Journée de l’enfant africain : SEGOU SE MOBILISE CONTRE LE MARIAGE PRECOCE

La Place de l’indépendance de la Cité des balanzans a renoué avec son animation des grands jours, ce 16 juin à la faveur de la commémoration de la Journée de l’enfant africain. La cérémonie était présidée par le conseiller aux affaires administratives du gouverneur de Ségou, Abdoulaye Aboucar Touré, qui avait à ses côtés des personnalités régionales et locales, au nombre desquelles 4 maires de communes rurales. Le thème de la journée était : « 25 ans après l’adoption de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant : accélérons les efforts collectifs pour mettre fin aux mariages des enfants en Afrique ».

viol fille tabasse
Pour le président du Parlement régional des enfants, Cheick Oumar Coulibaly, le thème de cette 25è édition de la Journée de l’enfant africain colle aux préoccupations des enfants. Il a invité les parents à mettre fin à la pratique du mariage précoce qui empêche bon nombre d’enfants de jouir pleinement des joies de l’enfance.
Malgré tous les efforts de sensibilisation, le chemin à parcourir reste très important car dans la région de Ségou, le mariage des enfants est une réalité préoccupante, renforcée par les pesanteurs socio-culturelles. Cette opinion est fortement partagée par la directrice régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Tall Fatoumata Wagué. Elle a estimé que l’ampleur du phénomène ne prête guère à équivoque même s’il s’avère difficile de dégager des statistiques fiables sur le sujet pour la région de Ségou.
La journée a pu être célébrée avec éclat grâce à l’implication financière, matérielle et morale de la fondation espagnole EDUCO qui intervient depuis 2002 dans 54 écoles fondamentales publiques de six communes du cercle de Ségou. La directrice nationale de cette ONG, Mme Gwenaëlle De Jacquelot, a préconisé que cette célébration soit pour chacun l’occasion de réitérer les engagements pris vis-à-vis des enfants de les préparer à une vie épanouie. Cette journée est dédiée aux filles car ce sont elles les victimes, dira-t-elle en exhortant à plus de sensibilisation et de programmes et projets en faveur des enfants pour qu’ils puissent mener une vie normale d’enfant, c’est-à-dire aller à l’école, s’y maintenir et bénéficier d’un enseignement de qualité, sans oublier les autres droits. « EDUCO s’engage officiellement et solennellement à vous accompagner dans l’accomplissement des droits des enfants », a-t-elle promis.
Le représentant du gouverneur, Abdoulaye Touré, a invité tous les partenaires à redoubler d’efforts pour éviter que l’enfance de ces fragiles êtres soit volée et violée par le mariage précoce qui tue leurs ambitions et leurs rêves.
Les organisateurs ont profité de l’occasion pour primer six élèves des 4è, 5è et 6è années des écoles partenaires d’EDUCO. Les trois premiers élèves ont obtenu chacun un vélo et un kit scolaire complet dont un dictionnaire. Les trois autres ont reçu chacun un kit scolaire complet. Porte-parole des récipiendaires, l’élève Jean-Claude Dembélé de la 5è année de Pélengana, a exhorté ses camarades à étudier avec courage pour faire plaisir aux parents mais aussi jouir des avantages du savoir. Auparavant, la troupe scolaire des écoles partenaires d’EDUCO de la commune urbaine de Ségou et celle de la commune rurale de Pélengana ont gratifié le public de sketches (poèmes et chorégraphie) illustrant les atteintes aux droits des enfants et leurs inconvénients.
A. O. DOLO
AMAP-Ségou

source : L’Essor

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