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Le Réflecteur : Les consommateurs “bouffés” par la cupidité des intermédiaires

Neuf petits citrons à 500 F CFA !  Une hallucination ? Non, une triste réalité que nous avons vécue il y a quelques jours. Des citrons qui ne contiennent presque pas de jus. Et ils risquent de nous coûter plus chers au mois de ramadan qui débute dans quelques jours.

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Une mangue à 250 F,  une orange ou une banane à 100 F… Voilà ce que nous vivons aujourd’hui à Bamako. Une capitale où la majorité de la population a de plus en plus du mal à manger à sa faim. Et faire bouillir la marmite est de nos jours une équation difficile pour de nombreuses ménagères. Partir au marché pour faire des emplettes étant devenu une hantise.

Malheureusement, les hommes ont toujours tendance à croire que leurs épouses sont dépensières et qu’elles gaspillent ou “coupent” sur l’argent de la popote pour leurs tontines et autres dépenses personnelles. Cette impression n’est pas dénuée de vérité. Mais…

Il faut essayer d’aller faire les courses un jour à la place de Madame. On verra bien si tu vas changer oui ou non d’avis.

Ainsi nous a défié une belle-sœur. A défaut de nous métamorphoser en “Nassan Moussa” (Moussa l’acheteur de condiments), nous l’avons accompagné au marché du quartier un week-end croyant la confondre.

Mais, c’est elle qui a réussi à nous convaincre que nos épouses, sœurs et mères sont de véritables mathématiciennes contraintes à résoudre des équations inimaginables pour faire bouillir la marmite. Un pied de persil vendu 100 F CFA ou presque… En un clin d’œil, nous avons dépensé 2000 F CFA alors que le panier était toujours vide à moitié.

Le kilogramme du sucre qui passe de 500 à 650 F CFA, le litre d’huile qui passe de 850 à 1000 F CFA, le kg de viande qui passe de 2000 F CFA à 2200 F CFA, celui de la pomme de terre qui se négocie entre 400 et 500 F CFA… Ne vous fatiguez pas à chercher 100 F de salade, de concombre ou de tomate parce que même si l’avez, vous ne serez que trop déçu. C’est… insignifiant.

Il n’y a pas que les Bamakois à se plaindre de la vie chère. Ainsi, Studio Tamani faisait cas dimanche 14 mai 2017 de l’augmentation du coût du panier de la ménagère à Sikasso. Certaines denrées comme les feuilles vertes, la carotte, l’aubergine, le gombo et le chou pommé ont atteint le double de leur prix à l’unité.

Cette hausse, selon les ménagères interrogées par la radio de proximité, s’explique par l’exportation massive de ces produits locaux vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Après le bétail, on vide maintenant les étals de nos marchés au profit des marchés extérieurs.

C’est le même calvaire pour les consommateurs de Ségou, Kayes, Mopti, Tinzawaten, Bambara-Maoudé, Abeïbara, Téméra, Tènè, Siby, Manincoura, Bancoumana, Woroni, Zégoua, Kadiolo, Lobougoula, San, Koury… Bref, le calvaire commun à la grande majorité des Maliens.

Aujourd’hui, on a même dépassé le stade de la cherté de la vie. Le commerce est organisé de sorte que de nombreux commerçants détaillants et vendeuses pensent visiblement qu’il faut sucer le sang des autres pour s’assurer une marge de manœuvre conséquente, donc faire fortune.

“Ce n’est pas la période de tel produit ou de tel fruit, nous les achetons chers avec les grossistes…” C’est toujours la même rengaine quand on les interpelle sur les prix exagérément élevés.

La réalité est que ces dernières années, l’abondance a peu d’incidence sur les prix dans les centres urbains. Ceux dont les revenus leur permettent encore le luxe de payer des fruits  (bananes, oranges, papayes, mandarines, ananas ou mangues) pourront en témoigner.

Ceux qui en profitent réellement, ce sont les intermédiaires et les grossistes qui achètent souvent à vils prix aux producteurs (maraîchers, planteurs, apiculteurs, éleveurs…) pour revendre à prix d’or aux consommateurs via les détaillants.

“Il faut être riches pour consommer des fruits à Bamako. Il faut souvent dépenser plus que le coût de la popote pour offrir une banane ou une orange à chaque membre de la famille”, nous disait récemment un enseignant croisé chez une vendeuse de fruits. Le pauvre voulait rendre visite à un ami malade et il ne voulait pas se présenter les mains vides.

Nous l’avons toujours dit et nous ne cesserons jamais de le défendre, au Mali, le circuit de commercialisation de nos produits agricoles est organisé pour faire la fortune des intermédiaires et des grossistes et la misère des producteurs et des consommateurs.

Face à une telle cupidité, il est du devoir de l’Etat de former et d’exhorter les producteurs à se mettre en coopérative pour éliminer les intermédiaires entre eux les consommateurs. Chaque quartier devra avoir ses boutique-témoins pour que les Maliens aient un accès direct aux produits locaux et à moindre coût.

Moussa Bolly

 

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