Droits de l’homme et réconciliation : LES VICTIMES AU CENTRE DES PREOCCUPATIONS

La salle « Wa Kamissoko » du Centre international de conférence de Bamako (CICB) a abrité lundi et mardi, la 3èmeédition du  Symposium national sur les droits de l’homme. L’ouverture des travaux a été présidée par Boya Dembélé, le secrétaire général du ministère de la Justice, des Droits de l’homme. « Droits de l’homme et réconciliation au Mali : rôle et place des victimes » est le thème d’une session qui s’est tenue en prélude à la 19ème édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) qui se tient aujourd’hui.

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Organisé par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), en collaboration avec le Programme conjoint des Nations-unies d’appui à la Promotion des droits de l’homme (PDH), le symposium devait permettre aux institutions, organisations et associations de défense des droits de l’homme de méditer leurs actions en matière de droits humains, de concentrer leurs efforts sur la recherche des moyens, de combler les lacunes et de renforcer les acquis.

Ce rendez-vous annuel est d’une importance capitale pour l’effectivité et la finalité des actions des différentes structures en faveur des droits de l’homme, a indiqué la présidente de la CNDH, Me Kadidia Sangaré Coulibaly. Le symposium devrait permettre de bâtir un système de protection et de promotion nationale des droits de l’homme efficace et crédible dans notre pays, a-t-elle précisé. « Notre perspective passera nécessairement par une réforme du cadre légal, institutionnel et financier des droits humains pour que le statut actuel de la CNDH puisse évoluer. Nous devons garder à l’esprit que nous vivons un moment crucial de l’histoire de notre pays. Cela soulève des défis incommensurables en matière de droits de l’homme et pourra permettre à notre pays de régler définitivement les rébellions cycliques seyant aux parties septentrionales. Il est donc important que nous mettions les victimes des différentes crises au centre de nos préoccupations et que notre attention se porte plus particulièrement sur la situation des femmes victimes de violences sexuelles et d’autres violations graves des droits de l’homme lors de l’occupation du nord de notre pays », a préconisé Me Kadidia Sangaré Coulibaly.

Le symposium, a constaté de son côté Jean Luc Stalon, le directeur pays adjoint du Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD), est le témoignage et une preuve supplémentaire de l’engagement du Mali en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme. Ce rendez-vous annuel est l’une des nombreuses initiatives entreprises par les autorités nationales pour promouvoir les droits de l’homme, dont l’Espace d’interpellation démocratique. La 3ème édition du Symposium national des droits de l’homme, note le directeur pays adjoint du PNUD, offre l’occasion de mettre l’accent sur le processus de la justice transitionnelle, de la lutte contre l’impunité et de la réconciliation enclenché par les autorités avec l’appui de ses partenaires, afin de parvenir à une paix durable et le vivre ensemble.

Pour Jean Luc Stalon, le thème du séminaire est très révélateur dans la mesure où il devrait permettre d’examiner les principaux obstacles et les défis relatifs à l’effectivité des droits humains sous l’angle des mécanismes nationaux et d’identifier les opportunités d’action capables de promouvoir et de protéger les droits de l’homme.

Les droits humains ont parcouru un long chemin, a reconnu le secrétaire général du ministère de la Justice, des Droits de l’homme. Boya Dembélé s’est réjoui de l’organisation du symposium qui s’adresse aux victimes de la crise que notre pays a traversée. Rappelant que les 20 premiers articles de notre Constitution sont consacrés aux questions de droits de l’homme, Boya Dembélé voit là le témoignage de l’importance accordée à ces droits par notre pays. Le symposium contribuera, selon lui, à alerter les pouvoirs publics et à tirer la sonnette d’alarme.

Le Symposium national sur les droits de l’homme est organisé chaque année grâce au concours du PNUD à travers le PDH. L’organisation de débats sur des thèmes comme les violations des droits humains de 2012 à nos jours, la justice transitionnelle, les menaces de l’extrémisme religieux, l’implication des femmes dans le processus de réconciliation, le procès fictif sur les violences faites aux femmes, était au cœur de la session. Ces thèmes ont été développés par Madani Koumaré, Saloum D. Traoré (président du réseau des défenseurs des droits de l’homme), Thierno Hady Thiam (CNDH et leadership religieux), Me Amadou Tiéoulé Diarra (LJDH), Mme Djingarey Maïga (ONG femmes, droits humains), Abraham Bengaly (directeur de cabinet du Premier ministre), Aimé Ntumba Kakolo (MINUSMA), Mamadou Diakité (coordinateur PDH).

S. Y. WAGUE

SOURCE / ESSOR

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