Mali : mieux encadrer les auto-écoles

L’acquisition du permis de conduire nécessite une formation de base dispensée dans les auto-écoles. Ce secteur connaît malheureusement un désordre qui compromet une meilleure sécurité sur nos routes, écrit le blogueur Lamissa Diarra.

Les auto-écoles, appelées également « écoles de conduite », sont des établissements d’enseignement et d’apprentissage des techniques de conduite en circulation routière. Elles offrent des formations théoriques et pratiques aux nombreux candidats désireux d’obtenir des permis de conduire. L’obtention d’un permis de conduire est obligatoire pour prétendre conduire un véhicule sur les voies publiques.

Pour faire face à la demande croissante d’acquisition de permis de conduire, de nombreuses auto-écoles ont vu le jour. Beaucoup ne répondent pas aux normes. Sur 153 auto-écoles recensées en 2018 seulement, 69 d’entre elles disposaient d’un agrément, selon M. Djigui Camara, membre de l’Association des promoteurs d’auto-école, joint au téléphone.

8.935 cas d’accidents en 2019

Le  nombre d’accidents à Bamako et ailleurs dans le pays ne cesse d’augmenter au fil des années. En 2016, la mairie du district de Bamako a enregistré 2404 accidents impliquant des véhicules de poids léger, lourd et de transport public. Selon une note de synthèse de l’ANASER (Agence nationale de la sécurité routière),  8.935 cas d’accidents ont été documentés en 2019. Le district de Bamako enregistre près de la moitié des victimes. Parmi les causes d’accidents énoncées, figure la mauvaise conduite des usagers, la méconnaissance ou le manque de respect du code de la route.

Les formations dispensées dans les auto-écoles visent pourtant à aider les potentiels conducteurs à maîtriser les règles de la bonne conduite en circulation routière, qui  permettent de se protéger et protéger les autres usagers de la circulation.

Non maitrise des règles de la circulation

Dans la plupart des établissements, la formation dure un mois. Soit deux semaines de théorie et deux autres semaines consacrées à la pratique. C’est le cas à l’auto-école Santoro à Lafiabougou, en commune IV du district de Bamako, ou encore au centre d’apprentissage Danaya, dans la même commune. A Danaya, « un accent est mis sur la conduite et la bonne connaissance du code de la route », explique Mamadou Coulibaly, le promoteur de l’auto-école.

Ousmane Guitté, qui a suivi sa formation dans une auto-école, estime que le temps de formation est insuffisant. « Le conducteur novice ne peut pas être prêt pour l’examen. Moi-même, si on me donne un véhicule, je ne peux pas conduire comme il le faut parce que le temps est minime pour que je sois apte à conduire. » Pour Mamadou Maïga, qui a suivi sa formation dans une auto-école située à Kalabancoro, même avec un temps prolongé de formation tous les apprenants ne se familiarisent pas vite avec les règles élémentaires de conduite. « Malgré la formation, beaucoup d’entre nous ignorent le code et le sens de bon nombre de panneaux de la circulation», témoigne celui qui a passé six mois de formation.

Eviter les manquements

Ilyass Sidibé, qui vient de finir sa formation dans une auto-école, nous confie que même si l’apprenant ne réussit pas à l’examen de passation du permis, avec de l’argent, il peut obtenir son permis de conduire. Djigui Camara signale que beaucoup d’enseignants dans les auto-écoles n’ont pas le BEPECASER (Brevet pour l’exercice de la profession d’enseignant de la conduite automobile et de la sécurité routière), un diplôme attestant de la capacité à enseigner dans une auto-école. Avant d’ajouter qu’il existe des services de contrôle et d’évaluation des auto-écoles, rattachés à la direction nationale des transports. « Malgré l’existence de ces services, le constat est amer 

Les auto-écoles ne sont pas forcément les premiers responsables des accidents de la circulation. Cependant, s’ils jouent bien leur rôle, il sera possible d’éviter certains manquements, cause de beaucoup d’accidents de la circulation routière. Les autorités en charge de la sécurité routière sont interpellées.

 

Source: benbere

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