Gouvernance : Que reste-t-il du Mali ?

l en reste beaucoup ! Il en reste les terroristes du nord vivant dans les paradis du trafic d’or, de drogues et d’organes humains. Il en reste l’Azawad, muni d’un drapeau sapé par un accord de paix qui chante une absurde unité nationale.

 

Il en reste les djihadistes du centre, fermant les écoles, enlevant hommes politiques et enseignants, dictant et appliquant la charia avec la bénédiction du fouet, du fusil et de l’épée. Il en reste des villages brûlés, des femmes éventrées, des enfants égorgés, des hommes abattus comme des chiens, du cannibalisme ambiant, de l’ethnocentrisme exacerbé. Il en reste des camps militaires entiers qui sont liquidés, des militaires sans armes qui meurent, laissant derrière eux femmes et enfants, des vieux avions qui crachent, des routes minées qui font sauter les cars de transport avec les pauvres citoyens qui meurent sans savoir ni pourquoi ni comment.

Il en reste des camps de réfugiés qui partent en fumée, des enseignants qui se font couper le salaire pour avoir réclamé leur droit.

Ah oui, il en reste aussi des milliards débloqués pour lutter contre le Covid-19, des milliards dont personne ne sait la destination car, les hôpitaux attendent de l’aide et se débrouillent avec les dons des particuliers. Il en reste des voleurs qui se font élire à l’Assemblée nationale pour échapper à la prison. Il en reste aussi des policiers bien formés au combat qui, au lieu de sécuriser les citoyens, les battent jusqu’à la mort.

Il en reste surtout le couvre-feu de l’état d’urgence du fameux confinement du fameux Covid-19 qui a promis au gouvernement de n’infecter les citoyens qu’à partir de 21 heures. Il en reste les rassemblements interdits avec des mosquées ouvertes dans lesquelles les gens prient collés les uns contre les autres, toussotant et éternuant avec aisance.

Il en reste une parfaite démocratie dans laquelle le chef de file de l’opposition disparaît pendant 40 jours sans que le peuple n’ait aucune nouvelle de lui.

Ah n’oublions pas ! Il en reste un brave peuple qui ne dit rien de la fermeture des écoles depuis des mois, mais qui vandalise les biens publics pour élire par affinité des députés ayant volé des milliards.

Vous voulez savoir ce qui reste du Mali ? Voilà ce qu’il en reste et voilà pourquoi je me suis rué dans le silence depuis des mois.

Daouda Diarra

Le Démocrate

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