Cour d’assises : après la condamnation d’Alou Mahamar, Moussa Ag Sidi compare aujourd’hui

Le présumé terroriste Moussa Ag Sidi Mohamed a comparu aujourd’hui devant la cour d’assises de Bamako. Son dossier a été renvoyé la semaine dernière pour irrégularité dans la composition de la Cour. Moussa Ag Sidi Mohamed est accusé «d’appartenir à un groupe de combat en relation avec une entreprise collective de terrorisme ».

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Au cours de la première session de la Cour d’Assises de Bamako de cette année, la justice malienne a condamné l’ancien chef de la police islamique de Gao Alou Mahamar à trois ans de prison ferme.

L’affaire de Moussa Ag Sidi Ag Mohamed a été reportée vendredi dernier pour irrégularité dans la composition de la Cour. La Cour était composée de 3 magistrats professionnels alors qu’il en faut 5 pour les dossiers de terrorisme. Conformément à la loi, elle doit être composée d’un président et de 4 conseillers.

Moussa Ag Sidi Mohamed est accusé d’appartenir à la Katiba Al Izba affiliée au groupe armé terroriste Ançar Dine d’Iyad Ag Ghaly. Il a été arrêté en avril 2015, au cours d’une opération menée par la force Barkhane au Nord-Est de la Commune de Boulkeissi. Le présumé terroriste était en possession d’une arme de guerre de type Kalachnikov AK47 et son chargeur garni de balles.

Au cours de la première session de la Cour d’Assises de Bamako de cette année, la justice devrait statuer sur le sort d’une soixantaine de rebelles dont une dizaine seulement étaient présents à la barre.

Parmi eux, Alou Mahamar qui a été condamné à trois ans de prison ferme. L’ancien chef de la police islamique de Gao était impliqué dans l’attaque en 2012 des camps militaires de Tessalit, de Kidal, d’Anefis, de Ménaka et d’Abeibara causant la mort de plusieurs militaires maliens.

Au cours de ces assises, plusieurs présumés terroristes sont jugés par contumace. Certains, comme Mohamed Aly Wadoussène, ont été libérés par le gouvernement dans le cadre des mesures de confiance demandées par l’accord pour la paix et la réconciliation. A Gao, la population regrette ces libérations et pense que « les charges retenues contre Alou Mahamar ne sont pas suffisantes ». Selon la directrice de l’ONG Greffa de Gao, le procès des rebelles et des terroristes a été mal engagé.
Mme Maïga Fatoumata Touré est au micro de Alhousseïni Abba Touré :

« Même par rapport à ce qu’on lui reproche, ce n’est pas suffisant. Mais qu’est-ce qui se passe avec lui ? Nous on a décrié, on a même déploré le fait que ce soit lui seul qui soit jugé. Quand on est dans des États qui n’ont aucun sérieux dans ceux qu’il font, on fait quoi ? Pourquoi même c’est lui qu’on juge et qu’on condamne alors qu’il y a des gens qui ont coupé des mains, qui ont coupé des pieds, qui ont violé des femmes, qui ont battu des hommes et des femmes, qu’on a pris et qu’on a libéré. Parce que parmi les jihadistes qui ont commis ces actes ignobles, il est le seul même à être maintenu en prison. Où sont partis les autres ? On les a libéré, parce qu’ils sont des touaregs et des arabes. Même avant son jugement, ceux qui ont été libérés ne devraient pas l’être. C’est à dire que le mauvais début a commencé avant lui. Parce que la pression a été tellement forte que l’État les a libérés. Nous on ne parle pas de lui, on parle de ceux avec qui il a commis ces actes là ».

 

Source: studiotamani

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