Justice transitionnelle : Un projet pour accompagner les communautés vulnérabiles

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique africaine et nationale de la justice transitionnelle, le consortium d’associations de la société civile dénommé «Complexe Infaplus et Association des victimes et migrants, Confiance», bénéficiaire d’une subvention de l’Institut de la gouvernance démocratique (IDEG) et Africa justice transitional legacy funds (ATJLF), a organisé samedi dernier une conférence-débat pour le lancement du projet «Promotion de la justice transitionnelle dans le contexte de la décentralisation». C’était à la Pyramide du souvenir sous la présidence du représentant du ministre de la Réconciliation nationale, Djibrila Maïga. C’était en présence du coordinateur dudit consortium, le professeur Inamoud Ibny Yattara.

 

Ce projet qui durera 12 mois est une réponse à l’appel de la communauté noire Kel tamasheq au Mali. Les leaders communautaires, notables, religieux, chercheurs, jeunes et femmes, étudiants, réfugiés, qui ont pris part à cette activité étaient venus témoigner leur état d’esprit. Celui de la coexistence communautaire, de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale à travers la promotion d’une justice transitionnelle au Mali.

Cette conférence-débat avait pour thème « profil de vulnérabilité de la communauté noire Kel tamasheq au Mali».
Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre rappellera que notre pays vit, depuis 2012, une crise multidimensionnelle et aigue.

Pour Djibrila Maïga, cette présente conférence-débat, qui marque le lancement du projet est une étape d’un processus d’appropriation de la justice transitionnelle qui vise à comprendre les obstacles à la coexistence pacifique et à la sécurité communautaire à travers l’étude d’un cas : l’état de vulnérabilité de la Communauté noire kel tamasheq au Mali.
Djibrila Maïga a aussi souligné que cette activité est une chance pour toutes les communautés sœurs et alliées à la quête de la quiétude, de la cohésion sociale et surtout de la sécurité pour contribuer au suivi de la mise en œuvre des résolutions et recommandations du Dialogue national inclusif (DNI).

Il a invité ces dernières à éviter l’indifférence, à accepter la diversité ethnoculturelle, à marquer leur solidarité et à cheminer vers l’inclusivité pour assurer le progrès social, économique et culturel au Mali. D’après lui, cette activité marque le début d’un cadre de dialogue entre leaders communautaires, notables, religieux, chercheurs, jeunes et femmes de communauté pour initier, à l’échelle communautaire et décentralisée, une véritable approche éducative d’une justice qui réponde à leurs attentes.

Le chef de cabinet du ministre de la Réconciliation nationale s’est réjoui que ce projet soit avant tout une opportunité inouïe qu’offre l’Accord pour la paix et la réconciliation et le DNI. Mais également une occasion pour le Mali d’impulser un changement et des innovations dans les approches de solutions à l’insécurité communautaire et pour réduire les menaces à la paix par la prise en compte de la problématique de la diversité ethnoculturelle, de l’inclusivité des groupes communautaires vulnérables et de contribuer au rétablissement d’un État de droit.

Pour sa part, le coordinateur du consortium dira que les communautés ont des préoccupations et il faut des mécanismes politiques pour pouvoir y répondre.
Le Pr Inamoud Ibny Yattara a indiqué que c’est pour cela qu’ils estiment que la justice transitionnelle, un élément sur lequel la vérité est un pilier important ainsi que la réconciliation et la réparation, va permettre aux communautés d’être ensemble. Aussi, il est convaincu que la justice transitionnelle peut être une réponse aux différentes préoccupations, compte tenu de l’insécurité que traverse notre pays. Par ailleurs, le coordinateur du consortium a fait savoir que le projet comprend sept conférences d’informations. En plus, ils auront dans le cadre de ce projet, des dialogues à mener entre les communautés ethniques, plus particulièrement la communauté noire kel tamasheq qui est la première cible.
Au cours de la cérémonie, un document de 400 pages a été présenté. Il s’agit d’une synthèse de tous les éléments relatifs aux difficultés et à la vulnérabilité de la communauté noire Kel tamasheq.

Souleymane SIDIBÉ

Source : L’ESSOR

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