Dernière session ordinaire de la Cour d’assises de Bamako : Moussa Konaté viole une fillette de 5 ans et prend 10 ans de réclusion criminelle

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C’est le verdict prononcé par la Cour lors de l’audience d’hier mardi 26 novembre. La Cour a reconnu coupable Moussa Konaté du crime de pédophilie commis le 19 mai 2012 à Sébénicoro. Il a été également condamné à payer une amende de 20 000 FCFA.

Comparu hier à la barre pour être jugé conformément à la loi, Moussa Konaté a nié en  bloc les faits qui lui sont reprochés. Il soutient n’avoir entretenu aucune relation sexuelle avec la fillette et ne connait pas cette dernière, ni la mère de la victime qui est venue témoigner. Or, devant le juge instructeur lors de son interrogatoire, Moussa Konaté avait reconnu les faits à lui reprochés. Il expliquait même que ce jour là, après avoir fini sa journée de travail et en rentrant chez lui, il trouva un groupe d’enfants en train de jouer dans la rue sur un tas de sable. C’est ainsi que son attention fut attirée par une fillette du nom d’Aminata Sanogo. Il l’invita à le rejoindre dans une maison en chantier. La petite sans hésitation s’est exécutée et l’a rejoint accompagnée par les autres enfants. Malgré la présence de la petite troupe, il décida d’aller au bout de son intention en commençant par la déshabiller. Sa victime n’opposant aucune résistance, il continua en se déshabillant lui-même. Il essaya d’introduire son doigt dans la partie génitale de l’enfant avant de tenter de la pénétrer sexuellement avec son pénis. C’est en pleine action qu’il a été surpris par la servante de la mère de la victime qui alerta le voisinage. Lequel le passa à tabac avant de le conduire au commissariat du 9ème Arrondissement de Sébénicoro.

Contrairement aux allégations de l’accusé, la mère de la victime, Wassa Traoré, a déclaré que lorsqu’elle a été informée par sa servante, partie à la recherche de la fillette, elle a accouru sur les lieux où elle a retrouvé l’accusé en train de refaire ses habits pendant que la fillette avait la culotte baissée. Elle a même ajouté que le soir des faits, sa fille se plaignait de douleurs lorsqu’elle voulait pisser et avait une très forte fièvre. Et lorsqu’elle a subi un examen médical, les résultats ont révélé une déchirure de l’hymen qui, selon les médecins, ne nécessitait pas de suture. Avant de souhaiter que Moussa Konaté soit châtié à la hauteur de son forfait.

Le ministère public, représenté par Mahamadou Bagayogo, lors de son réquisitoire, a demandé à la Cour de retenir l’accusé dans le lien de la prévention. Selon lui, il est temps qu’on arrête ce massacre c’est-à-dire les accusés qui reconnaissent les faits à l’enquête préliminaire et viennent les nier en bloc devant les assises. « Nous sommes en face d’un crime nouveau qui mine notre société. Nous avons en face de nous un prédateur et un accusé particulier. Devant le magistrat instructeur, il a reconnu les faits. Tous les éléments fournis dans les dossiers justifient l’acte blâmable qu’il a commis » a-t-il requis. Avant de solliciter la Cour de lui infliger la peine maximale.

La défense de l’accusé, qui était assurée par Me Niaré, lors de sa plaidoirie, a indiqué qu’il manque dans le dossier des éléments essentiels à savoir la confrontation entre l’accusé et l’aide-ménagère qui a dénoncé son client et le certificat médical.  « Il n’y a pas de preuve matérielle dans ce dossier. De ce fait, nous nous soumettons à la disponibilité de la Cour à déterminer la culpabilité de Moussa Konaté » a plaidé le conseil de l’accusé. Vu les documents qui manquent dans le dossier, Me Niaré s’est posé la question de savoir si réellement Moussa a commis l’acte ?

Au terme des débats, la Cour, qui était présidée par Moussa O. Diallo, a déclaré Moussa Konaté coupable des faits sans lui accorder le bénéfice des circonstances atténuantes. Car, selon elle, ces faits sont prévus et punis par l’article 228 du Code pénal. Au terme du texte susvisé, la pédophilie s’entend notamment comme « tout acte de pénétration sexuelle ou d’attouchement sexuel de quelque nature qu’il soit commis sur la personne d’un mineur de moins de 13 ans». Or dans ce dossier, la Cour a estimé qu’il est constant dans les pièces du dossiers que la petite Aminata a fait l’objet d’attouchement sexuel de la part de l’accusé Moussa Konaté, qu’ au demeurant celui-ci a reconnu à l’enquête préliminaire et qu’à la barre il a nié. La Cour l’a ainsi condamné à la peine de 10 ans de réclusion criminelle et à payer une amende de 20 000 FCFA.

Bandiougou DIABATE

 

SOURCE: L’Indépendant

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