Pour une histoire de « piquasse » entrainant la mort de Sékou Sidibé dit Karamoko: Yacouba Sidibé écope de cinq ans de prison

La Cour d’assises de Bamako a tranché l’affaire ministère public contre Youba Sidibé jugé pour  » coups mortels  » sur Sékou Sidibé dit Karamoko, courant 2016, à Bamdiala (Yanfolila). A l’issue de son procès, l’accusé, né vers 1981, a été condamné à cinq ans de prison ferme.

 

Selon les informations, Youba Sidibé et Sékou Sidibé dit Karamoko, sont tous deux des orpailleurs travaillant dans un hameau de Balantoumou, dans la commune rurale de Gouaniaka (Yanfolila). C’est ainsi que, dans la journée du samedi 5 mars 2016, aux environs de midi, Sékou Sidibé dit Karamoko chargea son frère Koulouba Sidibé d’acheter de l’eau potable pour sa consommation puis de ramener son outil de travail appelé « piquasse ». Un instrument qui sert à creuser les puits.

Celui-ci revint lui dire que, sur le chemin du retour, Youba Sidibé l’a intercepté et lui a retiré de force les sachets d’eau et le piquasse, sous prétexte qu’il lui devait 800 FCFA.

Pour éviter tout conflit, Sékou Sidibé dit Karamoko paya sur place 1000 FCFA au créancier, en lui demandant de garder la monnaie. Ainsi, il lui demanda de lui restituer son outil de travail, le  » piquasse « ,  en vain.

Face à cet entêtement, Sékou Sidibé dit Karamoko menaça de porter plainte contre Youba Sidibé à la Brigade Territoriale de Gendarmerie de Kalana. Séance tenante, ce dernier se débarrassa subitement du matériel en question en le jetant dans les profondeurs d’un puits d’orpaillage. Ainsi, une bagarre éclata entre les deux personnes.

Les spectateurs sur les lieux s’interposèrent entre eux et supplièrent Sékou Sidibé dit Karamoko d’abandonner l’idée de porter plainte. C’est ainsi que, vers 18 heures, Sékou dit Karamoko décida de retourner dans son village de Bamdiala, dans la commune rurale de Gouaniaka. A sa grande surprise, il constata en cours de chemin la crevaison d’une roue de sa mobylette. Il décida alors de passer la nuit sur le site d’orpaillage.

N’ayant pas pu contenir sa colère suite à la bagarre survenue dans l’après-midi, Youba Sidibé attendit patiemment tard dans la nuit, vers 3 heures du matin, pour s’introduire discrètement dans la chambre de Sékou Sidibé dit Karamoko. Muni d’un poignard, il le surprit dans son sommeil et lui asséna plusieurs coups au dos et à la tête.

Alerté par les cris de la victime, les voisins accoururent et trouvèrent Sékou Sidibé dit Karamoko grièvement blessé, qui fut transporté au CSCOM de Nièssoumala puis évacué au Centre de Santé de Référence de Yanfolila pour recevoir des soins intensifs. Mais, c’était peine perdue, il succombera à ses blessures.

Quant à l’auteur des faits, il avait pris la poudre d’escampette. Malgré la pénombre, Youba Sidibé fut identifié par certains voisins qui l’appréhendèrent avant de le conduire à la Gendarmerie de Kalana. Une enquête ouverte à son encontre permettra de l’inculper pour  » coups mortels «  sur Sékou Sidibé dit Karamoko.

A la barre, l’accusé, il a tenté de nier les faits. Avant de finir par les reconnaitre. Il expliquera qu’il a commis cet acte sous le coup de la « colère ». Son revirement facilitera ainsi la tâche à l’avocat commis d’office dans sa plaidoirie. Ce dernier arguera que les faits sont graves. Ainsi, il a plaidé pour la clémence de la Cour en faveur de l’accusé Youba Sidibé sous mandat de dépôt depuis  2016.

Dans son réquisitoire, le parquet demandera de le retenir dans les liens de prévention suivant l’article 202 du Code pénal, qui stipule que « les coups, blessures et violences volontaires, exercés sans intention de donner la mort, mais l’ayant cependant occasionnée, seront punis de cinq à vingt ans de réclusion et, facultativement, de un à vingt ans d’interdiction de séjour « .

La Cour, dans sa sagacité, a condamné Youba Sidibé à 5 ans d’emprisonnement ferme.

Oumar BARRY

Source: L’Indépendant

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