes des ACM en faillite furent attribuées à la CMN, occasionnant un déséquilibre financier et un besoin de fonds de roulement de plus de 112 millions de Fcfa.
Pour ne rien arranger, la Compagnie hérita d’un matériel vétuste et dépassé, d’un stock de pièces de rechange ne répondant plus aux exigences du moment. Le personnel était de surcroît pléthorique.
En 1965, le gouvernement de l’époque décide de la fusion de la Compagnie malienne de navigation avec l’Entreprise malienne de construction et d’outillage mécanique pour former les Ateliers et chantiers du Mali (ACM). Mais cette fusion fera long feu. C’est en 1968 que la Compagnie malienne de navigation a été recréée sous sa forme actuelle, a expliqué le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement. Selon Mamadou Hachim Koumaré la compagnie exprime de nos jours un besoin de 23 bateaux. L’achat des deux nouveaux bateaux est accompagné d’un service après vente pour la formation du personnel navigant et commercial et la maintenance des engins qui disposent de pièces de rechanges pour 24 mois couvrant le délai de garantie des bateaux soutient le ministre Koumaré.
Le président de la République a magnifié les relations entre notre pays et la Chine. Ibrahim Boubacar Kéïta a exprimé l’intérêt qu’il accorde à la lutte contre l’ensablement et la jacinthe d’eau qui menace le lit du fleuve Niger. Cela s’est illustré par les plaidoyers sur plusieurs fronts pour sauver cet important cours d’eau qui traverse notre pays sur 1700 km, dont 1300 km naviguables.
Les noms donnés à ces bateaux sont une reconnaissance de notre pays en faveur de deux Pères de la nation qui ont tout fait pour le Mali a souligné le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.
Be COULIBALY

source : L’ Essor

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