FLANC DE LA COLLINE LONGEANT LES QUARTIERS LAFIABOUGOU, SIBIRIBOUGOU, SEBENICORO : L’Usine de la société « Bara Muso » parmi les constructions illégales

Le Mali fonctionne comme une jungle en ce qui concerne le foncier avec ce foisonnement de faux titres fonciers, de titres d’occupation des emprises des rails et autres, en plus des constructions illégales. Le flanc de la colline logeant les quartiers Lafiabougou, Siribougou, Sebenicoro n’a pas échappé à ce problème. L’espace classé emprise pour le passage des lignes hautes tensions a été occupé illégalement. Mais d’autant plus grave lorsque l’on voit des industries s’implanter illégalement dans ces conditions car, parmi ces concessions « non autorisées », on retrouve l’usine de la société « Bara Muso ».

Cette affaire de constructions illicites sur le flanc de la colline longeant les quartiers Lafiabougou, Siribougou, Sebenicoro est arrivée à son comble. La mairie de la commune IV, même si elle n’a pas pu les empêcher, malgré les efforts qu’elle a déployés, se plaint toujours de ces constructions illégales.

 

La question du foncier a d’ailleurs secoué la commune IV ces deux dernières années, depuis le jeune maire, Assane Sidibé, chargé de cette question au niveau de ladite commune a déclaré une croisade contre les spéculateurs fonciers qui n’ont pas hésité, avec des complicités au sein de l’administration publique, de vendre des terrains dans des zones classées emprises par l’Etat.

C’est le cas d’une large bande devant servir de voie ferrée pour le chemin de fer Bamako-Conakry, projet initié depuis le temps du président Modibo Keïta et remis au goût du jour il y a seulement deux ans par les présidents Alpha Condé et Ibrahim Boubacar Keïta.

Mais ce qui est grave, l’espace réservé à l’aménagement de la voie ferrée a été morcelé et vendu par les spéculateurs fonciers, tout comme l’espace se trouvant à 10 mètres de part et d’autre des lignes de haute tension électrique. Mais il faut voir comment les gens sont venus construire des maisons jusque sous les lignes de haute tension, comme si personne, dans ce pays, ne se souciait d’un pareil danger.

Les autorités accusent les habitants de s’être installés sans autorisation. Alors que les occupants du site de Lafiabougou longeant la colline crient haut et fort qu’ils ont des papiers légaux dont l’autorisation de s’y installer. Cela est le cas de la société Aminata Konaté qui a installé sur ledit site son usine de fabrication de ses produits « Bara Muso ».

En effet, lors sa visite le mardi dernier, le ministre de l’Urbanisme et de l’habitat a expliqué aux populations les conséquences de l’occupation illicite des espaces. Selon certaines sources sur place, le ministre Sidibé s’est dit surpris de voir une grande usine comme celle de « Bara Muso » construite illégalement.

Assane Sidibé, adjoint au maire chargé du foncier : « Ce n’est pas la société Bara Muso seulement qui est concernée »

Comme la question de l’autorisation divise tant, nous avons joint le 3ème adjoint au maire de la commune IV, chargé des affaires foncières. Il s’agit de M. Assane Sidibé, lequel affirme clairement que toutes les constructions qui sont sur l’espace classé pour le passage des lignes de haute tension électrique sont illégales. A ses dires, les gens ont construit sans autorisation, sans même un papier de propriété. « On n’est même pas autorisé à donner un papier de propriété sur ça », a-t-il laissé entendre, avant de préciser : « Ce n’est pas la société Bara Muso seulement qui est concernée ».

A l’en croire, la zone fait partie des espaces règlementaires réservés aux installations de haute tension électrique que l’Etat a prévu par rapport aux concessions et habitations. « C’est ce qui n’est pas respecté », dit-il, avant d’ajouter : « Toute la ligne de haute tension, que ce soit Sebenicoro, Sibiribougou, Taliko, est concernée ».

Le maire adjoint chargé des questions foncières affirme avoir plusieurs fois saisi les différents ministres sur le sujet, mais il n’y a jamais eu de solution. L’on se rappelle aussi que suite à une des nombreuses plaintes déposées par la mairie devant la justice, à ce sujet, le Procureur du Tribunal de grande instance de la commune IV, Dramane Diarra, a effectué une visite de constat sur les lieux et avait fait part de la gravité de la situation, avant de lancer un appel aux populations concernées à « ne pas persister dans l’illégalité ».

Ce jour-là, le Procurer était accompagné d’une délégation conduite par le maire adjoint, Assane Sidibé, et composée de représentants de l’ensemble des services techniques de la commune intéressés par la question. Sur place, le Procureur avait même surpris des maçons en flagrant délit de construction illégale et avait donné des instructions au commissaire de police de Sébénicoro, Modibo Keïta, pour s’en occuper et diligenter des enquêtes.

« Notre société a bel et bien l’autorisation » dixit le chargé de communication de Bara Muso

« Notre société a bel et bien l’autorisation. Notre usine est légalement installée. Nous avons tous les documents qu’il faut », réplique le chargé à la Communication de la société « Bara Muso » que nous avons rencontré à son bureau. A ses dires, contrairement à ce que le ministre de l’Urbanisme et le maire adjoint de la commune IV avancent, sa société a respecté toutes les normes d’installation.

N’y a-t-il pas alors nécessité, de la part des autorités, de prendre en charge ce dossier pour ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’en savoir un peu plus sur les autorisations en question et qui les a délivrées car, il ne faudrait pas attendre un drame provoqué par les lignes haute tension, pour ensuite se lamenter.

Boureima Guindo

Source: Le Pays

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