Ferme Klédu : LES PROMESSES DE L’ELEVAGE DU DROMADAIRE ET DE L’AUTRUCHE

Le Groupe vision pour la renaissance du Mali (GVRM) poursuit son travail de sensibilisation sur son projet intitulé : « Le dromadaire et l’autruche : un espoir de développement intégré du Mali ». Après les journées de sensibilisation organisées en août 2013 au Centre international des conférences de Bamako, le groupe a décidé d’inviter le ministre du Développement rural, Bokari Tréta, à la ferme Klédu située dans le village de Tièma dans l’ex-arrondissement de Baguinéda à 25 kilomètres de Bamako.  Pour cette visite, le ministre était accompagné des membres de son cabinet et de directeurs des services centraux relevant de son département. La visite était conduite par le Dr Nakani Diallo, la directrice de la ferme et le Pr Kagnoumé Jean-Bosco Konaré, le président du GVRM.

 ferme kledu elevage autruche

La ferme Klédu, entièrement réalisée par  un opérateur privé national, Mamadou Sinsi Coulibaly, s’étend sur 300 hectares et dispose d’une riche diversité biologique. Elle accueille des autruches, des nandous, des tortues terrestres, des bovins, des ovins, des dromadaires, des ânes, des abeilles, des pintades, des paons, des kangourous et des caïmans.

Sur le plan végétal, la ferme abrite une multitude d’espèces naturelles et d’autres ayant fait l’objet de croisement. Il s’agit entre autres de manguiers, de papayers, de jujubiers greffés, d’orangers, de citronnelle, de tamariniers. Une forêt artificielle est aménagée sur environ 200 hectares avec près d’une centaine d’espèces arboricoles à dominance d’eucalyptus.

La visite de la délégation ministérielle a duré deux heures. Les visiteurs ont pu voir l’unité de production de miel, les parcs d’ovins, de bovins, de tortues, d’autruches et d’équidés.

Le parc des dromadaires a suscité de nombreuses questions relatives essentiellement à l’adaptabilité de cet animal (dont le milieu  naturel est le désert) au climat plus humide et au sol plus dur de la zone de Baguinéda. Le Dr Nakani a reconnu que l’acclimatation des bêtes n’était ni gagnée d’avance, ni facile. La ferme a même perdu un sujet. Le parc des dromadaires compte actuellement plus de 30 têtes pour lesquelles, un protocole de suivi et de traitement a été mis en place.

Avec les autruches, considérées à juste raison comme les stars de la ferme, les visiteurs ont été émerveillés. En effet, cet oiseau est devenu si rare dans notre pays que peu de gens l’ont vu en chair et en os. Seuls quelques anciens forestiers et chercheurs de l’Institut d’économie rurale (IER) se souviennent de l’avoir approché et même touché.

La directrice de la ferme, le Dr Nakani Diallo, a annoncé que l’objectif est de disposer de 10 000 sujets à l’horizon 2015. Actuellement, c’est la période de ponte et la sélection des meilleurs reproducteurs est en cours afin de ravitailler la couveuse.

Nakani Diallo qui dispense des cours de médecine vétérinaire dans certains instituts de la place, emmène des étudiants en stage  au parc des autruches. Elle élabore actuellement un kit d’élevage pour ces derniers et quelques passionnés qui possèdent des autruches. L’objectif, explique-t-elle, est de contribuer à l’intensification de l’élevage de cet oiseau aux allures majestueuses dans notre pays.

Le ministre Tréta a visité cette partie du parc avec un grand intérêt. Il a posé des questions relatives notamment à la rentabilité économique et aux aspects scientifiques de cet élevage.

L’exploitation du dromadaire et de l’autruche, estime le président GRVM, peut être un facteur favorisant la réconciliation nationale qui passera aussi et surtout par le développement économique des régions du Nord. Kagnoumé Jean-Bosco Konaré explique que le GRVM a organisé cette visite dans le but de sensibiliser le département en charge du Développement rural, à l’importance du dromadaire pour nos compatriotes du Nord, notamment les nomades dont la vie est étroitement liée à cet animal.

Le ministre Tréta s’est engagé à aider le GVRM dans le cadre de l’installation de jeunes sur des entreprises d’exploitation de l’autruche.  Il a demandé d’élaborer un projet permettant d’amener des étudiants à s’intéresser à ce créneau. En collaboration avec l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), ce projet pourra être disséminé dans les zones du territoire national où cet élevage peut être développé.

Y. DOUMBIA

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.