Bar Africando à Banconi : Le bordel le plus chaud de la capitale

La prostitution ou si vous préférez mieux, vente du corps pour certains, marchandisation du sexe pour d’autres, le « plus vieux métier du monde» a résisté au temps et aux mutations qu’a connu l’humanité. Bien que décrié dans de nombreuses sociétés comme la nôtre, le métier n’a pour autant pas perdu sa douce saveur et son profit qui alimentent de plus en plus un large public d’acteurs ou d’inconditionnels, qui miseraient monts et merveilles pour s’y désaltérer. Ce mardi 4 octobre, nous avons fait une descente dans ce qu’on pourrait considérer comme l’un des bordels les plus chauds de Bamako ?

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Lorsque le soleil tombe à peine enceinte du nouveau jour qu’il doit livrer, nous prenons la direction le bar Africando sis à Banconi, ce bar bamakois célèbre pour ses nuits endiablées, et ses alentours garnis. L’accueil sur les lieux est très excitant, car à peine arrivés sur place que nous sommes envahis par des jeunes filles de toute silhouette, prêtes à nous inviter à prendre une chambre. Nous leur répondons  gentiment que nous voulons boire un coup d’abord, elles nous accompagnent à l‘intérieur du bar et nous y prenons place.

Contrairement aux recommandations des saintes écritures, les bars, boîtes de nuit, chambres de passe (climatisées ou de fortunes) foisonnent dans chaque coin et recoin de la capitale malienne, et ce malgré le spectre djihadiste qui y plane. « Africando », ce bar-restaurant sis à Banconi  nous offre l’image de cet univers particulier. Dans ce bar très fréquenté, qui emploie une vingtaine de prostituées, l’atmosphère est au comble pour les jeunes qui y viennent pour des raisons diverses. D’ailleurs sur place, il n’est pas rare de rencontrer un proche à qui il ne faut surtout pas demander ce qu’il est venu faire dans ce coin. Certains, surtout la majorité, y viennent pour ‘’calmer les nerfs’’ et d’autres s’enivrer autour d’une table nappée de bouteilles de beaufort, castel, guinness, sucrerie etc.  L’ambiance est à son paroxysme, la musique aidant. La fumée de cigarette envahie une salle bondée ou la température frôle les 40° malgré des ventilateurs vétustes accrochés au plafond. Mais chacun sait ce qu’il est venu chercher en de pareilles circonstances et ce n’est pas la bière non glacée qui décourage les clients. Les filles que nous avons rencontrées sont presque toutes étrangères,  se pointent devant l’entrée secrète donnant accès aux  chambres de passe. Elles se jettent sur quiconque franchit le couloir  avec des gestes séduisants, voire provocateurs, intimidant les nouveaux aventuriers. Ces prostituées sont togolaises, nigérianes, ghanéennes, ivoiriennes. Les langues qui y dominent sont l’anglais et le français, rares sont celles qui comprennent  bambara, sinon juste de quoi se tirer d’affaire. Les prix sont dérisoires et évoluent entre 1500 à 2000 franc (sur place et chambre comprise). Dans ces condition, on va droit au but, c’est-à-dire que les plus romantiques n’auront pas droit aux caresses et autres avantages des relations sexuelles.  Pour les services hors de l’établissement, les réticences surgissent. Seuls quelques clients fidèles auront droit à un service à domicile, en payant bien sûr beaucoup plus cher.

Même si  l’itinéraire de notre  randonnée ne nous a pas permis de croiser nos sœurs maliennes, il n’en demeure pas moins que beaucoup d’entres elles officient dans ces établissements et ravissent même la vedette aux étrangères s’y débrouillant. Pour un taximan qu’on a rencontré, les formes de prostitutions se diversifient de plus en plus et même des femmes mariées marchandent leur corps. Pour ce qui est des Maliennes, rappelle notre source « elles vont loin de leur quartier respectif, ou voire même dans les régions pour échapper à la censure sociale »

Cependant, loin d’en faire un métier de carrière, certaines filles, pour des contraintes économiques, se disent être obligées de se prostituer. Christine, une prostituée nigériane disait : «  je fais ce job pour avoir un peu d’argent. Quand j’aurais quelqu’un qui me prendra en charge, j’abandonnerai la prostitution. » Une autre, Sylvie (togolaise),  la vingtaine à peu près, des yeux miroitants,  forme proportionnée,  nous a caressé  en disant  ceci : « je sais que la prostitution n’est pas une bonne chose, mais il faut que je  fasse ça pour gagner de l’argent. »

Bonne ou mauvaise, la prostitution fait l’affaire de nombre de jeunes comme le témoigne un habitué du lieu venu accomplir son rituel : « l’endroit est calme et discret, on règle ses comptes et on s’efface sans laisser de traces. » Cette phrase, c’est la maxime des jeunes qui fréquentent le lieu. Beaucoup d’entre eux entrent les yeux baissés et ressortent nuques courbées.

Au bar Africando, les nuits sont longues et réserves des surprises à quiconque pénètre l’établissement. De sources dignes de foi, le bar fonctionne vingt quatre heures sur vingt quatre, offrant à des centaines de jeunes la satisfaction de leur libido à moindre coût.

 

Bacai YALCOUYE et  Ali BOOUM

 

 

Source: Le Pays

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