LES CONFIDENCES DE KOUDY : « Des femmes mariées font pire que se prostituer »

Aucun secteur n’est épargné par les mesures préventives prises ici et là contre la propagation du nouveau coronavirus, y compris la prostitution ! Oui, la prostitution bien sûr ! C’est un métier comme les autres non ? C’est de cela que notre apprenti écrivain essaye de nous convaincre. Avec les confessions de Koudy, il nous plonge dans l’univers du plus vieux métier du monde avec des « professionnelles » qui doivent rivaliser aujourd’hui avec des femmes mariées et des filles de « bonne famille ». Nous vous proposons ici la suite de la confidence de Koudy. Bonne lecture !


Allah bonin (que Dieu maudisse) celui par la faute de qui le monde est aujourd’hui sens dessus-dessous à cause du nouveau coronavirus ! La malédiction était d’une amie, une fille de joie comme moi. Nous sommes nombreuses à maudire le sort depuis que le gouvernement a imposé des mesures drastiques pour éviter la propagation du Covid-19.

Corona maudit soit tu ! A cause de toi, on ne peut plus faire de bises, plus de câlins plus d’embrassades et même pas se serrer les mains… Merde alors. Et tu as fait fuir tous nos clients confinés par crainte d’être eux-aussi contaminés « Ce serait quand même con d’attraper cette saleté au contact d’une prostituée », pensent nos clients….

En tout cas, nous sommes nombreuses à maudire ce coronavirus qui est venu semer la panique dans un métier où la concurrence est déjà rude. Aussi, il faut être de plus en plus astucieuse pour vivre de ce plus vieux métier du monde. Dans un premier temps, il a fallu rivaliser avec des étrangères, notamment les redoutables Sénégalaises, les Guinéennes, les Libériennes, les Sierra Léonaises…

Et pendant la crise postélectorale en Côte Ivoire, nous avons été submergées par les Ivoiriennes. Les Nigérianes faisaient un peu exception. Elles sont généralement victimes d’un réseau international de proxénétisme. On leur fait miroiter l’Eldorado en Europe, surtout en Italie et en Espagne, pour les amener au Mali devenu un pays de transit. Elles sont ainsi contraintes à la prostitution surtout dans les mines et les sites d’orpaillage pour financer un voyage de plus en plus improbable. Elles sont le plus à plaindre car leurs hôtes ne se contentent pas d’un passage au lit, ils en veulent plus, beaucoup plus, toujours d’avantage.

Et même celles qui ont le privilège de se retrouver en Europe ont la désagréable surprise de se voir condamner à l’enfer de la prostitution lorsqu’elles ont réussi à passer au travers de toutes sortes de maladies transmissibles sexuellement. Une prostitution bien pire que la nôtre puisque les sadiques profitent de notre couleur pour assouvir leurs besoins les plus démoniaques. Et l’Eldorado promis devient progressivement un mirage car condamnées à une exploitation sans fin et à laquelle peu d’entre elles survivent en parvenant à s’affranchir.

A part les Sénégalaises plus enclines à jouer les call-girls de luxe, toutes ces étrangères sont généralement prêtes à coucher avec n’importe qui, n’importe où et à n’importe quel prix pour souvent avoir juste de quoi vivre c’est à dire manger à leur faim. Quand nous, nous pensons à faire quelques économies pour les lendemains difficiles comme c’est le cas actuellement pour moi, nous devons aussi envoyer de l’argent à nos familles, tout comme la mienne, prise elle aussi dans l’engrenage de la violence du Mali ; d’autres cherchent juste de quoi manger pour au moins pouvoir tenir le temps d’une passe au lit.

Alors que de mon côté j’ai du temps libre puisque les visiteurs se font rares, je ne peux même pas rendre visite aux miens restés au bercail. Ils me manquent terriblement mais comment ferais-je pour leur expliquer que je n’ai rien pour eux, pas la moindre petite pièce pour les aider à surmonter les épreuves. D’ailleurs ils préfèrent ne pas savoir comment je gagne cet argent tant convoité. Pour eux je travaille comme aide-ménagère même s’ils se doutent de mes activités.

Mais à quoi bon rajouter du malheur sur un qui est déjà bien trop grand ? Alors durant mes rares visites, on ferme les yeux et l’on se tait sur ces choses immorales. Tant mieux car toutes n’ont pas cette chance. Beaucoup d’entre nous sont rejetées comme des pestiférées quand les leurs l’apprennent et là c’est le trou noir pour ces pauvres malheureuses qui n’auront plus que la cigarette, la drogue, les boissons alcoolisées comme refuge.

Nous croyions avoir tout vu dans ce métier. Mais, l’on ne s’attendait pas à la concurrence de nos sœurs Maliennes. Et là je vous avoue que c’est le pire de nos cauchemars. Cela a commencé par des étudiantes qui laissaient leur numéro de téléphone dans les bars et les Hôtels des Chinois au cas où… Et bien souvent, ce sont des filles pauvres et complexées qui envient les looks et le train de vie de leurs camarades issues de familles fortunées.

Elles vivent donc au-dessus des maigres moyens de leurs parents. Si tu ne tombes pas alors sur un mec généreux qui te traite comme sa Princesse, tu n’auras d’autre choix que de te vendre. Elles commencent d’abord par avoir plusieurs amants pour finir dans la prostitution classique.

Mais ces dernières années, avec la conjoncture financière comme prétexte, elles ont envahi les rues, les bars des hôtels… à la recherche de clients. Et cela va des adolescentes aux mères de famille. Je vous assure qu’aujourd’hui, les femmes mariées sont pires que les ados et les jeunes filles dans l’exercice de la prostitution. Elles sont redoutables car, contrairement à nous, elles peuvent choisir leur victime qui devra débourser beaucoup pour passer dans les bras d’expertes ou supposées l’être.

Avec le vécu, ces femmes savent comment s’y faire pour les attirer dans leurs filets et leur offrir le meilleur alors que nous, nous sommes contraintes de prendre le premier venu, impossible de faire la fine bouche si l’on veut survivre. Je ne vous raconte pas ce jour où une copine est tombée nez-à-nez avec sa tante mariée dans un bar… A Suivre

BOLMOUSS

Source: Le Combat
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