Histoire : … de mission écourtée

S.S. est un agent comptable dans une banque de la place. Marié depuis quelques années, il est domicilié à Magnambougou dans une grande concession où il cohabite avec cinq autres familles. Surveillé sérieusement par son épouse, S S., notre agent comptable, a abandonné depuis quelques mois le “maquis”, un monde qu’il a cependant du mal à oublier.

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Nostalgique de ce milieu, S.S., pour s’échapper de la maison conjugale, expliqua à Madame qu’il devait aller en mission à Ségou le 15 avril dernier pour retourner à la maison, deux jours après. Et pour mieux convaincre sa femme, il prépara une pile de documents, s’empara de quelque habits et remit enguise de cadeau à son épouse la somme de 5 000 FCFA. Il était 19 h quand S.S. prit son petit sac et s’en alla du domicile conjugal.

Madame, soupçonnant son mari d’infidélité, le suivit dans l’obscurité.

Quelques minutes de marche, et voilà S.S. qui entre dans une boutique et confie son sac de voyage et ses documents à “Koroboro”. Madame avait suivi la scène. Mais, Monsieur, ne se doutant de rien, se dirigea vers une ruelle et bientôt entra dans une maison.

Plus de doute, S.S. avait bien une maîtresse là. Madame décida sur le champ de se jeter sur son infidèle de mari, mais elle se ressaisit et opta pour une seconde solution. Et pas des plus douces. C’est ainsi qu’elle s’introduit dans la maison et resta cachée dans le vestibule avec la bénédiction de l’obscurité. Une heure, deux heures… Madame est toujours là, attendant patiemment la sortie de son époux. Elle s’était même armée d’un petit pilon trouvé sur place.

Il était 1 h du matin quand S.S. se décida enfin à sortir. C’est à ce moment que Assétou son épouse lui asséna un violent coup de pilon au niveau des épaules.

Paniqué, S.S. qui croyait avoir à faire à un amant ou l’époux de sa maîtresse mit ses jambes à son cou, poursuivi par sa femme.

Dans sa fuite, S.S. ne daignait même pas regarder derrière. Nos champions étaient à présent devant la boutique où S.S. avait fait garder son sac. Passants et voisins s’interposèrent alors entre le couple. S.S. dévisagea enfin son “assaillant” et se rendit compte que c’était Madame qui le pourchassait.

Offensé et humilié, il retourna à la maison et jeta aussitôt les bagages de sa femme à la rue. Celle-ci, sans hésitation, a regagné la même nuit le domicile paternel. S.S., quant à lui, à cause de l’humiliation qu’il a subie aurait élu le 25 avril dernier, domicile à Médine où dit-on, il aura peu de chance de rencontrer la “Dame au pilon”. Mais, sait-on jamais ?

 

Boubacar  Sankaré

 

Source: Le 26 Mars

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