Faits divers : … ET SOUDAIN LA VIOLENCE EXPLOSA

Tout liait les deux amis d’enfance qu’étaient H. et N. Jusqu’à ce que le prêt d’une voiture les fasse disjoncter

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Un bon conteur vous dirait sans doute que les plus belles amours se fracassent parfois sur des détails insignifiants ; et que les amitiés les plus solides se brisent souvent sur des incidents sans gravité. Le même conteur vous mettrait aussi en garde contre l’irruption de l’argent dans les relations. Car un litige financier est sans aucun doute l’agent corrupteur et le poison destructeur les plus terribles qui puissent exister. Notre histoire du jour, qui met en scène deux amis que tout liait, pourrait confirmer que le bien-fondé des jugements de notre conteur imaginaire.
En début de semaine dernière, un homme encore jeune et que nous appellerons H. s’est présenté au poste de police de Faladié. Les lèvres serrées, les yeux étincelant de colère, il semblait faire un énorme effort sur lui pour se contenir. Il demanda à rencontrer le délégué du poste, l’inspecteur principal Moussa Traoré. Une fois assis en face de l’officier de police judicaire dans le bureau de ce dernier, l’homme perdit rapidement le self control qu’il avait observé jusqu’alors. D’une voix tremblante de colère, n’hésitant pas à entrecouper son discours d’injures, oubliant souvent qu’il se trouvait en face d’une autorité, l’homme débita ce qu’il avait sur le coeur. H. était venu déposer une plainte contre N. un de ses meilleurs amis du quartier (celui de Banankabougou où tous deux résidaient) pour « menace de mort et destruction de bien personnel ». Qu’est ce qui avait pu le pousser à cette démarche extrême ?
Avant d’entrer dans le vif de cette histoire, il est important de rappeler le passé partagé par H. et N. Les deux hommes auraient lié amitié depuis leur tendre enfance. Ils ont évolué ensemble dans le quartier, fréquenté le même établissement scolaire fondamental. Dans leur adolescence, H. et N. ont joué dans la même équipe de foot de leur quartier avant de fréquenter le même grin plus tard. Et tout naturellement, ils s’assistaient mutuellement lors des différents événements sociaux.
DES RÉPARATIONS ASSEZ COÛTEUSES. Plusieurs années après, H. émigra pour chercher fortune dans un pays de la sous-région. Il y passa plusieurs années à travailler. Mais la distance qui les séparait n’avait en rien affecté la solidité de la relation entre les deux hommes. Lorsqu’il arrivait à H. de retourner au Mali pour ses congés, il passait le plus clair de son temps avec celui qu’il considérait comme son alter ego. Bien sûr, tout n’était pas absolument idyllique entre les deux hommes. Mais leurs différends ne dépassaient pas le niveau de la simple incompréhension. Les malentendus se dissipaient d’ailleurs très vite, le tandem ayant fait le choix méritoire de ne jamais laisser pourrir un motif de bisbille entre ses membres. Tous ceux qui connaissaient H. et N. ont donc été stupéfaits d’apprendre les allures qu’a pris le différend qui les a opposés.
Les choses avaient pourtant commencé de la manière la plus inoffensive. N. était venu voir H. et lui avait dit qu’il avait besoin de lui emprunter sa voiture pour une série de courses importantes. Il avait un certain nombre d’affaires à régler à Bamako. Puis il se proposait de quitter la capitale pour un séjour de plusieurs jours dans une localité relativement éloignée. H. serait donc privé de son véhicule pendant un laps de temps assez long et son ami voulait être sûr que cela ne lui poserait aucun problème. Les deux hommes mirent au point quelques détails matériels et la voiture fut mise à la disposition de N.
Ce dernier exécuta la première partie de son programme sans problème et son déplacement à l’extérieur de Bamako se déroula sans alerte sur le trajet aller. Ce fut sur le chemin du retour que les problèmes se posèrent au conducteur. Le moteur s’était mis à toussoter de manière inquiétante, obligeant le jeune homme à s’arrêter. N. avait quelques notions de mécanique, mais il ne put détecter la cause de l’anomalie. Il joua donc la sécurité et fit remorquer la voiture chez un mécano. L’avarie fut repérée sans difficulté et N. s’acquitta des frais de réparation qui s’avéraient assez élevés. Une fois de retour à Bamako, il se dirigea droit chez son ami et lui fit un compte-rendu détaillé de ses déboires. Il lui présenta aussi les factures du mécano pour lui prouver que la panne nécessitait l’intervention d’un spécialiste.
H. avait écouté avec beaucoup d’attention le récit de son ami. Mais dès que ce dernier eut terminé, il lui demanda de lui payer ce sur quoi ils étaient tombés d’accord. Par la suite, nous avons appris qu’avant de lui prêter sa voiture, H avait conclu un accord avec son ami. Pour atténuer le désagrément que lui causerait l’absence de moyen de locomotion tout le temps de l’absence du voyageur, H. devait recevoir de ce dernier une compensation financière dont les deux amis avaient fixé de commun accord le montant et qui serait versée à H au retour de N. Lorsqu’il entendit son ami lui réclamer la dite somme, le voyageur piqua une colère indescriptible. Une chaude discussion éclata entre les deux amis. Ceux qui étaient présent au moment des faits ne pouvaient en aucun cas laisser des vieux amis se discuter aussi violemment en pleine rue. Ils intervinrent donc pour essayer de ramener tout le monde à la raison.
COMME PRIS DE FOLIE. Les exhortations des uns et des autres ne servirent absolument à rien. Chacun des protagonistes resta figé sur sa position. Le propriétaire du véhicule tenait à ce que l’ami honore le contrat verbal qui avait été passé entre eux. N., pour sa part, exprimait son incompréhension devant ce qu’il considérait comme la voracité de son ami. Il affirmait ne plus rien devoir à H. dont il avait réparé la voiture à grands frais. Comment le propriétaire du véhicule osait-il lui réclamer quoi que ce soit alors qu’il avait payé des réparations que H. aurait de toute façon assumer, même s’il ne lui avait pas prêté le véhicule ?
« Je me moque de ces dépenses que tu as faites. Tu me payes ce dont nous avions convenu avant ton voyage ou je t’amène à la police », aurait lancé H., très en colère. Après plusieurs minutes de dispute, certains témoins de la scène ont pu calmer les protagonistes et chacun a pris la route de son domicile. Mais en réalité, N. ruminait une profonde amertume. Il n’avait pas digéré que celui qu’il considérait comme son meilleur ami lui fasse subir ce qu’il estimait être un affront public.
« L’offensé » mit deux jours à essayer d’accepter ce qui s’était passé. Mais visiblement sans résultat. Au bout de ces quarante-huit heures de cogitation, il se présenta très énervé chez H. qu’il trouva absent. Par contre, la fameuse voiture était bien là, garée dans la cour. Comme pris de folie, le visiteur, qui était venu muni d’un gourdin, se mit à casser les vitres et les phares du véhicule. Il disparut ensuite sans laisser de trace pour aller se réfugier dans un autre quartier non loin de son domicile.
Informé de ce qui venait de se passer à son domicile en son absence, H. se précipita chez lui et ne put que constater les dégâts. Il apprendra aussi que le jeune homme avait visiblement agi sous l’effet de l’alcool. Certains témoins de la scène ont expliqué que N. portait une arme sur lui et qu’il avait déclaré qu’il était prêt à s’en prendre physiquement au propriétaire du véhicule. Paniqué à juste titre, et visiblement troublé par la tournure que les événements avaient prise, H. se présenta chez les policiers pour déposer une plainte contre celui qui était désormais devenu son adversaire.
L’inspecteur principal Moussa Traoré mit certains de ses éléments aux trousses de l’ami violent. Après deux jours de recherches infructueuses, les policiers se sont donnés un temps pour pouvoir cueillir N. dans le quartier où il s’était réfugié. Aux dernières nouvelles, le plaignant ne s’est plus présenté à la police pour la suite à donner à sa plainte. Et l’affaire restait pendante. D’après certaines informations de dernière minute, les deux amis (mais faut-il encore parler d’amitié entre les deux hommes ?) auraient fini par régler l’affaire à l’amiable à la suite des interventions de proches et de voisins du quartier.

MH.TRAORÉ

source : L Essor
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