L’imam Mahmoud Dicko, ancien président du HCIM: «la résignation n’est pas une valeur malienne»

Le parrain de la nouvelle force politique Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants CMAS, l’illustre imam Mahamoud DICKO avait une rencontre avec la jeunesse malienne, ce samedi 2 octobre, au palais de la culture Amadou Hampaté BA. Il a annulé la rencontre, car, a-t-il dit, «ayant le cœur serré par le malheur qui nous frappe à travers l’armée nationale, je ne peux dire autre chose que de prier pour le Mali» Suivons sa réaction.

Le peuple Malien est frappé aujourd’hui d’un deuil. Nous sommes dans une situation meurtrie. Moi je voulais m’adresser à cette jeunesse. A cette jeunesse qui en réalité on est en train de décimer. Avec le cœur serré et meurtri que je ressens aujourd’hui, il est très difficile pour moi de venir dire autre chose que de prier et de faire de cette journée, une journée de communion avec notre armée nationale. Prier pour mes enfants, mes petits-enfants, prier pour eux pour le Mali. C’est ce que je voulais dire. C’était vraiment le message que je voulais lancer à la jeunesse. Parce que je sens qu’on est en train de cultiver cette habitude pour en faire une valeur au Mali alors qu’elle n’est pas une valeur malienne. La résignation n’est pas une valeur malienne. C’est la résistance. Nous sommes un peuple, un grand peuple, une grande nation. Nous avons bâti des empires, nous avons bâti des nations. Donc, nous ne sommes pas un peuple soumis. Ceux qui sont venus ici ont colonisé l’espace, nous ont colonisé, certainement les corps physiques, mais ils n’ont jamais pu coloniser nos esprits. C’est ça le peuple résistant, et le Mali est comme ça. C’est pour cela que nous avons des héros et de grands résistants que je ne pourrais pas citer tous ici, mais que vous le savez. C’était pour rappeler à cette jeunesse le combat de ces grands hommes. Je l’ai dit, la prochaine sortie, c’est pour arrêter cette saignée. Ce que le Mali vit aujourd’hui, il faut arrêter avec ça. On ne peut pas continuer avec ça. Ce n’est pas possible. Comment on peut continuer à vivre comme ça. Vous voulez qu’on se résigne dans ça. C’est pour cela que je parle de résignation. Nous pouvons résister, mais nous ne sommes pas un peuple résigné.
Le message, c’est un Message de prière, c’est demander à tout le Peuple malien de prier. Demander encore une fois au peuple Malien d’oublier ce qu’il y a entre nous, ces petites querelles et se mettre ensemble aujourd’hui pour sauver l’essentiel qui est notre patrie. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de sauver la tête d’un homme ou d’un régime. Il s’agit surtout de sauver la patrie malienne. Et pour cela, aucun sacrifice n’est de trop. Ces jeunes hommes ont fait le sacrifice ultime, ils ont donné leur âme, leur vie, leur jeunesse à notre patrie. La patrie doit être reconnaissante à leur âme. C’est pour cela que je ne suis pas d’accord avec cette façon d’inhumer ces gens-là presque dans une situation de catimini. Ce n’ai pas une bonne chose, c’est des martyrs, c’est des héros qui doivent être honorés. C’est la patrie entière qui doit les accompagner. Ils ne doivent pas être mis de côtés, qu’on les enterre dans des situations où personne ne se lève pour savoir qu’est-ce qu’ils sont devenus. Il faut refuser ça, parce ça c’est la résignation.

Transcription libre Info-Matin

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