La glace, de l’or blanc à Bamako

Vendre de la glace rapporte en ces périodes de canicule. Les délestages ayant intégré le quotidien des ménages, les femmes se jettent sur ce commerce qu’il convient d’appeler business de «l’or blanc».

 

Faits divers

 

 

Pour les commerçantes, l’occasion faisant le larron « on profite de la chaleur pour vendre nos sachets d’eau fraiche et de la glace » dit Batoma. Employée de maison à l’ACI 2000, elle passe la journée sur le boulevard Mohamed VI en face du camp militaire de Djicoroni Para. «Je remplis les sachets la nuit pour les mettre au frigo. Après les travaux domestiques, je quitte la maison vers quatorze heures à bord d’un tricycle pour aller vendre de la glace. Je cède le sachet à 150 francs l’unité. Les clients sont souvent des automobilistes en partance pour Kanadjiguila, Ouinzzin ou Samaya. Parfois aussi des passagers de mini bus Sotrama me prennent deux à trois sachets » ajoute Batoma.

Vente en gros
Il est dix neuves heures passées, le soleil disparait du ciel au profit d’une lune qui se fait désirer mais pour autant le thermomètre ne chute pas. L’air est lourd, le vent sec et Bamako garde ses trente six degrés Celsius. Un véhicule utilitaire de marque japonaise s’immobilise devant les vendeuses de glace et demande la valeur marchande du contenu des sacs de 100 kilogrammes massées les uns contre les autres. C’est le tohu-bohu. Chaque fille se bat des coudes et de la voix pour séduire ce client particulier. Au bout d’un quart de négociation, le monsieur accompagné d’un asiatique maniant bien le bambara extirpe de sa poche 25 000 mille francs qu’il tend à la plus âgée du groupe. Oumou Kanté, à l’état civil, explique que « ce client nous facilite la tache puisqu’il achète tout. On le voit trois fois par semaine ». Nous eûmes l’opportunité d’interroger ce client particulier qui assistait au chargement des sacs de glace. « Je travaille avec ce chinois qui évolue dans la restauration et pour ne pas perdre nos produits, nous achetons beaucoup de glaces. Nous sillonnons le boulevard Mohamed VI et la route de Sébénicoro pour ramasser toute l’offre disponible » soutient Sékouba Tamaguilé.

Certains ont opté pour la cotisation
Les coupures récurrentes d’électricité obligent les consommateurs à chercher des solutions pour la conservation de leurs aliments et leur rafraichissement. A Taliko Lafiabougou, des chefs de famille mutualisent leurs forces en se cotisant pour acheter des barres de glace à 2500 francs l’unité. Chaque concession se retrouve avec une part qui couvre les besoins quotidiens. Sidibé Abdoul que nous avons rencontré avec ses amis avoue que « ce n’est pas évident de débloquer tous les jours 500 francs pour de la glace mais dans l’impossibilité de s’offrir un congélateur et pour ne pas se retrouver avec des factures salées, nous avons opté pour la cotisation car nous ne comprenons pas que malgré les délestages l’Edm continue à grever nos budgets ».
La nuit du mercredi au jeudi, le ciel a laissé perler quelques gouttes de pluie dans certains quartiers de la capitale. C’est un bon signal en direction de la saison pluvieuse dont le démarrage est attendu par des Bamakois tenaillés par la chaleur et insatisfaits d’une triste compagnie d’électricité.

 

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