MAISON DE LA PRESSE DU MALI : Bandiougou Danté attendu sur une gestion responsable

Bandiougou Dante a été élu samedi dernier (23 janvier 2021) nouveau président de la Maison de presse du Mali (MP) pour un mandat de trois ans renouvelable une fois. C’était à l’issue de la 11e Assemblée générale ordinaire de la structure. Ainsi, élu à l’unanimité par les présidents des organisations faîtières de la presse, Danté succède à Dramane Aliou Koné à la tête d’un bureau de 7 membres. Il promet surtout de refonder la presse afin de rehausser son image.

 

C’est donc Bandiougou Danté qui est désormais le nouveau président de la maison de la presse du Mali pour un mandat de 3 ans renouvelable une seule fois. La première vice-présidence de la MP est désormais assurée par Mamadou Dabo (ASSEP). C’est Ibrahima Traoré dit Itra (ORTM) qui est le second vice-président. Le poste de rapporteur général est assuré par Souleymane Bobo Tounkara dit «SBT» de l’AMAP. Il est secondé par Fanta Diallo (APAC). Notre consoeur Dado Camara (AJPM) et Daouda Konaté (UNAJOM) sont respectivement trésorière et trésorier adjoint. Le casting est en tout cas judicieux.

Aussitôt investi président, le nouveau chef a souhaité être évalué sur la base de 11 objectifs dont la refondation de la presse malienne.  Il s’agit aussi de créer un cadre de  rénovation  qui dotera la maison de la presse des commodités à l’instar des maisons sœurs de la sous-région ; rassembler la presse malienne dans le respect des diversités ; relancer la question sur la Convention collective de la Presse ; encourager le professionnalisme par la valorisation du statut de journaliste ; imposer le respect de la liberté de la presse, la liberté d’expression et l’accès à l’information…

Pour ce faire, Bandiougou Danté a exhorté ses consoeurs et confrères à un examen de conscience.  «Nous devons être en mesure de nous regarder et nous dire la triste vérité. Celle-ci doit nous amener à nous interroger sur ce que les Maliens pensent de nous, sur ce que les Maliens attendent de nous», a martelé le nouveau président. D’ores et déjà, pour la gigantesque œuvre de refondation de la presse pour lui donner une vitrine reluisante, il a annoncé une retraite de travail à Ségou dans les prochains jours afin de réfléchir sur les voies et moyens de la réussite de cette mission. Et l’adoption d’une Convention collective de la presse doit être le socle de cette refondation.

En le tout premier discours du nouveau président de la MP est rassurant et plein d’espoir. Mais, un espoir à concrétiser par des actes.

C’est donc dans l’action que la nouvelle équipe de gestion de la MP sera jugée. Et la tâche est très ardue. Il ne faut pas avoir peur des mots, la MP a été très mal gérée ces deux dernières décennies, à l’image de presque toutes les organisations faîtières dont les responsables mettent en place son Comité de gestion. Orientée par des intérêts claniques, la gestion ne laissait apparaître aucune perspective d’amélioration de l’image de la presse et surtout des conditions d’exercice du métier. D’où la nécessité d’une rupture totale avec cette gestion opaque et inefficace voire mafieuse. La presse ne peut pas continuer à clamer et à exiger des autres une gouvernance responsable alors que sa principale vitrine reflète tout le contraire, piétine les valeurs prônées dans les colonnes, sur les ondes et sur les écrans voire en ligne.

Accrédité d’un brillant parcours professionnel, Bandiougou est réputé pour son professionnalisme, sa franchise, son honnêteté, son intégrité. Mais saura-t-il orchestrer la rupture tant souhaitée en se défaisant des différents clans qui se sont toujours entendus pour faire de la MP leur vache laitière ? Et à notre avis, c’est sur ce point qu’il est très attendu par les professionnels de la presse qui, malheureusement, rasent les murs de la MP parce que toujours perçus comme une menace pour les différents Comités de gestion mis en place ces dernières années.

Pour ce faire, il doit comprendre que sa redevabilité doit se manifester à l’égard de l’ensemble de la presse, surtout ceux qui sont toujours sur le terrain et qui sont généralement confrontés à tous les problèmes, et non de ceux qui l’ont élu. La confiance unanime qui lui a été accordée par l’ensemble des organisations faîtières est un message clair.

Moussa Bolly

Source : Le Matin

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