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Le présumé coupable avait établi deux fausses cartes d’identité au nom de sa victime, Un Malien de France, à la Brigade de Gendarmerie du Camp I : Gueyda Doucouré accusé de » faux en écriture, abus de confiance » pour un montant de 160 millions FCFA devant la Cour d’assisses aujourd’hui

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C’est une affaire d’escroquerie qui est, malheureusement, monnaie courante sous nos cieux. Il s’agit d’un émigré malien, Bakary Sacko, vivant en France depuis 24 ans, qui a confié la gestion de ses biens à son ami d’enfance, Gueyda Doucouré…Revenu au pays après quelques années d’absence, Backary Sacko n’a eu que ses yeux pour pleurer. Tout son espoir est désormais lié à la décision que vont prendre les juges à l’audience de la session de la Cour d’assises qui s’ouvre aujourd’hui.

Cette affaire concerne deux amis inséparables : Bakary Sacko et Gueyda Doucouré, ressortissants du même village, Guiffi, situé dans le cercle de Yélimané. Comme il est de tradition dans cette contrée, les deux amis vont émigrer en France pour tenter leur chance. Quelques années après, Gueyda Doucouré décide de retourner au Mali pour s’installer dans le privé, en créant une agence immobilière. Sur la base de la confiance mutuelle qui a toujours existé entre eux, Bakary Sacko, confia toutes ses affaires foncières à son ami Gueyda Doucouré. C’est ainsi qu’il lui envoie de l’argent liquide, à partir de 2001, pour qu’il lui achète des parcelles à Kalaban en son nom et pour son compte et quatre titres fonciers dans la zone ACI de Bacodjicoroni Golf.

 

Tout allait bien jusqu’en 2006 quand Gueyda Doucouré, selon les termes de la Chambre d’accusation en son audience du 25 février 2014, commença à mettre en marche son plan machiavélique pour spolier Bakary Sacko de tous ses biens immobiliers acquis au cours de 20 années de dur labeur dans l’Hexagone. Comme les titres fonciers étaient définitivement établis au nom de Bakary Sacko, le nommé Gueyda Doucouré continua son projet de spoliation de son ami en établissant une première carte d’identité nationale, en 2006, et une seconde en 2007, toutes au nom de Bakary Sacko, absent du Mali pendant cette période, en vue de vendre ses titres fonciers. Ce qu’il parvient à faire.

 

Pour réussir son opération de vente desdits titres fonciers, il garda l’identité du sieur Bakary Sacko mais en ayant la témérité de faire apposer par la Brigade de Recherches de la Gendarmerie du Camp I de Bamako la photo d’identité d’un certain Mahamet Barry et celle du nommé Karim Sangaré à la place de Bakary Sacko.

Revenu au Mali en 2009, Bakary Sacko, l’émigré malien de Strasbourg s’est vite rendu compte qu’il a été victime d’un abus de confiance de la part de son meilleur ami. Mais que faire ?

Etant des amis, presque des parents, il demanda à Gueyda Doucouré de le remettre dans ses droits sans l’intervention de la justice. Celui-ci accepta avant de se raviser. Comme l’on est au Mali, tout est possible. C’est ainsi que le présumé coupable a essayé de renverser la situation en sa faveur, adossé qu’il semble à de solides soutiens.

 

Malgré ses présumés soutiens, Gueyda Doucouré est déféré le 12 décembre 2010. Après quatre mois de prison, il est sorti contre une caution (un titre foncier appartenant à son cousin un certain Balli Doucouré) d’une valeur de 40 millions F CFA.

 

Après moult tractations, il parvint à faire remplacer cette caution par un dossier sans valeur réelle. Depuis, il est en liberté provisoire sur la base de cette caution vide. Comment cela a-t-il été possible ? Grâce aux solides soutiens, selon le plaignant, qu’il prétend avoir au sein de l’appareil judiciaire. C’est ce qu’on verra aujourd’hui, si la cour va remettre l’émigré malien dans ses droits. Ou bien, au contraire, si c’est la personne accusée de  » faux en écriture, abus de confiance, disposition de bien d’autrui  » qui aura le droit de son côté.

En tout cas, on aura tout vu dans ce pays. Quand de véritables escrocs arrivent (presque toujours) à bénéficier d’une liberté provisoire pour aller narguer ensuite, voire menacer leurs victimes.

 

    Mamadou FOFANA

SOURCE: L’Indépendant 

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