Mutilations génitales féminines: les solutions de l’ONG JDWS aux victimes

« Se reconstruire et apprivoiser son corps à la suite de mutilations génitales féminines (MGF) » était, ce jeudi 6 février 2020, le thème d’un panel au Magic-Ciné de Bamako (ex-Babemba). Initié par l’ONG « Justice and Dignity for the Women of Sahel (JDWS)/ Justice et Dignité pour les Femmes du Sahel (JDFS) », ledit panel a regroupé les acteurs des droits humains (activistes), les hommes de médias et des professionnelles de la médecine du genre. Des échanges du jour, il ressort que les mutilations génitales féminines MGF, excision, sont des pratiques néfastes à la santé de la femme.

L’organisation de cette rencontre, selon ses initiateurs, s’inscrivait dans le cadre de la commémoration du 6 février, consacrée par les Nations unies, en 2012, comme Journée internationale de la Lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF). Elle était animée par le Dr Mamadou TRAORE, Gynécologue Obstétricien au Centre Hospitalier Universitaire du Point G et le Dr Lalla Fatoumata TRAORE, enseignante-chercheuse à l’École de médecine de Bamako ; en présence de Aissata BA, Représentante Humanitaire (JDWS) Mali.

Faisant l’état des lieux, le Dr Lalla Fatoumata TRAORE s’est basée sur les données de EDS-VI qui font état préoccupant de l’excision dans notre pays. Une prévalence de l’excision d’environ neuf femmes de 15-49 ans sur dix (89 %) et 73 % des filles de 0-14 ans. Pour environ trois quarts des femmes excisées (76 %), l’excision a eu lieu avant l’âge de 5 ans, y compris dans la petite enfance. Aussi, les excisions sont effectuées principalement par une exciseuse traditionnelle, soit 94 % des filles de 0-14 ans et 89 % des femmes de 15-49 ans.

Le Dr Mamadou TRAORE trouve que ces statistiques sont préoccupantes et montre que les MGF constituent un problème de santé publique au Mali. Et cela, en raison des conséquences parfois dramatiques pour les victimes. Pour ce spécialiste, les filles qui subissent des mutilations génitales féminines font face à des complications à court terme, telles que des douleurs intenses, des saignements excessifs, des infections et des difficultés à urinaires ainsi qu’à des conséquences à plus long terme pour leur santé sexuelle et reproductive et leur santé mentale.

« Dans nos structures de santé, en milieux gynécologique et obstétrical, des réalités que nous vivons tous les jours dans les salles d’accouchement, sur les tables de consultations », a-t-il déploré.

L’ONG JDWS, selon sa représentante, a pour principale objectif de lutter contre les violences à l’endroit des femmes et des filles. Des propos de Mme Aissata BA, il ressort que 90 % des violences basées sur le genre sont dirigées contre les femmes. Raison pour laquelle, son ONG s’engage à faire du Sahel un espace propice pour les femmes et les filles.

Pour ce faire, l’ONG privilégie la sensibilisation au niveau communautaire en impliquant les leaders communautaires, avec l’implication des Associations de jeunes, de femmes, les ONG locales, etc.

Par ailleurs, il s’agit d’apporter un soutien matériel, médical, psychologique aux femmes victimes de violences.

Pour rappel, en 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 6 février Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) afin d’intensifier l’action mondiale visant à éliminer cette pratique. Au plan international, le Thème de 2020 est : « Libérer le pouvoir de la jeunesse ». La célébration de cette journée offre un espace de dialogue et de responsabilité des parties prenantes en vue d’impliquer mais aussi renforcer les capacités des adolescents filles et garçons sur les violences basées sur le genre.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source: info-matin

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