Insécurité et instabilité généralisées

– L’assassinat, le 22 avril 2015, du chef de village de Dogo ( Youwarou) est la dérnière en date d’une longue, macabre et sanglante série qui est en train de mettre le feu à plusieurs régions maliennes.

Depuis décembre 2014 et plus particulièrement depuis le 1er janvier 2015, pendant que les réunions se poursuivaient à Alger, la situation sécuritaire se dégradait de manière alarmante.

Aux attentats suicides, aux mines anti-personnel, aux tirs de roquettes et d’obus sur Gao et Kidal, se sont ajoutées des attaques contre l’armée et les symboles de la puissance publique (assassinats d’élus locaux, bâtiments publics saccagés et drapeau national incendié), des exécutions sommaires sur les routes (notamment dans la région de Tombouctou entre Niafunké, Goundam, Eschell, Tonka, Tintelout et Tombouctou). Au cours du seul premier trimestre 2015, une trentaine de véhicules ont été enlevés entre Goundam et Tombouctou. Les occupants molestés, dépouillés de leurs biens et abandonnés en brousse s’ils ne sont pas tués.

Les assassinats de civils maliens travaillant avec la MINUSMA et les organisations humanitaires se sont multipliés ces dernières semaines.

L’insécurité ne concerne plus que le Nord. Elle s’est propagée aux régions de Mopti et de Ségou ( cf les attaques contre l’armée à Nampala, Tenenkou, Boni, Diafarabé et même Diabali en zone Office du Niger).

Bamako, la capitale n’est plus épargnée ( cf l’attentat contre le général Mohamed O/ Meïdou en  janvier et contre un restaurant fréquenté par des expatriés en mars).

ANNEXE 2

Les acteurs et les détenteurs d’enjeux au Nord:

I- Ceux qui participent au processus d’Alger

1- Les groupes de la Plateforme (pro-Mali) :

Ils ne remettent pas en cause l’intégrité du territoire et l’unité nationale.

– a) Le Mouvement arabe de l’Azawad ( MAA-originel): dirigé par le Professeur Ahmed Ould Sidi Mohamed.  Ce groupe tient à la création de la région de Taoudenit promise par le président Amadou Toumani Touré.

– b) Le Groupe d’autodéfense Touareg Imrad et alliés (GATIA) : crée au lendemain de la défaite militaire de Kidal (mai 2014), par des membres de la tribu des Imrad (la plus nombreuse de toutes les tribus touareg). Dirigé par Azaz Ag Lou Dag Dag et Fahad Ag Almahmoud.

– c) La Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR1). Leader : Me Harouna Touréh. C’est le regroupement originel des groupes d’auto-défense des sédentaires.  Une scission connue sous le nom de CMFPR2, dirigée par Ibrahim Kantao et le Pr Younoussa Touré, est membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

2- Les groupes de la Coordination  :

Depuis l’Accord du 18 juin 2013 signé à Ouagadougou, ils ont renoncé à l’indépendance. Ils insistent, à la faveur de l’affaiblissement du Mali notamment après la défaite militaire de mai 2014, sur l’autonomie des régions de Kidal, Gao et Tombouctou et d’une partie de la région de Mopti, un ensemble qu’ils appellent « Azawad ».

Ces groupes sont :

– a) Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Leader : Bilal Ag Chérif.

– b) Le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), crée, au lendemain de l’opération Serval, par des membres de la tribu aristocratique des Ifoghas sommés de prendre leurs distances d’avec le groupe djihadiste Ansardine. Leader : Algabass Ag Intalla, frère cadet du nouvel Aménokal (chef) des Ifoghas, Mohamed Ag Intalla.

– c) Le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) : né d’une dissidence du MAA originel. Il est dirigé Brahim Ould Sidati.

II- Ceux qui sont hors du processus d’Alger et de toute négociation

1- Le groupe des Almourabitounes : dirigé par l’Algérien Moktar Belmoktar considéré par certains comme le « Ben Laden du Sahel ».  Les attentats kamikazes, les attaques spectaculaires contre les casernes (Mali, Niger, MINUSMA) sont la marque de fabrique de ce groupe qui utilise militants maliens et étrangers,

2- La Sariat El Ansar : la seule phalange d’AQMI dirigée par un Touareg malien. Ce dernier Hamada Ag Mama alias Abdelkrim le Targui est un membre de la tribu des Ifoghas. Les assassinats ciblés, les attaques contre les occidentaux, le business des otages sont les spécialités de ce groupe… malien.

3- Le MUJAO : (mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Pendant l’occupation djihadiste, ce groupe avait beaucoup recruté parmi les peuls et les sonrhaïs de la région de Gao et de Douentza.  Affaibli par l’opération Serval, ses chefs étrangers ayant disparu, le groupe est devenu une nébuleuse active dans les secteurs de Gao, Ansongo et Ménaka. Les rescapés du MUJAO sont regroupés dans la forêt dite de la Girafe notamment dans le triangle Ansongo-Ménaka-frontière du Niger. Ils seraient nombreux et bien équipés. Ils opèrent en motos. Ils seraient à l’origine des attaques contre les localités nigériennes en 2014.

4- l’Imam Hamadoun Diallo dit Hamadoun Koufa : il était connu dans tout le delta du fleuve Niger pour ses prêches virulents. Il aurait participé aux combats contre l’armée malienne à Konna (janvier 2013). Il est réapparu en janvier 2015. Les attaques contre Nampala, région de Ségou (12 militaires tués en janvier), contre Tenenkou (trois militaires tués en janvier), Dioura (incendie de la mairie), Diafarabé (un agent des Eaux et Forêts assassiné, le drapeau national incendié en avril) portent la signature de fidèles de cet imam qui dit-on voudrait restaurer l’État théocratique du Macina à travers un Front de libération du Macina. Il aurait des liens avec Iyad Ag Ghaly.

5- Iyad Ag Ghaly : Ifoghas, chef historique des rébellions touarègues. Il est aussi la pièce centrale de la galaxie islamiste au Mali. Fondateur d’Ansardine, en relation étroite avec AQMI, notamment la branche malienne de son cousin Abdelkrim le Targui, il semble être le référent de l’Imam Hamadoun Kouffa Diallo qui met le feu au delta central. Ses lieutenants sont très actifs dans toute la zone de l’Adrar des Ifoghas…/…

 

Position du Collectif Mali té tila

On veut que nous restions assis ou pire couchés, vivant de dons, d’aumône et d’assistance sous-tutelle, moyens sûrs de l’impérialisme et de la mondialisation pour bloquer l’évolution, asservir et  exploiter. Notre réponse est claire et nette : C’est non, non et non.

Le Collectif Mali té tila n’est pas un collectif d’oppotunistes, il ne fait pas partie de ceux qui font l’éloge de cet accord d’Alger 2015, qui est mauvais en tous ses aspects, qui est un accord de trahison nationale.

Meurtris et indignés face à la situation injuste qui perdure dans notre patrie, le Collectif Mali té tila a été crée depuis la mi-juillet 2014 par des jeunes, des femmes et des hommes appartenant ou non à des organisations diverses qui ont ressenti impérieusement, tentent avec patience et détermination de faire en sorte que tous les Maliens se mobilisent dans un sursaut national pour :

ü          Rétablir l’Intégrité territoriale du Mali  et exercer sa souveraineté sur toute l’étendue de son territoire national

ü          Lutter contre toutes formes de projet de partition, de démantèlement ou de scission du Mali

De ce fait,  le Collectif Mali té tila n’est aucunement une aubaine pour des escrocs. C’est sur des principes sains que le Collectif Mali té tila fonctionne et parvient a financé toutes ses activités sans aucun fond publiques.

Il est important de vous rappeler que le Collectif Mali té tila a été indignés face aux négociations humiliantes d’Alger entre le Mali et ses ennemis.

C’est pourquoi, nous avons initié plusieurs rencontres patriotique à Bamako qui avaient pour but de fédérer les forces patriotiques pour un Mali totalement libéré, fort, démocratique, indépendant et souverain.

Plusieurs forces patriotiques du Mali y ont toujours pris part. Nous avons échangé nos points de vue sur les différents documents issus des pourparlers d’Alger. A chaque étape, nous parvenons à la conclusion de rejeter en bloc ces documents qui bafouent l’honneur, la grandeur et la dignité du Mali et des Maliens.

Du 25 octobre au 11 novembre 2014, nous avons dénoncé également la volonté du gouvernement du  Mali d’exclure les Maliens du débat crucial qui décide de leur sort en ne situant la campagne d’information de sensibilisation et les explications qu’après la signature de l’Accord. Mais, grâce à la vigilance et à la mobilisation des organisations, dont Le Collectif Mali té tila en tête, le document primitivement qualifié de ‘’confidentiel’’ par le gouvernement est devenu brusquement, le 12 novembre, un document à soumettre à un débat bâclé en toute vitesse entre le 13 et le 18 novembre 2014 dans toutes les régions, sauf Kidal.

Comme proposition de solution, le Collectif Mali té tila a toujours proposé que le Mali doit se préparer à se battre sur tous les plans et sous toutes les formes afin de faire respecter rigoureusement son intégrité territoriale acquise depuis le 22 septembre 1960, ainsi que sa souveraineté, son honneur et sa dignité qui ne sont pas a négocier.

C’est pourquoi, le Collectif Mali té tila a toujours mis en garde tous ceux qui travaillent de près ou de loin pour faire vivre le Mali dans la situation déshonorante qui est la sienne aujourd’hui et réaffirme sa volonté de continuer à lutter contre toute négociation avec les ennemis du Mali.

En conséquence, le Collectif Mali té tila a décidé d’organiser des manifestations pacifiques depuis 18 Novembre 2014.

L’Objet de ces activités est de :

– témoigner notre engagement patriotique pour l’indivisibilité de notre patrie, le Mali.

– clamer haut et fort, notre engagement patriotique à lutter fermement pour faire respecter l’integrite territoriale du Mali, l’unité nationale du peuple sur le sol malien, notre drapeau, notre hymne national et notre devise : un Peuple, un But, une Foi !

C’est à la suite de ces activtés que plusieurs membres du Collectif Mali té tila et d’autres organisations, soit 10 personnes, ont été arretées pour avoir à dire non à ce document raciste, injurieux, ethnocentriste, humiliant, de partition du Mali, de démantèlement de notre nation, dont tout patriote malien et tout  ami sincère du Mali a le devoir de le combattre.

Le Collectif Mali té tila réaffirme sa conviction dans la justesse de sa position qui consiste à defendre sans démagogie la dignite du peuple du Mali !

Le Collectif Mali té tila fait appel à tous les patriotes sincères pour réaliser un front commun de lutte pour un Mali totalement libéré, fort, démocratique, indépendant et souverain.

Vive le Mali, Un et indivisible !

Vive le Mali Indépendant et Souverain

Fait à Bamako,

le 13 Avril 2015

Pour le Collectif P/O

Le porte parole, Ibrahima KEBE

[email protected]

source : Le Témoin

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