Histoire du MALI: Fatimata Kouyaté rectifie le ministre Thierno Diallo sur le Mandé

Se connaître est incontestablement la meilleure des connaissances, la plus bénéfique des sciences. Intellectuelle engagée, dynamique entrepreneur culturelle et figure emblématique de la promotion du tourisme et de l’artisanat au Mali, Mme Cissé Fatimata Kouyaté ne reste pas moins une griotte attachée à ses racines, donc une mémoire de la société malienne. C’est ainsi que le week-end dernier, elle a rectifié sur les réseaux sociaux une déclaration erronée du ministre des Affaires religieuses et du Culte, M. Thierno Amadou Omar Hass Diallo.

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«Monsieur le ministre des Affaires religieuses et du culte soyez Chef de département, ne devenez pas parolier» ! C’est le conseil que Mme Cissé Fatimata Kouyaté, promotrice de l’Agence de Voyage Timbuctours/ECM, donne au jeune ministre Thierno Amadou Omar Hass Diallo.

Dans le J.T (Journal télévisé) du 29 octobre 2016 sur l’ORTM (20h), on a vu le ministre des Affaires religieuses et du Culte présider une cérémonie de remise  d’exemplaires du saint Coran aux populations de Kangaba (région de Koulikoro).

Sûr de sa connaissance de l’histoire du Mandé, M. Diallo avait cru bon de rappeler que «Soundiata a dit aux agriculteurs, aux pêcheurs et aux commerçants de faire leur travail et que lui Soundiata a pris le pouvoir».

Une version erronée si nous nous en tenons à celles racontées par des historiens et surtout des griots du Mandé dont Cissé Fatimata Kouyaté est l’une des fières descendantes.

«De ce que je connais de l’histoire du Mali, après la rencontre autour de la Charte du Mandé à Kouroukanfouga qui a réuni les Ton-tigui (chefs guerriers), les Ton-tan (les hommes de castes et les marabouts), Soundiata s’inquiétait justement du sort des hommes de caste qui, en contrepartie de leur rôle dans la communauté, était à sa charge. L’empereur qu’il était, leur avait donné une place importante et était leur protecteur et bienfaiteur. C’est pourquoi, à sa mort l’oraison funèbre de ces hommes de caste fut : Que ceux qui peuvent cultiver aillent au champ, ceux qui peuvent pêcher aillent au fleuve et que ceux qui peuvent faire du commerce le fassent car Sogolon Diata n’est plus», a rectifié sur sa page Facebook Fatimata Kouyaté Cissé, Promotrice de Timbuctours/ECM et présidente de l’Association malienne des agences de voyages et de tourisme (AMAVT).

«Par les temps qui courent, essayons de rétablir certaines vérités. Procédons par information et par recoupement car le Mali regorge d’hommes et de femmes au fait de plusieurs connaissances. Nous avons surtout besoin de nous enrichir de ce qui fait notre différence. Le Mali berceau, de 3 empires, peut en conter à plus d’un», a précisé l’héritière des Kouyaté.

Réputée comme une amazone engagée, Mme Cissé est la directrice de l’Agence Timbuctours et de publication du Magazine Abedi. Titulaire d’une Maîtrise en «Economie du Tourisme et catering» à l’Académie des Sciences Economiques de Bucarest (Roumanie), elle est la fondatrice de l’Agence de voyage et de tourisme «Timbuctours», en souvenir de la «Mystérieuse» Cité des «333 Saints».

L’expérience acquise lors de son passage à la Société Malienne d’Exploitation des Ressources Touristiques (SMERT), où elle fut chef d’Agence, l’a beaucoup aidée dans la création et le rayonnement de son agence qui est aujourd’hui l’une des plus prestigieuses du pays voire du continent.

C’est dire que Fatimata est de nos jours une référence parce que, Chevalier de l’Ordre national du Mérite, cette femme leader ne cesse de prouver qu’il n’existe pas «d’obstacles infranchissables pour atteindre ses objectifs». Et elle vient aussi de le prouver qu’on peut être cadre et réussir dans sa vie socioprofessionnelle sans se renier.

Pour cette Nyeleni de l’émancipation et de l’autonomisation de la Malienne, le seul secret pour réussir réside en «le courage et la persévérance».

Selon l’Unesco, qui l’a inscrite en 2009 sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité la Charte du Manden est la constitution primitive de l’empire du Mali adoptée à Kouroukanfouga en 1236, au lendemain de la victoire de Soundiata Kéita sur le roi Soumangourou (ou Soumahoro) Kanté.

Il s’agit en tout cas de l’une des plus anciennes constitutions au monde même si elle n’a longtemps existé que sous sa forme orale. La charte se compose d’un préambule et de sept chapitres prônant notamment la paix sociale dans la diversité, l’inviolabilité de la personne humaine, l’éducation, l’intégrité de la patrie, la sécurité alimentaire, l’abolition de l’esclavage par razzia, la liberté d’expression et d’entreprise.

Si l’Empire du Mali a disparu, les paroles de la Charte et les rites associés continuent d’être transmis oralement, de père en fils, et de manière codifiée au sein du clan des Mandekaw. Et pour que la tradition ne se perde jamais, des cérémonies commémoratives annuelles de l’assemblée historique sont organisées au village de Kangaba, aujourd’hui un chef-lieu de cercle contigu à la vaste clairière Kouroukanfouga, près de la frontière de la Guinée.

La Charte du Manden représente aujourd’hui encore le socle des valeurs et de l’identité des populations concernées. Et comme le dit Mme Cissé, «l’histoire du Mali est riche et valeureuse».

Mais, chacun a son rôle dans notre société et doit l’assumer pleinement pour que le passé puisse continuer à nourrir le présent afin de favoriser l’avènement d’un futur encore plus glorieux !

 

Moussa Bolly

 

 

Le Matin

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