Grève des magistrats : LES DEMANDEURS D’EMPLOIS, VICTIMES COLLATERALES

Après 20 jours de grève, le service dans la justice reste paralysé. En cette période où beaucoup de concours se préparent, les jeunes sont de potentielles victimes car certaines pièces leur permettant d’y participer sont délivrées par les tribunaux.

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Concours de la gendarmerie, de la Garde nationale, des Armées de l’air et de terre, voilà quelques unes des opportunités que beaucoup de jeunes aimeraient saisir mais qu’ils vont rater à cause de certaines pièces manquantes de leurs dossiers. Cela, en raison de la grève des magistrats qui observent un arrêt illimité des activités suite à la non satisfaction de leurs doléances.
De la Cour d’appel de Bamako, en passant par les Tribunaux de la commune VI, V et III, au passage de notre équipe de reportage, on pouvait constater une absence totale de mouvements : les salles d’audiences verrouillées, pas de juges, ni d’avocats, ni de clients. Cependant, le service de sécurité est assuré par des gardes. Aucune permanence, selon un garde rencontré sur place. Au tribunal, près la Cour d’appel de la commune V, un jeune familier des lieux nous apprend que la grève continue et que les casiers judiciaires, certificats de nationalité et autres pièces sont établies mais pas signées jusqu’à la fin de la grève.
Devant la porte, une dizaine de jeunes assis, les mines serrées, attendent apparemment quelque chose, probablement des certificats de nationalité ou des casiers judiciaires. L’un d’eux eux a confié que cela fait plus de deux semaines qu’il est à la recherche d’un certificat de nationalité pour postuler à un recrutement par une ONG dont le délai serait le mercredi prochain. Il voit déjà s’éloigner cette opportunité, si la grève ne finit pas demain. Même situation pour plusieurs d’entre eux qui veulent participer à des tests et concours à la gendarmerie et à la Garde nationale.
A l’entrée du tribunal de la commune III de Bamako, un jeune, venu chercher l’indispensable casier judiciaire pour participer à un concours, déplore la situation qu’il trouve inconcevable. « Je suis là tous les jours. Chaque fois que je suis venu, les gardes me font savoir que la grève n’est pas finie. Et que tant qu’il y a grève, aucun papier ne peut être signé ni délivré », déplore  Amadou Traoré.
La grève est également ressentie dans les prisons. Pas de jugement et les gardes-à-vue prolongées. En entendant une solution, cette grève, selon Allaye Coulibaly, a déjà fait des dégâts et des victimes dont la plupart sont les jeunes à la recherche d’emplois.
Ce mouvement de grève a débuté le 09 janvier et devait prendre fin le 17 janvier. Il s’est poursuivi sur toute l’étendue du territoire national, suite à l’échec des négociations avec le gouvernement. Plusieurs partis et des leaders religieux ont rencontré les grévistes dans le but de trouver une solution mais les magistrats restent campés sur leur position, afin d’obtenir satisfaction à leurs revendications.
Anne-Marie KEITA

 

Source: essor

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