Les réactions des participants à la conférence-débat du Parena sur l’engrais frelaté

 

Bakary Clédiomon Dembélé, le président du secteur des cotonculteurs de Kimparana et délégué à la production et à la qualité à la confédération des cotoculteurs du Mali  

 

CMDTcompagnie malienne du developpement textile coton engran agriculteur

« Aidez-nous à obtenir de ces laboratoires les vrais résultats de ces analyses faites sur les engrais »

Je remercie le Président du Parena pour nous avoir invités au débat. Cette invitation témoigne votre attachement à la  démocratie, au débat contradictoire et à la vérité. Car vous auriez pu organiser cette conférence pour venir simplement nous blâmer et salir notre réputation auprès des Maliens, mais vous avez voulu notre présence pour nous défendre. Merci pour ce geste responsable et démocratique. Je suis tellement content de vous que je suis déjà tenté de venir dans ton parti, le Parena. En ce qui concerne l’engrais, c’est la troisième année que nous enquêtons sur les commandes d’engrais. Cette année, dès que nous avons reçu des informations mettant en doute la qualité des intrants, nous avons vite saisi la direction nationale de l’Agriculture (Dna), seule habilitée au Mali à tester l’engrais. Et la structure a été payée pour le besoin des analyses.  A la sortie des résultats, les responsables de la structure nous ont convoqués au ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour nous en informer. Mais ce qui m’a étonné, c’est la non-conformité des résultats des analyses effectuées sur les mêmes engrais produits par la même usine. Alors question : est ce que les laboratoires sont défaillants ou bien, c’est parce que tout simplement, on a versé des pots de vin à ceux qui manipulent les machines dans les laboratoires ? Nous vous demandons, Monsieur le président du Parena Tièbilé Dramé, de nous aider à voir clair dans cette affaire. Aidez nous à obtenir de ces laboratoires les vrais résultats de ces analyses faites sur les engrais. C’est dans cette confusion que nous avons initié une visite de terrain dans plusieurs champs à Sikasso, à Koutiala, Bougouni pour constater de visu l’effet de ces engrais dits frelatés. Mais les résultats de cette visite nous font douter du résultat des analyses des laboratoires. Nous avons été très satisfaits de l’état des champs où les engrais décriés ont été utilisés. Leurs propriétaires risquent de faire cette année une production de trois tonnes ou deux tonnes et demi à l’hectare.

Bakary Koné, député RPM élu à Koutiala fils et petit fils de cotonculteur

« Le ministre n’a pas pu me dire que ces engrais sont sans conséquence sur la santé des populations »  

Sur cette affaire d’engrais frelatés, j’ai posé dix sept questions à Bocary Tréta qu’il n’a pas pu répondre. Je promets de l’interpeller encore sur cette affaire et il risque d’avoir plus chaud. Pour la simple raison qu’il n’a répondu à aucune de mes questions. Je lui ai posé la question de savoir si ces engrais sont nocifs pour la santé humaine. Le ministre n’a pas pu me dire que ces engrais sont sans conséquence pour la santé des populations. L’honorable Bafotigui Diallo a eu à faire des analyses sur l’engrais qui prouve que l’engrais est frelaté. Auparavant, la Direction nationale de l’Agriculture avait envoyé une correspondance au ministre Tréta pour attirer son attention. Ben Barka a aussi envoyé une lettre à Tréta depuis le 2 décembre 2014 pour demander au ministre de faire la commande de l’engrais avant le 1ertrimestre de l’année 2015. Mais, il ne l’a pas fait à temps. On voulait me faire taire comme quoi je suis un député de la majorité présidentielle. Il y a eu des propositions, mais je ne peux pas aller contre les intérêts des cotonculteurs, et je vais le dénoncer autant que je peux parce que le pays passe devant. Que l’on soit de la majorité ou de l’opposition, le souci de tous les députés doit être de doter les paysans d’engrais de qualité. Et même si c’est le Président du parti du ministre qui était à sa place, j’allais le dénoncer.

Mamadou Awa Gassama, député de l’URD élu à Yélimané

« Le combat que mène le Parena aujourd’hui est celui de tous les agriculteurs maliens »

Ce n’est plus un secret qu’il y a de l’engrais frelaté au Mali. J’ai à ma disposition la copie de la lettre d’avertissement que le ministre ivoirien de l’agriculture a envoyé à son homologue malien. La lettre m’a été envoyée par un de mes collègues de l’OCI (parlement islamique). Le Premier ministre, Modibo Kéïta est venu, par la suite, confirmer l’existence de ces engrais frelatés dans nos marchés. C’est dire que le débat n’est plus à ce niveau, car tous savent qu’il y a de l’engrais frelaté au Mali. Toute chose qui me fait dire que le combat que mène le Parena aujourd’hui est celui de tous les agriculteurs maliens. Certes, je reconnais ton mérite Bakary Togola même s’il faut aussi dire que tu n’as répondu à aucune des questions de Tiébilé Dramé.

Mme Tamboura Mah Kéïta, Présidente des femmes du Parena et membre de la Chambre d’agriculture de Koulikoro

« Cette affaire d’engrais frelatés n’est et ne doit être la seule affaire des agriculteurs. Elle doit aussi mobiliser tous les éleveurs »

Cette affaire d’engrais frelatés n’est et ne doit être la seule affaire des agriculteurs. Elle doit aussi mobiliser tous les éleveurs pour la simple raison que son utilisation nuit à la terre. Donc aux animaux qui consomment les herbes qui poussent sur ces terres. Je salue le Président du Parena pour son engagement et son dévouement à défendre l’intérêt des Maliens et de la Nation. Il m’a encore aujourd’hui renforcé ma confiance en lui dans cette mission qu’il s’est, lui-même, assignée.

Honorable Tiassé Coulibaly, député de Kati

« Il est indéniable que l’engrais ne respecte pas les normes, mais ce n’est pas non plus de l’engrais de mauvaise qualité»

Je remercie le Président du Parena d’avoir invité les paysans à échanger sur un sujet aussi important. Mais, il convient de faire la différence entre l’engrais hors norme et l’engrais frelaté. Il est indéniable que l’engrais ne respecte pas les normes, mais ce n’est pas non plus de l’engrais de mauvaise qualité. Au delà, je regrette que la parole ne soit pas suffisamment donnée aux paysans eux-mêmes. Et comme les laboratoires n’ont pas pu donner une réponse claire sur la qualité de l’engrais, je propose l’utilisation de l’engrais décrié par les paysans pour vérification.

source : Le Républicain

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