Accusés de corruption, de faux en écriture et d’opposition à l’autorité légitime: Les policiers Oumar Touré et Abdoulaye Diakité ont bénéficié de circonstances atténuantes à la Cour d’assises !

Pour répondre des crimes de corruption, de faux en écriture et d’opposition à l’autorité légitime, les sergents de police Oumar Touré et Abdoulaye Diakité ont comparu, la semaine dernière, devant la Cour d’assises de Bamako.La Cour a reconnu les deux policiers coupables des faits à eux reprochés, mais en leur reconnaissant toutefois, de larges circonstances atténuantes. La Cour a retenu seulement 18 mois de prison ferme à leur encontre, une peine qui leur permettra d’être libres dans quelques semaines eu égard à leur temps de détention.

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Les faits sont bien graves, mais l’examen du dossier ainsi que les débats à la barre ont été des plus simples. En effet, tout comme à l’enquête préliminaire, devant les sages de la Cour, les accusés ont sans ambages reconnu les faits pour lesquels, ils ont d’ailleurs déjà fait l’objet de la plus lourde sanction administrative : la radiation.

Cette affaire dont les faits remontent, en fait, à 2015, est une affaire spectaculaire d’une extrême légèreté assimilable à un jeu d’enfants. De quoi s’agit-il ?

En juin 2015, deux dossiers de pédophilie et d’abandon d’enfants mettant en cause, respectivement un nigérian dénommé Francis Nwachukwu et une Malienne répondant au nom de Korotoumou Coulibaly, devraient être déférés à la justice. Ainsi, les dossiers des personnes mises en cause ont été confiées aux deux agents de police avec l’ordre de conduire les intéressés devant le Tribunal de Grande Instance de Commune III du District de Bamako pour être fichés et répondre de leurs infractions. Dans cette mission et en cours de chemin, nos sergents de police libérèrent les deux personnes en échange de la modique somme de 100.000 FCFA qu’ils partagèrent entre eux. Ils émargèrent ensuite le cahier de transmission des dossiers, laissant croire qu’ils ont accompli leur mission dans les règles de l’art.

Mais cette affaire n’a pas tardé à se savoir. En effet, une vérification permettra de comprendre leur subterfuge. Interpellés, ils reconnaitront vite les faits. Face à cette faute lourde de conséquence, la hiérarchie policière n’a pas tardé à prendre les mesures qui s’imposent. Ils furent radiés purement et  simplement de l’effectif de la police avant d’être poursuivis pour crimes de corruption, de faux en écriture et d’opposition à l’autorité légitime, faits prévus et punis par les articles 84, 102, 104 et120 du code pénal.

Depuis l’enquête préliminaire sur leur forfait, les deux agents de police ont soutenu qu’ils ont été approchés par la mère de la victime de pédophilie qui les a suppliés de laisser le nommé Francis partir et que son enfant n’a subi aucun préjudice. Selon eux, ils s’y opposèrent, mais l’insistance de celle-ci et l’appât de l’avance de la somme d’argent eurent raison d’eux. Devant la Cour d’assises, la défense a demandé et obtenu des circonstances atténuantes. N’est-ce pas que la sanction de la hiérarchie subie par ces personnes est déjà suffisamment lourde ?

Daniel KOURIBA

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