JUSTICE MALIENNE : Un grand corps malade

La justice malienne est malade dans son corps. La justice malienne est malade dans sa chair, et ses premiers fossoyeurs ne sont autres que ses principaux acteurs, tant au niveau du Parquet qu’au niveau de l’Administration judiciaire, le département de la justice en tête… C’est du moins ce qu’on perçoit d’entre les lignes du discours du Procureur général, Daniel A. Tessougué, à l’occasion de la clôture de la Cour d’Assises de Bamako. Un procureur général affligé par autant de tares qui gangrènent la justice malienne, et qui n’est pas du tout gêné de les dénoncer. Ssi seulement le fait de dénoncer pouvait changer quelque chose dans ce pays ?

Magistrats juges cour contitutionnel mali bamako aci 2000

Citations à comparaitre pour complément d’informations ou pour vice de procédure, laxisme coupable, incompétence et inconscience, sont entre autres maux que déplore Daniel A. Tessougué dans les dossiers d’instruction renvoyés devant la Cour d’Assises.

Toutes choses qui sont, d’après le Procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, aux antipodes de la fonction du juge et de juger. “Un dossier d’instruction doit être un  chef d’oeuvre”, dit-il dépité.

Ces manquements qui conduisent à bâcler le travail, et au travers desquels il est aisé de voir l’incompétence au l’inconscience, sont à la base du renvoi de plusieurs dossiers pour complément d’informations ou vice de procédure. Pour le PG, il y a lieu de trouver et très vite un moyen de combler ce manque de professionnalisme.

Pour ce qui est de l’Administration judiciaire, Daniel A. Tessougué s’offusque des lenteurs dans la mise en place des fonds alloués aux assises, et dont les coupables sont à chercher au niveau du département de la justice. “Il est malheureux de constater que ce sont à deux ou trois jours avant le début des sessions que leur financement soit fait…

Si on pense que ceux qui sont en charge de disposer de l’honneur, de la liberté, voire de la vie de leurs concitoyens, sont incapables de gérer correctement des ressources financières, autant les décharger de la responsabilité de juger”, souligne t-il.

Autant de griefs formulés par un fin connaisseur des rouages de l’institution judiciaire malienne qui confondent le Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mohamed Ali Bathily, ce triste Ministre à la fois bavard et populiste dans l’âme, qui a failli un moment saboter les fondements du régime IBK par autant d’actions irréfléchies visant à satisfaire son égo surdimensionné.

A t-il été rappelé à l’ordre ?

En tous cas on constate qu’il a mis un peu d’eau dans son vin ces temps-ci.

Pour combien de temps ?

Assane SY DOLO

Source: Soir de Bamako

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