Faits divers : AMOUREUX, DETERMINE ET MALCHANCEUX

Y. a rencontré l’âme sœur et il prenait des risques pour aller la voir. Mais peut-il persévérer après deux sérieux avertissements ?

couple famille menage foyer sexe amour desir impuissant sexuel ejaculation precoceEtre fêtard ou tout simplement noctambule en ce Bamako de l’année 2015, c’est s’exposer à coup presque sûr à des surprises désagréables lors de ses sorties. Soit on tombe par hasard sur des événements plus ou moins douteux. Dans ces cas là, la spirale infernale vous emporte avant même que vous ayez eu le temps de vous rendre compte de ce qui vous arrive. Soit vous êtes vous-mêmes la victime d’une mauvaise rencontre, et alors vous pouvez vous estimer heureux de n’y perdre que l’argent que vous avez sur vous. Le héros de notre histoire du jour a pu vérifier tous les risques que fait courir une sortie de nuit à Bamako. Même lorsqu’on n’est ni un noctambule invétéré, ni un incorrigible fêtard.
Les faits. Y. est un jeune apprenti chauffeur d’une vingtaine d’années environ. Il est entré dans la profession en commençant au plus bas de l’échelle et aujourd’hui il a acquis les connaissances nécessaires pour devenir un chauffeur à temps plein. La grande chance qu’a eue Y. lors de son parcours est que son patron K. était originaire du même village que lui. Ce dernier s’est comporté à l’égard du novice plus comme un aîné que comme un employeur. K. a littéralement couvé son protégé. Il s’est interposé entre ce dernier et les pièges de Bamako. Pour l’homme, le plus important était de préserver Y. des dérives dans lesquelles tombent un grand nombre d’apprentis.
Comme le jeune homme était quelqu’un de naturellement respectueux, il n’eut aucun mal à suivre les prescriptions de son « grand frère » du village. Quand en fin de compte, le jeune homme fut apte à se voir confier un volant, tous les avis portés sur lui par les chauffeurs de la gare du monument de la tour de l’Afrique à Faladié étaient élogieux. Les aînés louaient le caractère pondéré et la correction dont le nouveau conducteur faisait preuve dans son travail. K. était, lui aussi, plus que satisfait de Y. à qui il n’hésitait pas à céder son véhicule pour qu’il ait la main. Le jeune Y. tournait donc de manière inlassable entre la gare et le centre-ville.
Au cours d’une de ses courses, il fit la connaissance de L., une jeune fille de son âge domiciliée chez ses parents à Sénou, à la périphérie sud de la capitale. Entre les jeunes gens, le coup de foudre mutuel se transforma rapidement en un grand amour qui s’affichait au vu et au su de tout le monde. L. se rendait de temps en temps à la gare routière pour bavarder avec son bien-aimé. En retour, le jeune homme faisait le déplacement pour rencontrer sa dulcinée à Sénou. Mais une difficulté compliquait l’affaire pour le jeune chauffeur. C’était l’absence d’un moyen de déplacement personnel. Après avoir longtemps hésité, Y. finit par demander à son patron de l’autoriser à utiliser son minibus, une fois terminées les courses de la journée. Tout d’abord très réticent, K. finit par accorder cette faveur à son jeune protégé. C’est ainsi que ce dernier prit l’habitude de sortir assez fréquemment la nuit pour se rendre chez sa copine. Pendant plusieurs mois, il effectua ce manège sans connaître le moindre problème.

UN PISTOLET AU BOUT DU BRAS. Il y a un peu plus d’une dizaine de jours de cela, Y. resta beaucoup plus longtemps qu’à son habitude chez L. Il était déjà plus d’une heure du matin quand il prit le chemin du retour. Le jeune chauffeur se rendait bien compte qu’il s’était montré imprudent et qu’il avait augmenté la possibilité de mauvaises rencontres qu’il pouvait faire en cours de chemin. Il se dit alors que le meilleur moyen de déjouer un éventuel traquenard était d’éviter son trajet habituel qui lui faisait rejoindre directement la voie express de l’aéroport, un trajet sur lequel des gens mal intentionnés avaient pu le repérer. Ses fréquents allers et venues qui lui avaient fait bien connaître les méandres de Sénou lui permirent de se donner un itinéraire qui passait derrière les dernières maisons du quartier. Le chemin était plus long, mais moins connu des usagers habituels.
En procédant ainsi, Y. croyait se prémunir d’une éventuelle attaque de malfrats à l’affût d’une bonne occasion. Mais il oubliait que les malfaiteurs ont eux aussi une préférence pour les coins peu fréquentés et où ils peuvent opérer plus tranquillement. Roulant à bonne vitesse dans une zone peu éclairée, Y. arriva au niveau du quartier Sirakoro Méguétana. Au moment où il pensait qu’il avait fait la partie la plus compliquée de son trajet, il vit surgir à la droite de son véhicule et dans la lumière de ses phares, un gaillard qui lui faisait signe de s’arrêter. Le bandit essayait de copier l’attitude d’une personne en difficulté. Mais le jeune homme se garda bien d’obtempérer. Surtout qu’il avait cru apercevoir quelque chose qui ressemblait à un pistolet au bout du bras pendant de l’inconnu.
Alors que Y. avait son attention concentrée sur ce quidam bizarre, un second malfrat fit son apparition du côté gauche de la route. Ce dernier ne chercha pas à jouer au plus fin. Il se précipita directement vers la portière du véhicule, côté chauffeur avec l’intention manifeste de forcer le conducteur à freiner. Mais heureusement pour Y., il ne paniqua pas. Pied sur l’accélérateur, il fonça droit vers le bandit qui semblait armé et l’obligea à s’écarter de sa trajectoire. Puis sans ralentir il se mit à donner de brusques coups de volant pour se débarrasser du malfaiteur accroché à la portière du minibus.
Y. parviendra, non sans difficulté, à reprendre la voix bitumée. Il rallia son domicile très tard dans la nuit. Le lendemain, très tôt le matin, il s’empressa de raconter l’histoire à son patron. La suite est facile à deviner : K. interdit désormais au jeune homme d’emprunter le minibus pour ses rendez-vous amoureux. Mais il était impensable pour Y. d’arrêter d’aller voir sa dulcinée. L’embuscade l’avait seulement rendu plus méfiant et il se promit de multiplier les précautions. Une semaine après sa mésaventure, il se mot d’accord avec un de ses amis pour emprunter la moto Djakarta de ce dernier chaque fois qu’il lui faudrait se rendre à Sénou.

SAUVE DE JUSTESSE. Il faut préciser que depuis qu’ils s’étaient rencontrés, Y. et L. passaient rarement trois nuits de suite sans se voir. Si ce n’était pas lui qui partait à Sénou, c’était elle qui le rejoignait à Faladié Sokoro. Le rythme des retrouvailles était bien établi et aucun des amoureux ne voulait le rompre, malgré que tous deux se rendaient compte des menaces qui parsemaient le trajet entre leurs domiciles respectifs.
La nuit du deuxième incident coïncida avec un déplacement de L. La jeune fille se présenta chez son amoureux en tout début de nuit. Les tourtereaux passèrent plusieurs heures ensemble, puis Y. alla « négocier » la moto Djakarta de son ami pour ramener sa copine chez elle. Les deux prirent la route de Sénou aux environs de 23 heures. Y., échaudé par son agression et désireux de revenir au plus tôt, roula pleins gaz. Il arriva en un temps record à Sénou et prit aussitôt le chemin du retour. Mais il était poursuivi par une incroyable malchance.
Il eut en effet le malheur de tomber dans une embuscade tendue par des malfrats juste à l’entrée de Faladié. Ces derniers se mettront en travers de sa route et tenteront de lui retirer la moto en le menaçant avec une arme blanche. Pris par surprise, Y. tentera de s’échapper en lançant sa moto sur le groupe. Mais, un des bandits réussit à l’esquiver et à lui assener un coup sur la tempe. Le jeune homme perdit l’équilibre et chuta sur le bord de la route. Il n’avait d’autre recours que d’appeler à l’aide à gorge déployée.
Dans son malheur, Y. eut une chance incroyable. Son agression coïncida avec le passage d’un véhicule de patrouille des policiers. Alertés par les cris du jeune homme, les agents sont immédiatement venus à son secours. Pris de panique, les malfaiteurs n’eurent pas le temps de s’emparer de la moto convoitée. C’est ainsi que le jeune homme a été sauvé de justesse d’un double malheur, celui d’être passé à tabac par des bandits que sa résistance avait rendu furieux et celui d’être dépossédé de la moto qu’un ami du quartier avait accepté de lui prêter malgré l’heure tardive et le trajet périlleux. Y. s’en est sorti avec de fortes conclusions et quelques blessures sur les paries exposées de son corps.
Avec cette deuxième attaque dont il a été victime, le jeune apprenti chauffeur s’est vu obligé de rester un bon bout de temps sans se rendre chez sa copine de Sénou. Et dans l’immédiat, il ne peut être question pour lui de faire le trajet de nuit. Sauf s’il a envie de braver le sort et de tester sa chance. Comment va s’arranger le couple d’amoureux ? Nous n’en savons rien. Mais les deux jeunes gens qui semblent très attachés l’un à l’autre trouveront certainement une solution. L’amour, dit-on, se joue des barrières. Mais il ne peut ignorer les périls nocturnes de Bamako.
MH.TRAORE

source : Essor

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