L’histoire s’écrira

Qu’est-ce que c’est l’histoire? Selon la définition d’ordre général, l’histoire renferme au moins deux connotations : primo, les événements du passé des êtres humains ; secundo, le récit et les études de ce passé. Si la première connotation signifie une existence objective, la deuxième porte en soi une conception de l’histoire, les opinions et les attitudes que les générations futures adoptent vis-à-vis des événements du passé.

           

 

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Le meilleur raccourci pour bien rentrer dans l’histoire, c’est poser des actes de grandeur. En effet, c’est bien le Président Pompidou qui disait : “Il ne suffit pas d’être un grand homme, il faut l’être au bon moment.”

 

Après m’être gargarisé de ces vérités, je regarde avec étonnement et compassion tous ces “quidam” qui tentent d’écrire l’histoire alors même qu’ils vont plutôt raconter une de ces légendes “feu follet” qui ne résistent nullement à l’épreuve du temps comme le ferait le fleuve tranquille et imperturbable de l’histoire.

 

Il n’est pas du tout étonnant que tous les paroliers mandingues racontent le règne de Soundiata sans qu’aucune des versions ne démente fondamentalement les autres. C’est pour dire que l’histoire s’inspire d’un vécu réel et codifié, qu’une tentative de réécriture ne saurait déformer ou altérer.

 

Mais que voit-on aujourd’hui ? Pour des faits qui se sont produits depuis moins de 2 ans, des gens veulent se donner des rôles que nul ne les a vu jouer. Ou tenter de faire oublier des propos ou des positions et actes qu’ils ont eu à poser. Ils peuvent tout au plus raconter des légendes.

 

Dans ce pays, on se souvient encore de tous les contre-marcheurs du 6 janvier 1991. Comme si cela s’était déroulé hier seulement ! Très difficilement, ces gens pourront convaincre qu’ils font partie de ceux qui ont instauré la démocratie dans ce pays. De même ceux qui avaient organisé une honteuse décoration au Stade Modibo Keita ne peuvent pas aujourd’hui se prétendre des hommes pouvant incarner le changement. C’était déjà pour quelles bonnes raisons ? Allez savoir…

Ces gens se doivent de rester humbles et ne pas tenter de tirer une quelconque couverture sur eux-mêmes. Sous d’autres cieux, ils se seraient pudiquement effacés de la vie publique. Mais qui connait la honte ?

 

Que dire de tous ces acteurs politiques, qui lors du putsch du 22 mars 2012, avaient tout bonnement élu domicile à Kati dans l’espoir de trouver un peu “d’herbe à brouter”?

 

 

En effet, de “hauts cadres” de ce pays étaient désormais dans les basques des bidasses et avaient de vils instincts serviles. C’est bien ce qui a pu convaincre les putschistes qu’il ne fallait pas laisser s’échapper ce pouvoir pour rien au monde. Alors même qu’il était de leur devoir de les convaincre qu’après avoir accompli l’œuvre salutaire de déposer ATT et son régime incompétent, il fallait se retirer et laisser les institutions organiser les élections comme ce fut le cas par la suite. On a même pu voir certains rédiger à la hâte et faire lire ce qu’ils avaient dénommé “Loi Fondamentale”. Quelle fiabilité doit-on attendre de ces “cadres” dans le cadre de la reconstruction de ce pays ?

 

 

L’histoire du pays s’écrira par les actes bons ou mauvais posés par chacun, mais aucune falsification ne sera possible et l’on doit se rendre à cette évidence. Les légendes ne sont pas l’histoire ! Hé oui… A bientôt.

Bonne année 2014.

Par Idrissa DIOUF

SOURCE: Soir de Bamako
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