Justice transitionnelle : PAS SANS LES FEMMES

Sangare oumou bah ministre promotion femme enfant famille conference onu femmeUne attention particulière doit être accordée à la participation de la femme à ce processus en tant que catégorie ayant été victime et témoin des conflits et des violations de droits humains

La justice transitionnelle est au cœur de l’équation qui permettra à notre pays de trouver des solutions politiques, inclusives et durables aux nombreuses violations des droits humains perpétrées lors de la crise sécuritaire et institutionnelle que notre pays a connue. Les femmes étant les premières victimes de cette crise, il est nécessaire de prendre en compte les dimensions genre dans les actions de justice transitionnelle et de consolidation de la paix. C’est à ce souci que répond le colloque international sur la participation des femmes dans la justice transitionnelle qui s’est ouvert hier à l’hôtel Salam. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Sangaré Oumou Bah. Elle avait à ses cotés la directrice pays de l’Agence de coopération et de recherche pour le développement (ACORD), Mme Doukouré Mariétou Diaby, le représentant résident d’Onu-Femme, le Dr Maxim Houinato, l’ambassadeur de Suède au Mali, Mme Eva Emnéus et le président de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), Ousmane Oumarou Sidibé.

Organisé par l’Agence de coopération et de recherche pour le développement, en partenariat avec le ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, ce colloque a bénéficié de l’appui d’Onu-Femme grâce à un financement de la Suède.

Près d’une centaine de participants, représentant des organisations partenaires, des personnes ressources et experts en matière de justice transitionnelle et réconciliation prennent part à la rencontre. Pendant trois jours, les participants venus du Bénin, du Kenya, du Niger, du Rwanda, du Libéria, de Cote d’Ivoire, de France, du Sud Soudan, de Suisse et du Mali vont partager leurs expériences sur la problématique de la participation des femmes dans la justice transitionnelle. La session va formuler des recommandations concrètes sur les voies et moyens d’installer un processus efficace et inclusif de justice transitionnelle prenant en compte les préoccupations des femmes et des filles.

Pour ce qui concerne la situation de notre pays, nul doute qu’il y a urgence et les différents intervenants au cours de cette cérémonie d’ouverture étaient unanimes sur le fait que les femmes et les enfants sont les couches les plus affectées par la crise.

Pour le ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, jamais dans l’histoire du Mali les droits de l’homme en général et ceux des femmes en particulier n’ont été aussi vilipendés, au mépris de toutes les lois nationales et autres conventions sur les droits des femmes ratifiées. Aussi, comme l’établit un aperçu des besoins humanitaires publié par OCHA en 2015, 54% des populations déplacées lors de la crise étaient des femmes avec son corollaire d’abus et de violations.

Pour le représentant résident d’Onu-Femme, la participation des femmes maliennes au processus de paix, de recherche de la vérité, de la justice et de la réconciliation n’est pas une question de faveur ou de caprices de femmes liées à des revendications féministes, d’égalité entre sexe. Il s’agit, selon lui, d’une évidence, d’une question de principe, d’une réparation et d’une question de droits humains sacrés et consacrés qui devront être garantis et assurés. Promouvoir la participation des femmes dans les mécanismes de justice transitionnelle est une nécessité absolue si nous aspirons réellement à une paix durable au Mali, a insisté le Dr Maxim Houinato.

Au nom de l’ensemble des partenaires techniques et financiers, l’ambassadeur de Suède, Mme Eva Emnéus, a marqué sa détermination à soutenir toutes actions allant dans le sens de la participation des femmes à ce processus de justice transitionnelle.

Pour sa part, le président de la CVJR a indiqué que la problématique genre est au cœur de sa structure avec quatre femmes qui y siègent et la création d’une sous-commission genre sans compter que la plupart des chargés de missions à ce niveau sont des femmes.

Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille abordera ce colloque comme une occasion pour notre pays d’accorder une attention particulière à la participation de la femme dans ce processus en tant que catégorie ayant été victime et témoin des conflits et des violations de droits humains. Mieux, Mme Sangaré Oumou Bah entend mettre à profit ce colloque pour développer des stratégies globales de lutte contre les violences basées sur le genre, de garantie d’accès à la réparation et de non répétition des violations massives des droits des femmes.

La cérémonie d’ouverture a été agrémentée par des prestations de l’Ensemble instrumental qui a puisé dans son riche répertoire des titres ayant magnifié la gloire de la femme malienne pendant des millénaires.

L. ALMOULOUD

Source : L’ Essor

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