Kayes : L’OIM FORME LES AGENTS DE LA POLICE DES FRONTIÈRES

Avec 7.561 kiomètres de frontières internationales, la gestion des frontières représente un défi majeur pour le gouvernement.

Ecole nationale Police femme

Mesurant l’ampleur de ce sujet, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, à travers la direction générale de la Police (DGPN) et la direction de la Police des frontières (DPF), a organisé début août, un stage de formation sur la gestion des frontières du Mali grâce au soutien de l’OIM (Organisation internationale pour la migration).
Cette session qui a pris fin vendredi dernier, a regroupé 15 policiers de Kayes et 10 policiers de Diboli (un poste frontalier du Sénégal) à l’hôtel Kamankolé Palace de la «cité des rails». La formation a été assurée par Samba Sidibé, commissaire principal de police et chef de la division contrôle de la Police des frontières.
Il s’agissait pour l’encadrement d’échanger avec les stagiaires sur des concepts comme «Notion et typologie des frontières», «Définition du poste frontalier», «Les lois relatives à la gestion des frontières et de la migration au Mali», «Législations internationales relatives au traitement des étrangers», «Contrôle des personnes et des biens aux postes frontaliers», «Techniques d’examen du passager, de ses vêtements et de ses bagages». Les communications ont porté aussi sur d’autres notions comme «Introduction à la fraude documentaire : détection des faux documents», «les méthodes de contrôle», «les éléments de sécurité des documents» et «les sécurités passives». On retient également d’autres thèmes tels que «Traite des êtres humains (définition internationale de la traite des personnes)», «la Traite des êtres humains (différence entre traite et trafic)», «Traite des êtres humains (la législation malienne relative à la traite des personnes et pratiques assimilées)».
A l’ouverture de cet atelier, le commissaire principal Samba Sow de la direction de la Police des frontières a salué la coopération constructive entre l’OIM et le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, à travers la DGPN et la DPF. En mars dernier, l’Organisation internationale pour la migration, organisme des Nations unies chargé des migrations, a lancé deux projets de gestion des frontières «Renforcement de la sécurité et de la gestion des frontières au Mali» et «Renforcement des capacités de gestion intégrée des frontières entre la Guinée et le Mali», tous d’une durée de 12 mois.
Financés par le gouvernement nippon, via les ambassades du Japon au Mali et en Guinée, ces deux projets, dont l’un national et l’autre bilatéral entre le Mali et la Guinée, seront mis en œuvre grâce au partenariat entre le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le ministère de l’Administration territoriale, ainsi que le ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire. Chacun de ces deux projets est évalué à 1.573.000 dollars US, soit 920,2 millions Fcfa.
Leur objectif est de renforcer la sécurité et la gestion des frontières au Mali. Il faut souligner que le département de gestion de l’immigration et des frontières (IBM ou «Immigration and Border Management en anglais») de l’OIM-Mali contribue au renforcement des capacités de la police ainsi qu’aux efforts de stabilisation et d’amélioration des conditions de sécurité de la population malienne. Ces deux projets consolident les acquis obtenus grâce à d’autres initiatives régionales précédemment financées par le gouvernement japonais, par le biais de deux projets intitulés «Gestion coordonnée des frontières au Mali, au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso» et «Renforcement des capacités collectives de gestion des frontières entre la Mauritanie et le Mali».
Selon Lassana Diombana, chargé de projet de gestion des frontières à l’OIM, ces deux projets contribueront à l’amélioration de la gestion des frontières du Mali en prévoyant la construction de 3 postes frontières à Diboli, Zégoua (à la frontière avec la Côte d’Ivoire) et Kourémalé (à la frontière avec la Guinée). Ils incluent également l’installation du Système MIDAS (Système d’analyse des données et des formations migratoires) dans ces postes frontières, ainsi que de nombreux types de formations, telles que la formation des formateurs IBM et MIDAS, ou des formations IBM et MIDAS pour les agents de police.
Il est à noter qu’en plus de ces activités, deux exercices de simulation de crises aux frontières seront organisés avec les acteurs clés du gouvernement et les membres communautaires des zones cibles (Diboli et Zégoua). Ces exercices de simulation permettront de mettre en pratique le concept de gestion humanitaire des frontières (HBM ou «Humanitarian Border Management») dans le cadre du projet national de la gestion des frontières dans notre pays.
Il faut rappeler que le présent atelier fait suite au lancement du projet « Renforcement de la sécurité et de la gestion des frontières au Mali » qui a eu lieu à Bamako le 14 juillet dernier. Lassana Diombana a conclu que la mission de l’OIM est convaincue du fait que ces projets contribueront au développement du Mali dans le secteur sécuritaire et a remercié le gouvernement du Japon pour ses appuis constants aux pays, ainsi que le gouvernement du Mali pour ses partenariats amicaux.
A l’OIM, on estime qu’une gestion efficace des frontières représente un outil puissant dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et contribue au renforcement de la sécurité nationale et régionale. La sécurité est une condition primordiale pour le développement et la poursuite des efforts de stabilisation en cours au Sahel. Le développement sans la sécurité est impossible et la sécurité sans le développement est éphémère.

Bandé Moussa
SISSOKO
AMAP-Kayes

Source: essor

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